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ticllc. Nous avons vu que la température de l'air, eu un lieu donné, n'est pas la môme à diverses hauteurs au-dessus du sol : elle va ordinairement en décroissant avec l'altitude. Les températures des diverses parties des continents et des îles sont donc influencées par l'altitude de chaque station ; c'est elles qu'il faut considérer quand on veut comparer les climats au point de vue de la chaleur; mais ces mômes températures ne sont plus directement comparables, si l'on veut s'en servir pour résoudre la question de la conservation ou de la rupture d'équilibre des couches d'air qui surplombent un certain nombre de stations plus ou moins voisines les unes des autres. Pour qu'elles puissent fournir à ce point de vue des indications utiles, il faut les ramener préalablement à un niveau commun : on réduit, dans ce cas, les observations thermométriques au niveau de la mer, ainsi qu'on le fait, nous l'avons vu, pour les observations barométriques. Ce sont les isothermes ainsi obtenues qu'on devra comparer avec les isobares.
On nomme isobares les courbes tracées sur la carte de façon à relier, par un trait continu, tous les points du globe, toutes les stations qui ont, à une époque donnée, la même pression barométrique. Si l'on considère la moyenne des pressions barométriques annuelles, on obtient les isobares moyennes de Vannée. On construit de même, selon le but qu'on se propose, les isobares moyennes de janvier, de juillet, ou en général d'un mois quelconque de l'année. Enfin, quand il s'agit de suivre jour par jour la répartition des pressions sur le globe, ou dans une contrée particulière, ainsi que leurs variations, on construit les isobares quotidiennes, d'après toutes les observations recueillies chaque jour à la même heure dans un nombre suffisant de stations météorologiques.
La planche XVIII reproduit, d'après M. Teisserenc de Bort, les isobares moyennes des deux mois de janvier et de juillet pour le globe entier. Tous les nombres qui ont servi à la construction de ces courbes mesurent la pression moyenne du mois en chaque lieu, après réduction au niveau de la mer et
correction relative à l'intensité de la pesanteur. Elles indiquent donc bien, comme il est nécessaire, la distribution de la pression atmosphérique sur une même couche de niveau dans tout l'atmosphère. En étudiant cette distribution, on est d'abord frappé d'un fait, c'est que les isobares, comme les isolhcrincs, ne suivent point en général la direction des \ parallèles. En janvier toutefois, ce parallélisme se montre en quelques régions, premièrement dans une zone située un peu au nord de l'équateur, entre 10° et 25° de latitude; puis dans l'hémisphère sud, au-dessous du 40e parallèle. Partout ailleurs les isobares forment des systèmes de courbes concentriques ayant leurs centres tantôt sur les continents, tantôt au large des océans. En juillet, le parallélisme des isobares et des cercles de latitude a disparu au nord de l'équateur: il en reste un indice entre l'Afrique et l'Australie, dans la zone comprise entre 0° et 15° de latitude australe; mais, sauf quelques inflexions vers la poinle de l'Amérique méridionale, on retrouve au sud les bandes d'isobares des hautes latitudes australes. Quant aux systèmes concentriques dont nous venons de parler, on les observe dans les deux hémisphères, mais avec des positions et des significations tout à fait, distinctes.
Voyons maintenant s'il existe, comme on peut le supposer à priori, une relation entre la distribution des températures et celle des pressions barométriques. Pour s'en rendre compte, il n'y a qu'à comparer les isothermes avec les isobares construites pour une même époque.
De celte comparaison il résulte en effet que les régions où règne la plus basse température sont aussi celles où la pression barométrique atteint son maximum, et qu'inversement aux températures les plus élevées correspondent en général les moins fortes pressions. Donnons-en quelques exemples.
En janvier, nous voyons sur l'ancien continent une série d'isobares qui indiquent une série de pressions croissantes, depuis les côtes occidentales de l'Europe d'une part, et depuis les côtes méridionales et orientales de l'Asie de l'autre, jus-
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qu'en un point compris entre le 105e et le 120e degré de longitude E. et les 50e et 60e parallèles. La pression atteint alors 780 millimètres. C'est un centre de pression maxima des mieux caractérisés. Or les courbes isolhermiques donnent pour la région considérée des températures moyennes de — 25° à - — 55°. A peu de dislance au nord-est, et toujours sur le continent asiatique, existe un centre de température minima, où la moyenne thermométrique en janvier atteint 48 degrés au-dessous de zéro. A la même époque, la température varie entre 0° et —H 1 0° sur les côtes occidentales d'Europe, entre — 5° et -\- 20° sur les côtes orientales d'Asie, pour dépasser 4-25° sur le littoral de la mer des Indes.
Un second centre de pression maxima existe, dans l'Amérique du Nord, vers le centre des Etals-Unis. Or les isothermes qui traversent le continent américain montrent, par une inflexion prononcée vers le sud en cette même région, un abaissement marqué de la température moyenne, en janvier. Au 45e de latitude, à peu près au point où existe le centre de pression maxima, la température varie entre — 5° et — 10°, c'est-à-dire est aussi basse que sur la presqu'île d'Alaska ou encore qu'à la pointe sud du Groenland, c'est-à-dire sous le G0e parallèle.
Dans l'hémisphère austral se voient deux centres où la pression est minima, l'un dans l'Afrique du sud, l'autre sur le continent australien. L'un et l'autre sont caractérisés par l'élévation de la température, qui atteint 30 degrés.
En juillet, les phénomènes thermiques et barométriques offrent une physionomie inverse de celle que nous venons de constater pour la saison opposée; néanmoins la même relation s'y présente entre les maxima de pression et les minima de température, entre les minima de pression et les maxima de température. Tout l'ancien continent est le siège de pressions d'autant plus faibles, que la moyenne thermométrique est plus élevée; les isobares accusent une dépression qui a son centre vers l'Inde, où le baromètre descend à 748 millimètres, tandis
que le thermomètre s'y élève à la moyenne de 50°. Il en est de même sur le continent américain, où l'on voit coïncider une température de +55° avec un minimum de pression de 756 millimètres, en Californie et au Mexique. Par contre, les pressions maxima ont quitté les continents de l'hémisphère nord, pour se transporter sur l'Atlantique et le Pacifique d'une part, sur les parties australes de l'Amérique, de l'Afrique et de l'Australie de l'autre, c'est-à-dire dans des régions où régnent, à cette époque de l'année, des températures plus basses.
Toutefois il ne faudrait point regarder ces coïncidences comme des conséquences nécessaires d'une loi générale liant les températures et les pressions. La distribution de ces dernières à la surface du globe a des causes complexes, ainsi que nous l'avons vu, et d'ailleurs, dès qu'un centre de hautes ou de basses pressions s'établit dans une région, il en résulte aussitôt un régime de vents qui tournent autour de ce centre et qui transportent avec eux la température des points d'où ils soufflent. La position relative des aires de pression et de température se trouve donc altérée1.
1. Pour mieux suisir les relations qui existent entre les pressions et les températures, au lieu de comparer les isobares aux isothermes, ainsi qu'on vient de le faire, on peut substituer à celles-ci les isanomales. Dove a nommé ainsi les lignes qui unissent les points du globe dont la température offre la même différence au-dessus ou au-dessous de la moyenne à la même latitude. C'est en procédant de la sorte que M Teisserenc de Boit a formulé les deux propositions suivantes, applicables aux océans comme aux continents :
« 1° Lorsqu'une région d'une certaine étendue offre un excès de température, soit absolu, soit relatif à la température des points situés dans la même latitude, il y a tendance à la formation d'un minimum en ce point et coïncidence presque complète entre le minimum barométrique et le maximum de température ; de plus, il existe une certaine proportionnalité entre eux. Cette tendance se manifeste, soit par l'existence d'un minimum fermé, soit seulement par une inflexion des isobares,
« 2° Les maxima barométriques, points dont l'air s'échappe en divergeant, ont une tendance à s'établir de préférence dans le voisinage des régions où la température est basse, soit d'une façon absolue, soit relativement à leur latitude. »
Toutefois le savant météorologiste fait remarquer qu'il faut tenir compte de l'influence des vents, ainsi que nous le disons ci-dessus, et aussi de celle des obstacles matériels, reliefs du sol, courants généraux, etc., qui s'opposentaux courants de l'air dénature à détruire les différences de pression barométrique. Pour plus de détails sur cette question, nous ren verrons le lecteur aux remarques générales dont M. Teisserenc de Bort a fait précéder la publication des Nouvelles cartes d'isothermes et d'isobares moyennes, dans les Annales du Bureau rentrai météorologique de France (1881).
Abordons maintenant la question que nous avions en vue au début de ce chapitre et voyons quelles conséquences on peut tirer, pour la circulation atmosphérique, de l'étude des isothermes et des isobares. Quel rapport y a-l-il entre la direction et la force du vent en un lieu donné et les aires de haute ou de basse pression dont les systèmes d'isobares indiquent l'existence à une distance plus ou moins grande de ce lieu?
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