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AVERTISSEMENT DES TEMPÊTES

dangereuse d'une tempête tournante, il en est d'autres qui surviennent par séries en un même lieu pendant plusieurs jours consécutifs. C'est dans la saison d'élé, au sein d'une atmosphère relativement calme, qu'ils éclatent sans que le baromètre subisse une forte baisse. Le caractère de ces dépressions, remarquables par leur permanence et leur stabilité, et qui peut servir à leur prévision, est formulé en ces termes par M. Mascart : « Une vaste zone de pressions très uniformes, s'éloignant peu de la normale, couvre une grande partie de l'Europe, et le baromètre est plus bas sur l'océan Atlantique1. »

Les cartes du temps, telles que les publie le Bureau central météorologique de France, sont la base des avertissements expédiés télégraphiquement aux ports maritimes, et destinés à prévenir les marins de l'approche ou de la disparition des tempêtes. C'est pour ce but, essentiellement pratique, que ce service avait été conçu et organisé dès l'origine par Le Verrier. Peu d'années après (en 1861), une organisation semblable fut établie en Angleterre sous la direction de l'amiral Fitz-Roy, et la plupart des nations civilisées, suivant ce double exemple, ont à l'envi prêté leur concours à cette œuvre d'utilité générale qui tend à s'universaliser sur tout le globe2.

Deux fois par jour, le Bureau météorologique de France expédie aux ports des dépêches indiquant la direction du vent, l'état de la mer sur les divers points du littoral, et, s'il y a lieu, l'arrivée d'une bourrasque signalée par l'existence au

1 La météorologie appliquée à la précision du temps.

2. Ce n'est pas ici le lieu de faire l'histoire des développements donnés depuis trente années à celte branche de la météorologie. Bornons-nous à dire que, sous diverses dénominations, des instituts météorologiques ont été fondés encore aux Etats-Unis, en Italie, en Suisse, en Hollande, en Allemagne, en Suède, en Danemark, etc., et à citer, parmi les savants qui ont travaillé ou travaillent encore à cette œuvre considérable : en France, MM. E. Mascart, Renou, Marié-Davy, Fron, Sonrel, Moureaux; en Hollande, M. Buys-Ballot; en Suède, MM. Mohn, Rubenson, Hildebrand-Hildebrandssqn ; en Italie, MM. Denza, Ragona; en Danemark, M. Iloffmeyer; aux États-Unis, le général A. Myer; en Angleterre, MM. Henri Smylh, Robert Scott. On trouvera d'intéressants renseignements historiques sur la naissance et" le développement de cette application de la météorologie dans deux opuscules sur la prévision du temps, dus l'un à M. W. de Fonvielle, l'autre à M. R. Radau.

large d'une dépression barométrique. La dépêche est affichée à la portée des marins, des armateurs, des pêcheurs, etc. Le Bureau météorologique de Londres donne de semblables avertissements de tempêtes, et des signaux d'alarme sont hissés dans les stations menacées, d'après un système fort simple imaginé par l'amiral Fitz-Roy, et dont voici la description et les figures, telles que les donne M. Robert Scott dans son ouvrage Les cartes du temps :

Ces signaux se composent d'un cône et d'un cylindre, ayant

Fig. 519. — Signaux d'alarme: M', coup de vent du sud; SS', coup de vent du nord;

TT', tempête.

chacun 1 mètre de diamètre et 1 mètre de hauteur, préparés avec de la forte toile. Hissés pendant le jour au mât des sémaphores, le cône a l'apparence d'un triangle, et le cylindre celle d'un carré. Le cône seul, la pointe en bas, indique un coup de vent probable du sud (du S.-E. par le S. au N.-W.). Placé au contraire la pointe en haut, le cône seul indique un coup de vent du nord (du N.-W. par le N. au S.-E.). Si, au lieu d'un coup de vent plus ou moins violent, il s'agit d'une tempête, d'un cyclone, le signal employé est le cylindre. Mais le cylindre n'est jamais hissé seul ; il est toujours accompagné du cône. Ce dernier est-

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