‹ Le monde physique (volume 3)Chapitre 240 sur 271 · Caries du temps et avertissements de tempêtes · texte numérisé non relu

Caries du temps et avertissements de tempêtes

presque rien de la situation du temps sur l'océan Atlantique. Il faudrait qu'ils pussent s'étendre au large de cet océan, tout au moins qu'ils fussent en communication directe au sud-ouest avec les îles Açores, au nord avec les Fâroer, l'Islande, le Groenland, à l'ouest même avec les Bermudes et Terre-Neuve. Des tentatives ont été faites dans ce sens à Terre-Neuve et aux Açores, mais sans être couronnées de succès. Depuis quelques années, un journal américain, le New-York Herald envoie à ses correspondants de Paris et de Londres des télégrammes ayant pour objet de signaler les tempêtes et bourrasques qui franchissent le littoral oriental de l'Amérique du Nord, et paraissent devoir atteindre, au bout de quelques jours, le rivage opposé, c'est-à-dire les côtes européennes occidentales. Les annonces de ce genre sont à coup sûr précieuses, et l'on ne saurait trop féliciter le généreux et intelligent directeur de Y Herald, M. J. G. Bennet, de son initiative. Mais dans quelle mesure est-il permis de compter sur l'exactitude de ces prévisions à échéance déjà notablement longue? En nous basant sur les recherches faites à ce sujet par M. E. Loomis d'un côté, et de l'autre par le savant directeur de l'Institut danois, M. Hoffmeyer, voici la réponse qu'on peut faire à cette intéressante question. D'après le météorologiste américain, « quand les tempêtes de l'Amérique du Nord passent sur l'océan Atlantique, elles subissent généralement d'importants changements dans un petit nombre de jours, et sont fréquemment comme absorbées par d'autres tempêtes qui paraissent naître sur l'océan, de sorte qu'on peut rarement suivre une tempête dans le cours de son passage sur l'Atlantique1 ». D'après M. Loomis, quand une dépression quitte les Etats-Unis, la probabilité qu'elle atteindra l'Angleterre est seulement de 1 contre 9; qu'elle produise une tempête sur les côtes des Iles Britanniques, de 1 contre 6, une fraîche brise de 1 contre 2.

Pour se rendre compte de l'importance des prévisions de

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