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SYMPTOMES PRECURSEURS DES CYCLONES

Selon les parages d'ailleurs, ces symptômes précurseurs, tirés de l'aspect du ciel ou de la mer, prennent des caractères tout particuliers. Empruntons encore la description de ces phénomènes à des témoins oculaires. Voici comment le consul de France à Macao, M. Dabry de Tiersaint, décrit l'arrivée du typhon qui sévit sur cette ville le 22 septembre 1874 :

« A 5 heures du soir, dit-il, un coup de canon tiré par ordre du capitaine du port retentit dans toute la ville, annonçant l'approche de l'ouragan. Le vent était alors au nord-est. Son intensité était encore très faible. De temps à autre même, il ne soufflait plus et était suivi d'un calme complet : l'aspect du ciel était menaçant à l'est : sur un fond cuivré se détachaient de grandes plaques noirâtres en forme d'ellipse; à l'ouest, la teinte était grisâtre avec des raies rouges comme du sang; au sud, l'horizon était plombé, dans certaines parties ardoisé, tandis qu'au nord on ne voyait pas un seul nuage, mais un bleu azuré qui semblait dire à chacun : Tranquillisez-vous, la tempête ne viendra pas avant un certain temps. La mer était unie comme un lac; à peine si de loin en loin une légère brise venait rider la surface de l'eau, dont la couleur, au coucher du soleil, passa du bleu au vert, puis au rose et enfin à l'écarlate. C'était à la fois curieux et effrayant à voir. A 6 heures, le vent fraîchit. Toutes les jonques qui se trouvaient dans la racle gagnèrent le port inférieur ; à 8 heures, la pluie commença à tomber et les rafales devinrent de plus en plus violentes. Il n'y avait plus à douter de l'approche du typhon. De 8 heures à minuit, le vent, toujours du nord, augmenta progressivement, jusqu'à ce qu'il vînt tout à coup de l'est. A partir de ce moment jusqu'à 4 heures et demie du matin, ce qui s'est passé est presque indicible. »

Dans le golfe du Bengale et la mer Arabique, une atmosphère lourde chargée d'électricité, le thermomètre et le baromètre tous deux au-dessus de leur moyenne normale, hausse bientôt suivie d'une baisse plus ou moins lente, suivant la rapidité du mouvement de translation du cyclone, sont autant

de symptômes précurseurs qui précèdent son arrivée de 3 ou 4 jours. La veille, le soleil se couche dans un ciel d'un rouge sang qui bientôt empourpre tout l'espace. Puis se montre à l'horizon le large bandeau noir, qui monte rapidement et couvre le ciel. La baisse subite de 1 ou 2 millimètres de la colonne barométrique annonce l'entrée en scène du météore. Dans la parlie australe de l'Océan Indien, dont les cyclones ont été étudiés avec tant de soin par M. Bridet, ce savant signale comme invariable l'arrivée des cirrus qui se transforment en cirro-cumulus (ciel pommelé), que suivent, 24 ou 36 heures avant les premières rafales, d'épaisses couches de cumulus. Souvent la mer grossit 2 ou 3 jours avant l'arrivée du cyclone, et de longues houles font pressentir la direction d'où viendra le météore. -

Mais de tous les symptômes qui peuvent faire présager la venue d'un ouragan, celui qui donne le plus de certitude, c'est l'observation des oscillations barométriques. La marche de la colonne de mercure qui mesure la pression de l'atmosphère avant l'arrivée du météore comme pendant toute la durée de son passage, est, avec les variations correspondantes de l'intensité et de la direction du vent, le signe le moins équivoque, le caractère le mieux défini de la nature de la perturbation.

Il résulte de l'étude comparée d'un grand nombre de cyclones que la baisse du baromètre peut se manifester 5 jours pleins avant l'arrivée de l'ouragan ; cette baisse est faible encore, à la vérité: de 0mm,8 à 1 millimètre. Le météore peut en ce moment se trouver encore à une distance de plus de 1000 kilomètres. 48 heures avant son arrivée, la baisse s'accentue (lmm,5); la veille, elle se précipite et peut atteindre jusqu'à 5 millimètres. D'où il suit que, si la hauteur barométrique est d'abord de 760 millimètres, elle ne sera plus que de 759 millimètres 72 heures avant les premières rafales; 48 heures avant, le baromètre marquera 758 à 757,5; dans les 24 heures qui précéderont l'ouragan, 755,5 à 753; enfin au moment des violentes rafales, il sera à 751 ou 750. M. Roux, en donnant ces nombres, fait observer qu'ils ne s'appliquent

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