LES BRISES DES PAYS ALPESTRES
terres qui s'avancent dans la mer, sur les promontoires ou les caps, ce sont au contraire les brises de terre qui sont peu accentuées.
Les inégalités de température qui donnent lieu aux brises périodiques diurnes, ne font pas seulement sentir leur influence sur les côtes maritimes. Comme elles se manifestent aussi dans les contrées où le sol est accidenté entre les points dont l'altitude est inégale, il en résulte des courants ascendants et descendants du jour et de la nuit, que connaissent de temps immémorial les habitants des montagnes et des vallées. Ces flux et reflux journaliers des masses atmosphériques ont reçu, dans les Alpes et le Jura, des dénominations diverses, selon les localités : thalwind, pontias, résine, solore, vauderôu, rebas, vent du Mont-Blanc, aloup du vent. Voici, d'après M. Fournet, h qui l'on doit une étude approfondie de ces brises de montagne, quelques détails sur les circonstances dans lesquelles elles se produisent.
C'est principalement dans les concavités des vallées qu'elles se développent à un haut degré; toutefois elles se montrent dans toutes les rampes, et le courant des vallées n'est que le résultat des ascensions des masses aériennes et de leurs cascades latérales et partielles (vallées de Cogne, d'Aoste, de la Quarazza, plan de Saint-Symphorien, Pilât, Chessy). Le passage du flux au reflux et réciproquement est rapide dans les vallées étroites et aboutissant, après un court trajet, à de hautes sommités (vallées d'Ahzasca, de la Sésia, de la Yisbach, du Trient, de Cogne, de Val-Megnier, de Martigny, du Simplon) ; il est plus tardif dans les bassins généraux, où le flux n'est en général franchement établi qu'à dix heures du matin, où le reflux ne commence à être régularisé que vers les neuf heures du soir (vallées du Gier, d'Azergue, de la Brévanne, de l'Arc, d'Aoste, de la Foccia, du Rhône supérieur).
Réguliers dans les vallées régulières, ces vents sont ailleurs sujets à diverses irrégularités qui affectent aussi bien la période diurne que la période nocturne ; c'est vers les embranchements
des vallées et suivant leur mode d'emboîtement que s'offrent ces accidents. La configuration des parties supérieures des vallées influe aussi sur l'intensité des brises, tantôt plus fortes le jour que la nuit, tantôt plus la nuit que le jour, suivant les heures
Fig. 278. — Vallée de Joux.
et les saisons. Les temps de neige de l'hiver sont favorables aux vents nocturnes, les beaux temps de l'été aux brises diurnes. « Il serait curieux d'examiner, sous ce rapport, dit M. Fournet, l'influence des cirques elliptiques que forment les parties supérieures et terminales des vallées jurassiques et subalpines,