ÉTAT DE LA MER
Observa lion.
Différ.
en 21 h.
Observation.
Différ:
en 24 h.
Paris (St-Maur).
Ni 2 '
Beau.
îNuageux.
Belle.
Stornoway . . .
WNW. 6
Pluie.
Houleuse.
P. nuag.
Calme.
Copenhague. . .
NW. 2
P. nuag.
Moscou
Beau.
L'une des deux cartes du Bulletin (toutes deux ont pour canevas géographique l'Europe et l'Algérie-Tunisie) est consa-
CARTES METEOROLOGIQUES. 917
crée à représenter la pression barométrique et ses variations, le vent et l'état du ciel et de la mer. Des courbes pleines figurent les isobares de 5 en 5 millimètres; des courbes ponctuées, les variations égales de la pression depuis la veille ; si la convergence des isobares indique l'existence d'un centre de dépression, une ligne à traits croisés marque la trajectoire de cette dépression d'après les observations des jours précédents; chaque station est marquée par un cercle avec une teinte blanche ou noire, ou un signe spécial pour figurer l'état du ciel ou de la mer, la pluie ou la neige. Des flèches, portant des nombres croissants de pennes, marquent la force .du vent ; sa direction est donnée par l'orientation du trait.
La seconde carte indique la température et ses variations par des courbes pleines ou ponctuées, selon qu'elles représentent les isothermes ou les différences égales de température depuis la veille. Les températures sont notées de 5 en 5 degrés centigrades, et des chiffres indiquent en outre la position des maxima et des minima thermiques. La quantité de pluie, les orages, sont marqués sur la même carte par des signes spéciaux.
C'est d'après l'élude de telles cartes météorologiques, par la comparaison des deux cartes du jour avec celles de la veille ou des jours précédents, que les savants chargés décentraliser les renseignements multiples dont on vient de lire le détail, se basant en outre sur les lois connues des mouvements cycloniques ou anticycloniques, parviennent à formuler le temps probable dans les diverses régions soumises à leur examen quotidien. Telle est la base des avertissements météorologiques que le Bureau central expédie à son tour, par voie télégraphique, aux stations des côtes ou de l'intérieur des continents, avertissements qui ont rendu déjà tant de services, soit à la navigation, soit à l'agriculture.
Pour achever de faire comprendre le caractère scientifique de ces prévisions, nous ne pouvons mieux faire que de prendre un exemple particulier, et de montrer comment on peut suivre
et prévoir le mouvement de translation d'une bourrasque, à la surface de l'Europe. Ce mouvement est nettement tracé dans les cartes des figures 315, 516, 517 et 518, empruntées au Bulletin international et commentées par le savant directeur du Bureau central météorologique, M. E. Mascart. La bourrasque en question a effectué son mouvement dans un intervalle de quatre journées, comprises entre le 9 et le 15 octobre 1878. On peut voir par l'examen de la ligne A! A3 (fig. 518)
Fig. 515. — Isobares et vents à la surface de l'Europe, le 9 octobre 1878. Dépression au nord-ouest de l'Irlande.
Fig. 516. — Trajet d'une bourrasque sur le nord de l'Europe. Isobares et venls, le 10 octobre 1878.
quelles ont été les positions successives du centre de la dépression à la surface du sol, d'après les relevés qui en ont été faits à huit heures du matin, aux dates que nous venons de citer.
« Une bourrasque, dit M. Mascart, existe sur l'océan Atlantique, au large de l'Irlande, le 9 octobre 1878, au matin ; elle est caractérisée par la baisse du baromètre, l'allure du vent, la forme des isobares. Le vent souffle franchement du Sud sur les lies Britanniques, du Sud-Est sur la côte de Norvège, du Nord- Est en Islande ; la force du vent est d'autant plus grande que