CHAPITRE V
§ 1. pronostics; symptômes précurseurs du temps prochain.
Le public, qui s'inquièle peu des théories, juge en général de l'intérêt ou de l'importance d'une science par les résultats pratiques et l'utilité immédiate qu'il en tire. Aussi est-il disposé à faire bon accueil à tous les faiseurs de prédictions du temps à échéance plus ou moins longue. Confondant volontiers la météorologie avec l'astronomie, et voyant par expérience les almanachs donner avec précision la dale anticipée des phénomènes célestes, il se laisse aller au préjugé qui confond les choses du ciel avec celles de l'atmosphère, et demande à l'astronomie de lui révéler le temps qu'il va faire. Les déceptions réitérées qu'il éprouve en comparant avec la réalité les annonces des soi-disant éphémérides météorologiques, ne le détrompent guère, et il conserve avec soin sa foi dans les influences lunaires, sa crédulité pour les faiseurs de prédictions et d'almanachs.
Pour peu cependant qu'on ait étudié les phénomènes variés dont l'atmosphère est le théâtre mobile, il est aisé de se rendre compte de la difficulté du problème complexe de la prévision du temps. Cependant ce n'est point un problème absolument insoluble, et les personnes qui se tiennent au courant des progrès de la météorologie pratique savent qu'on est déjà parvenu, quoique dans une bien faible mesure, à obtenir quelques résul-