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VAPEUR D'EAU ATMOSPHÉRIQUE

Au lieu de mesurer l'évaporation de l'air, on peut se proposer d'enregistrer l'évaporation de la terre nue par les variations de poids que subit une masse de terre qui reçoit les pluies, la neige, la rosée. On peut de même enregistrer l'évaporation des plantes. L'appareil employé pour l'un ou l'autre de ces objets se nomme atmomètre ou atmographe. La figure 84 représente celui qui a été adopté à l'observatoire de Montsouris. Il se compose d'une bascule dont la table est placée au-dessus de la balance, au lieu d'être disposée latéralement et au-dessous; la

Fig. 84. — Atmographe de l'observatoire de Montsouris.

table porte les vases remplis soit de terre nue, soit de terre recouverte de plantes en pleine végétation. Du plateau des poids part une tige a qui soutient une éprouvette d renfermant du mercure. Enfin un cylindre fixe e plonge dans le mercure. Les variations de poids des vases remplis de terre correspondent à des mouvements de l'éprouvette, et le cylindre plongeur entre plus ou moins dans le mercure. Ces mouvements se communiquent à une aiguille mobile dont l'extrémité porte une pointe qui inscrit les variations de poids. Elle parcourt 30 centimètres dans un sens ou dans l'autre, pour une addition ou une évaporation de 12 millimètres d'eau à la terre. On peut apprécier

ainsi le centième de millimètre d'eau, et l'appareil est sensible aux plus faibles rosées.

Arrivons maintenant aux résultats obtenus.

Prenons pour exemple l'évaporation mesurée au moyen de l'évaporomètre Piche, à Montsouris, pendant l'année 1875- 1876. Considérons d'abord l'évaporation diurne. Elle a fourni, par heure, en centièmes de millimètre, les nombres suivants, moyennes de l'année :

De 6 h. à 9 h. du malin

— 12 — 5 h. du so:r .

— 9 — minuit ....

— minuit à 6 h. du matin

C'est, comme on voit, de midi à 3 heures, c'est-à-dire pendant les heures les plus chaudes de la journée, que l'évaporation est le plus active, et en général les 12 heures du jour fournissent plus des deux tiers de l'évaporation totale.

On trouve de même une supériorité marquée des mois de la saison chaude sur ceux de la saison froide. Voici en effet l'évaporation constatée pour chacun des mois de l'année, d'octobre 1875 à septembre 18761 :

mm.

Mai.

Juin

Juillet

Total pour la saison

froide. 189,5

Total pour la saison chaude.

Ces nombres, du reste, varient beaucoup d'une année à l'autre. La somme totale des tranches d'eau évaporée, qui a été

1. Les observations ont été interrompues pendant les jours de gelée persistante; elles n'ont compris que 23 jours en novembre, 16 jours en décembre et en février, 11 jours en janvier, 25 jours en mars

Total de la journée 198,9

Total de la nuit.

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en 1875-1876 de 874 millimètres, et n'avait été que de 775 millimètres l'année antérieure, s'était élevée au contraire à 100 millimètres en 1875-74, et à 899 millimètres en 1872-75. 11 ne faut pas oublier d'ailleurs qu'il s'agit ici du pouvoir d'évaporation de l'air, et non pas de l'évaporation qui s'est faite en réalité. Les évaporomètres, en effet, fournissent en tout temps le liquide nécessaire au phénomène; plus l'air est sec, plus l'évaporation s'y fait abondante. Or, dans ces conditions, la surface du sol et des plantes, étant elle-même fort peu humide, n'évapore que faiblement, de sorte que les nombres fournis par les appareils ne s'appliquent en réalité qu'à l'évaporation des surfaces liquides placées dans les mêmes conditions. C'est avec ces réserves qu'il faut accepter les chiffres suivants, que nous empruntons au traité de météorologie de M. Mohn, et qui donnent l'évaporation annuelle en divers lieux du globe :

Evaporation annuelle.

Cumana ■ 5520 millimètres

Marseille. 2300 —

Madère. 2030 —

Sydney 1000 —

Açores 1200 —

Côtes d'Angleterre! 900 —

Ecosse orientale 800 —

L'Helder (Hollande) 600 à 800 —

Londres 650 —

Pour Paris (Montsouris) Y Annuaire donne la moyenne de 652 millimètres, déduite de dix années d'observation; mais elle ne se rapporte qu'aux sept mois d'avril à octobre.

Il est bien difficile de tirer de ces nombres une moyenne générale pour l'évaporation annuelle probable à la surface de la Terre. Si cette moyenne était connue, elle représenterait évidemment aussi la quantité d'eau qui se précipite sous forme de pluie, de rosée, de neige, etc., les deux phénomènes devant se compenser, soit dans le cours d'une année, soit dans une période plus ou moins longue d'années successives. Dans l'hypothèse où la quantité d'eau évaporée annuellement serait de 1000 mil-

limètres, en multipliant ce nombre par la surface du globe, on aurait le volume total des eaux qui, chaque année, se transforment en vapeurs sous l'action de la chaleur solaire, et que le refroidissement fait repasser ensuite à l'état liquide. Cette gigantesque distillation n'absorberait pas moins de 510 milliards de mètres cubes d'eau, ou un poids de 510 milliards de tonnes !

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