LES VENTS UE L'ATLANTIQUE NORD
globe1. Mais noire compatriote apporta une innovation importante à son travail, en ne se bornant point à indiquer, comme Maury et ses successeurs, la direction probable du vent, mais aussi son intensité probable, élément dont l'importance n'est pas moindre pour le marin que pour le météorologiste. Nous reviendrons plus loin sur le mode de représentation adopte; pour le moment, indiquons, d'après M. Brault, à quelles consé-
Fig. 283. Pression barométrique de l'Atlantique nord dans la saison d'été ; isobares moyennes
de juillet, d'après M. Brault.
quences l'ont conduit les documents qu'il a dépouillés, et comment il en déduit la circulation atmosphérique de l'Atlantique nord pendant la saison d'été.
Dans la région que représente la planche XX et qui embrasse
'1. Les earles publiées par M. Brault émanent, soit du Dépôt des cartes et plans de la marine, soit du Bureau central météorologique de France. Citons encore celles de l'Hydrographie office de Washington, du Commodore Krafft, celles du Koninklijk Nedcrlansch metcorologisch Instituut d'Utrccht, de MM. Cornelissen et Van Ileerdf, et enfin celles de l'Amirauté anglaise. Nous donnons plus loin des spécimens des divers procédés graphiques adoptés dans ces cartes pour la représentation des vents, en direction et en intensité pour les premières, en direction seulement pour les suivantes.
tout l'espace compris entre l'Europe et l'Afrique occidentale d'une part et les côtes orientales du continent américain de l'autre, M- Brault dislingue quatre points météorologiques principaux ; ce sont, à l'ouest et à l'est le golfe du Mexique et le Sahara, au nord et au sud le groupe insulaire des Açores et une région de l'Atlantique qu'il dénomme la région maximum des calmes et qui se trouve située entre l'Afrique et l'Amérique du sud, un peu plus rapprochée de celle-ci (entre 5° et 10° de latitude nord et 52° à 42° de longitude occidentale). Les deux premiers points sont des centres de convergence des vents. Qu'on suive le mouvement général des alizés du nord-est (soit du côté du golfe du Mexique, soit près de la côte d'Afrique) ou bien les alizés du sud-est, on voit que les uns et les autres se dirigent toujours soit vers le Sahara, soit vers le Mexique. Or les courbes d'isobares et d'isothermes s'accordent à indiquer ces deux contrées comme des centres de basses pressions et de maxima thermiques. De ces deux mouvements convergents de directions opposées devait résulter, pour le milieu de l'Atlantique au voisinage de l'équaleur, l'existence d'une région de calmes : c'est le quatrième point, la région maximum des calmes. « Quant aux Açores, dit M. Brault, autour d'elles se dessine un immense tourbillon tournant en sens direct et d'où s'échappe, dans le nord-ouest des îles, assez loin du centre, comme une grande gerbe de vent qui, d'abord sudsud-ouest, devient sud-ouest, puis ouest-sud-ouest, pour former bientôt les vents d'ouest des latitudes élevées. Près du centre du tourbillon, les vents qui sont ouest au-dessus se courbent et deviennent successivement sur la droite ouest-nord-ouest, nord-ouest, nord-nord-ouest, puis nord par les travers du cap du Finistère. A partir de là, tandis que, près des Açores et au-dessous, les vents continuent leur mouvement de rotation, nord-est, est, est-sud-est, sud, on aperçoit comme une autre gerbe immense qui, se détachant du tourbillon, non loin du cap Finistère lui-môme, se courbe insensiblement, mais aussi régulièrement que le ferait une courbe mathématique des plus