LES VENTS A L'INTÉRIEUR D'UN CYCLONE
mesure que le tourbillon s'éloigne de l'équateur, tandis que le contraire arrive pour le mouvement de translation, plus lent sous les tropiques que dans les latitudes de la zone tempérée. Mais comme c'est le mouvement giratoire qui est de beaucoup le plus violent, on comprend que les cyclones des Antilles ou de l'Océan Indien soient si terriblement destructeurs, tandis que les bourrasques de nos climats sont rarement très dari-
Fig. 502. — Direction et intensité des vents à l'intérieur d'un cyclone.
gereuses, malgré ou plutôt à cause même de la rapidité avec laquelle elles se déplacent.
Si le mouvement de giration était parfaitement circulaire, la direction du vent en chaque point de l'intérieur d'un cyclone serait perpendiculaire à celle du centre. On devrait alors représenter ce mouvement par des flèches tangentes aux cercles concentriques qui figureraient les isobares. En réalité, ces flèches coupent les cercles cycloniques sous un angle aigu qui, d'après Redfield, peut varier de 5° à 10°, et dans certains grands cyclones atteint jusqu'au quart de l'angle droit. Pid-
dington pense même que l'obliquité peut aller jusqu'à 55°. En tout cas, elle démontre que l'air, tout en étant entraîné par la rotation, a une tendance à se déplacer vers le centre, ce qu'on explique par la dépression barométrique et la nécessité de combler le vide qui en résulte. De ce que nous venons de dire il suit qu'un cyclone peut être représenté, dans une de ses positions quelconques, par une série de cercles concentriques figurant les isobares de la région qu'il couvre, et les vents qui soufflent dans les zones cycloniques par des -flèches coupant les isobares sous un certain angle. Dans un même secteur, les flèches indiquent des vents d'autant plus forts qu'elles sont plus rapprochées du petit cercle intérieur figurant le calme central. Enfin, ces vents sont également plus intenses dans le demi-cercle situé à droite de la trajectoire du cyclone que dans la moitié située à gauche de la même ligne, le premier représentant le bord dangereux et l'autre le bord maniable.
Voyons maintenant quelle sera la succession des vents qui souffleront dans un lieu traversé par le cyclone. Supposons qu'il s'agisse d'un point situé dans l'hémisphère nord, et sur la partie du trajet qui marche de l'ouest à l'est, c'est-à-dire sur la seconde moitié de la parabole décrite par le météore. Il peut se présenter trois cas, selon que le lieu considéré se trouve sur la trajectoire du centre, au nord de cette ligne ou au contraire au sud. Dans le premier cas, pendant tout le temps que le cyclone mettra à franchir une distance égale à sa moitié antérieure, les vents souffleront constamment du sud, en augmentant de violence pour s'arrêter brusquement au moment du calme central. Cet espace franchi, une saute brusque aura lieu du sud au nord, direction de laquelle le vent continuera à souffler jusqu'à la fin de la tempête. Si le cyclone aborde le lieu considéré par sa moitié boréale (demi-cercle maniable), ce sont les vents du sud qui se feront sentir les premiers, puis ils tourneront vers le sud-est, pour souffler de l'est à peu près au moment où l'on se trouvera à la plus petite distance du centre; de là, la direction du vent tournera au nord-