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LES VENTS DE LA PÉNINSULE IBÉRIQUE

simples, et, traversant l'Atlantique pour se rendre au golfe du Mexique, forme sur sa route ce qu'on est convenu d'appeler les vents alizés. Tel est le tableau de la circulation générale des vents d'été de l'Atlantique nord. »

M. Brault ajoute une remarque importante, c'est qu'il s'agit ici d'équilibre dynamique. « L'équilibre de l'atmosphère est instable : le centre de rotation des Açores et la région maximum des calmes ont un mouvement de va-et-vient ; leur position sur la carte ci-jointe (Planche XX) n'est donc qu'une position moyenne. »

Arrivons maintenant à notre second exemple. Il nous est fourni par l'étude fort complète et fort intéressante que l'on doit à M. L. Teisserenc de Bort de la circulation atmosphérique sur la Péninsule Ibérique. C'est en quelque sorte une introduction à l'étude de la même circulation générale sur les continents. La position particulière qu'occupe l'Espagne à la pointe sud-ouest de l'Europe donne à cette région limitée un grand avantage, « celui, dit le savant météorologiste, de posséder d'une manière nette les caractères de la température, de la pression et de la circulation de l'air sur les continents; elle offre sur une petite surface l'image réduite des phénomènes de l'Asie, de l'Amérique, et sa position sur le globe la fait échapper en grande partie aux effets de la circulation d'ensemble, en sorte que les divers éléments, température, pression, vent, réagissent les uns sur les autres sans être trop influencés par les grands centres d'action que présente l'atmosphère. De plus, l'Espagne est entourée d'eau de presque tous les côtés et présente une forme à peu près quadrangulaire, en sorte que les phénomènes y affectent une grande symétrie. »

En examinant les planches XXI etXXII, où se trouvent tracées, d'après M. Teisserenc de Bort, les isothermes et les isobares des mois de janvier et de juillet, tant sur la péninsule que sur les mers environnantes et sur les régions voisines de France et d'Algérie, on remarque tout d'abord la liaison que nous avons déjà souvent reconnue entre la distribution des températures

et celle des pressions. En janvier, c'est-à-dire pendant la saison froide, les températures les plus basses se trouvent sur les parties continentales; les isothermes passent, en s'abaissanl, de l'Atlantique sur la péninsule pour se relever clans la Méditerranée : c'est vers les Pyrénées en Espagne, dans la région des plateaux de l'Atlas en Afrique, que sont les minima thermiques ; un maximum se voit au large d'Alger sur la Méditerranée. Or les isobares indiquent l'existence d'un centre de hautes pressions vers le milieu de l'Espagne. Un second maximum barométrique se montre en Algérie dans la région du minimum thermique. Qu'on examine maintenant, dans la planche XXII, les lignes qui marquent la direction des vents et les flèches représentant la résultante ou la direction moyenne calculée d'après la formule de Lambert, et l'on verra que la circulation est bien telle que pouvaient la faire prévoir les isobares de janvier.

Un examen semblable fait sur les courbes de pression et de température de juillet, et sur la circulation atmosphérique moyenne du même mois, conduit aux mêmes conclusions, à savoir que généralement, et sauf les accidents locaux, les centres de basses pressions sont des points de convergence pour les vents; ceux de hautes pressions, des points de divergence: qu'enfin les pressions et les températures varient en sens inverse, les températures les plus élevées coïncidant avec les pressions minima. Vers le centre de la péninsule, la température atteint le maximum de 29°, et la même région est enveloppée par l'isobare de 761 millimètres, qui indique un centre de basse pression; si l'on se reporte à la planche XXII, où se trouve figuré le déplacement de l'air en juillet, on y voit converger les flèches indiquant la direction du vent, à peu près de toute la périphérie de la péninsule ibérique. « La circulation atmosphérique, dit M. Teisserenc de Bort, offre nettement l'image d'une mousson régulière pénétrant dans la péninsule par toutes les côtes et même par l'isthme pyrénéen. » D'une manière générale, on voit l'air marcher vers les basses pressions,

Les deux cas particuliers que nous venons d'examiner, en mettant en évidence les relations qui lient le mouvement de l'air, soit sur l'océan, soit sur les continents, avec la distribution de la température et avec celle de la pression barométrique, nous amènent tout naturellement aux vents réguliers, alizés, moussons, vents étésiens, les uns constants, les autres périodiques, mais s'expliquant les uns et les autres par les mêmes principes et relevant de la même théorie. Mais, avant d'aborder la description de ces courants qui jouent un si grand rôle dans la circulation atmosphérique générale, revenons sur un point que nous n'avons fait qu'effleurer, celui de la représentation graphique des éléments du vent.

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