I. Annuaire de l'observatoire de Montsouris
18k LE MONDE PHYSIQUE.
pour ceux qui les recueillent, utiles même au point de vue hygiénique, n'ont aucune valeur météorologique, et ne peuvent servir à l'étude générale des variations de la chaleur à la surface du globe.
Tous les observatoires météorologiques sont pourvus aujourd'hui d'appareils enregistreurs qui, s'ils ne donnent point, pour un instant donné, la température avec la même précision que les instruments ordinaires, ont l'avantage de fournir des indications continues pour tous les instants du jour et surtout de la nuit. Yoici la description de l'enregistreur thermométrique Bréguet, adopté il y a quelques années à l'observatoire de Montsouris et remplacé depuis par l'enregistreur Richard et par le thermographe Salleron : « Le réservoir du thermomètre est formé par un tube de cuivre mince de 3 mètres de longueur, de 8 millimètres de diamètre , et replié en deux branches parallèles. Du sommet de la courbure part un long tube de cuivre capillaire, qui vient déboucher au fond de la boîte métallique correspondante, dont on a réduit le plus possible l'épaisseur pour diminuer sa capacité intérieure. Le tout est exactement rempli d'alcool rectifié. La boîte est surmontée par une petite tige à couteau, et un fil d'acier recourbé à ses extrémités relie ce couteau à l'un des couteaux d'un court fléau de balance muni de l'aiguille d'aluminium chargée d'inscrire les variations de la température. La longueur du bras de levier correspondant à la boîte peut être réglée à l'aide d'une vis de rappel, de manière que 2 millimètres parcourus par la pointe de l'aiguille correspondent à 1 degré. Quand la température monte, l'alcool est refoulé dans la boîte et augmente son épaisseur. L'inverse a lieu dans le cas contraire. La capacité de la boîte est une très faible partie de la capacité du tube, afin de diminuer la correction qui résulterail d'une différence dans les températures des deux parties de l'instrument. Cette différence est d'ailleurs elle-même renfermée dans des limites assez étroites, l'enregistreur étant placé dans un petit pavillon en bois isolé dans le parc, et dont une
des fenêtres est maintenue ouverte. Ce genre de thermomètre offre l'avantage de permettre de placer le réservoir assez loin des bâtiments pour qu'il n'en soit pas influencé. Il exige que l'appareil soit exactement rempli d'alcool sans bulle de gaz restant; il lui faut aussi une table de correction, due à l'inégale dilatabilité de l'alcool aux diverses températures1. »
Le thermomètre enregistreur Richard (tig. 67) est basé sur les variations de courbure que produit, dans un tube métallique très mince, la dilatation de l'alcool qui le remplit, lorsque
Fig. 67. — Enregistreur Iherm'ométri que de Montsouris.
varie la température de l'air ambiant. Ces variations de courbure déterminent le mouvement d'une aiguille, par l'intermédiaire d'une bielle et d'un bras de levier métallique. L'extrémité de l'aiguille trace sur un cylindre des courbes dont les sinuosités ont des amplitudes proportionnelles aux degrés de l'échelle thermométrique. Nous décrirons dans un chapitre ultérieur les principaux thermographes usités dans les observations météorologiques.
§ 2. VARIATIONS DIURNES DE LA TEMPÉRATURE DE I-'aIR.
Tout le monde sait que l'instant du jour où la chaleur est la plus forte n'est point le milieu môme de la journée, bien qu'à midi le Soleil soit au plus haut point de sa course. C'est dans