OBSERVATIONS HYGROMÉTRIQUES. — LES INSTRUMENTS ET LEURS USAGES
h" hygrométrie est cette partie de la météorologie qui a pour objet la recherche des lois de variation de la vapeur d'eau atmosphérique, selon les époques et les lieux. Pour y parvenir, elle recueille les observations les plus nombreuses possible faites à l'aide d'instruments spéciaux propres à mesurer la quantité de cette vapeur ou sa tension dans l'air : ces appareils sont les hygromètres. Avant de les décrire, rappelons les principes sur lesquels est fondée leur construction.
L'air atmosphérique, à une température donnée, peut contenir une quantité très variable de vapeur d'eau, depuis la sécheresse absolue, où cette quantité est nulle (circonstance qui ne se réalise presque jamais dans la nature), jusqu'au point de saturation, où elle est maximum. On nomme état hygrométrique, ou humidité relative de l'air, le rapport qui existe entre ie poids de la vapeur contenue dans l'air au moment de l'observation et le poids maximum qu'aurait cette vapeur si l'air était saturé à la même température. Comme le rapport des poids est toujours à peu près égal à celui des tensions de la vapeur, la définition de l'état hygrométrique peut s'énoncer encore ainsi : le rapport entre la force élastique de la vapeur d'eau atmosphérique au moment où l'on observe et sa force élastique maximum à la même température.
La méthode la plus exacte pour mesurer le poids de la vapeur d'eau de l'air consiste à faire passer un volume d'air connu à
travers un tube rempli de chlorure de calcium ou de pierre ponce imbibée d'acide sulfurique. Le tube pesé avant et après l'opération donne pour différence le poids de la vapeur d'eau absorbée. Si le volume d'air qui a traversé le tube est 125 litres, par exemple, et si la différence des pesées donne 30 centigrammes, on en conclura que le poids de la vapeur d'eau est de 2gr,4 par mètre cube d'air.
L'appareil qui sert à cette opération et qu'on nomme hygromètre chimique, est représenté dans la figure 85. A, B,
Fig. 85. — Hygromètre chimique.
sont deux vases cylindriques de même capacité communiquant par une tubulure centrale. Ils peuvent basculer autour d'un axe commun; grâce à un système de tubulures pratiquées à l'intérieur de cet axe, le réservoir inférieur est toujours en communication avec l'atmosphère, et le supérieur, par un tube en caoutchouc, avec une série plus ou moins nombreuse de tubes en U, tels que M et N. On emplit d'eau le vase inférieur, le supérieur étant plein d'air, et l'on fait basculer l'appareil. Aussitôt l'eau de A s'écoule dans B, et le vide qui se l'ait audessus du liquide amène l'air extérieur par les tubes en U, où il dépose sa vapeur d'eau. L'écoulement terminé, on fait bascu-
1er à nouveau; à chaque opération, la quantité d'air qui passe est donnée par la capacité de l'un des réservoirs.
Du poids de la vapeur d'eau on peut déduire sa force élastique. En divisant celle-ci par la tension maximum correspondant à la température de l'air, on aura l'état hygrométrique. Ce procédé, par sa longueur, n'est pas d'une application commode pour les observations météorologiques ; mais il peut servir de temps à autre, dans les observatoires, au contrôle des indications des hygromètres d'usage constant.
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