‹ Le monde physique (volume 3)Chapitre 7 sur 271 · LE RELIEF DES CONTINENTS · texte numérisé non relu

LE RELIEF DES CONTINENTS

Il ne suffit pas, pour l'objet qu'on se propose en étudiant la météorologie, de connaître l'étendue relative des eaux et des terres, et leur répartition à la SLirface du globe. Il importe encore, pour pouvoir se rendre un compte exact de leur influence sur les phénomènes de température, de pression atmosphérique, etc., de connaître tout ce qui est relatif à leur répartition selon l'altitude, à quel niveau les masses continentales s'élèvent au-dessus de la surface des eaux de l'Océan, de combien ces dernières s'abaissent au-dessous de cette même surface. Ce ne sont pas des questions de pure curiosité que celles de savoir à quelles hauteurs s'élèvent dans l'atmosphère, non pas seulement les points culminants des chaînes de montagnes qui forment l'épine dorsale des grands continents, ni

1. Le mot longueur est pris ici dans le sans où l'employaient les géographes anciens, et d'où dérive notre terme de longitude.

même les chaînes elles-mêmes dans leur moyenne altitude; que de déterminer leur orientation, de calculer la moyenne épaisseur des massifs continentaux, de sonder les mers dans leurs profondeurs, de manière à connaître le relief du sol immergé comme on a pu étudier de visu celui du sol émergé : tous ces problèmes ont une corrélation intime avec ceux qu'étudie la météorologie et par suite avec d'autres questions d'un intérêt plus général, a Combien la température actuelle de la Terre, dit Humboldt, la végétation, l'agriculture, la civilisation ellemême eussent été différentes, si les axes de l'ancien et du nouveau continent eussent reçu la même direction, si la chaîne des Andes, au lieu de dessiner un méridien, eût été soulevée de l'est à l'ouest; si aucune terre tropicale (l'Afrique) n'eût rayonné fortement le calorique au sud de l'Europe ; si la Méditerranée, qui communiquait primitivement avec la mer Caspienne et avec la mer Rouge, et qui a puissamment favorisé l'établissement des races humaines, eût été remplacée par un sol aussi élevé que les plaines de la Lombardie ou de l'antique Cyrène1! »

Dès 1842, Humboldt avait cherché à évaluer la hauteur moyenne des continents, par une méthode qui consistait à calculer le volume des principales chaînes de montagnes d'après leur base et leur hauteur moyenne, et à répartir ce volume sur la surface totale de chaque continent. C'est ainsi qu'il trouva, par exemple, que, si les matériaux formant la chaîne des Alpes étaient répartis et disséminés également sur la surface de l'Europe, ils en exhausseraient le niveau de 6m,50. Selon lui, la hauteur moyenne de l'Europe est d'au moins 205 mètres, celle de l'Asie de 555 mètres, de l'Amérique du Nord et de l'Amérique du Sud, respectivement de 228 et 551 mètres, au-dessus du niveau de l'Océan. Saigey, dans sa Physique du globe, est arrivé à des résultats un peu plus forts, ce qu'on pouvait prévoir, puisque l'auteur du

Page 1