AMÉRIQUE MÉRIDIONALE
Cayenne 5515
Maranhao 7 H0
OCEANIE
Cap-York (Australie).
Taïti ........
Sandwich
mo
Le plus faible de tous ces nombres donne encore une moyenne annuelle double de la quanlilé d'eau qui tombe à Paris; le plus fort accuse une quantité 22 fois aussi forte. Dans cette même localité de l'Inde, à Cherapunji, il est tombé dans le seul mois de juin de l'année 1851 une hauteur de 3738 millimètres de pluie, c'est-à-dire 6,67 fois autant qu'il en tombe en une année entière dans la cour de l'Observatoire de Paris. A Bombay, dans un seul jour (le 24 juillet 1819), il est tombé 160 millimètres d'eau, presque le tiers de la pluie annuelle à Paris.
L'année se divisant, entre les tropiques, en saison sèche et en saison pluvieuse, la répartition des pluies, s'y fait d'une manière très inégale dans les différents mois. Donnons-en un exemple. A Ajarakandy, sur la côte de Malabar, il tombe annuellement 2850 millimètres d'eau; sur ce nombre total, 2780 millimètres sont donnés par la saison des pluies, qui commence en mai pour finir en octobre ; les autres mois, ou la saison sèche, fournissent le reste, 70 millimètres, soit la quarantième partie environ de la quantité totale. Ailleurs cette proportion varie, mais l'inégalité reste considérable : ainsi, à Cayenne, la moyenne de six années d'observations a donné 2776 millimètres pour la saison pluvieuse, 757 millimètres, ou environ le quart, pour le reste de l'année. L'époque du maximum varie aussi, même dans des localités qui appartiennent à la même région. C'est en juin et juillet à Calcutta comme à Ajarakandy ; c'est en novembre à Madras, en janvier à la Guadeloupe.
Les pluies tropicales ont aussi le plus souvent, comme on l'a vu plus haut, une grande régularité quotidienne : la nuit et la matinée en sont exemptes, et c'est à partir de midi ou de deux heures que les averses commencent, de sorte que la quantité moyenne d'eau tombée se répartit aussi très inégalement selon les heures du jour. « Sur plusieurs points du littoral de la mer des Antilles, en Colombie et au Mexique, le ciel commence à déverser son fardeau de pluies vers deux heures de l'aprèsmidi ; mais l'averse est attendue, et d'avance tous les préparatifs sont pris pour se mettre à l'abri; dans la soirée, on peut sortir de nouveau sans crainte. De même, dans certaines parties du Brésil tropical, les heures de l'orage quotidien sont si bien prévues, que l'on peut fixer les rendez-vous à la fin de la pluie, comme ailleurs on s'en donne à la chute du jour. Cependant il est des contrées tropicales, plus abondamment arrosées, où les averses de chaque jour durent jusqu'à une heure avancée de la nuit et même jusqu'au matin1. »
Arrivons aux pluies de la zone tempérée. Le tableau de la page suivante donne, pour un certain nombre de localités très diversement situées, les quantités moyennes de pluie par année, et leur répartition par saison.
En ce qui concerne la quantité totale annuelle de pluie, les chiffres de la dernière colonne montrent qu'elle est fort variable. DeJ509 et 517 millimètres (Marseille et Bourges), elle dépasse 1 mètre dans six localités, pour atteindre 2m,25 à Bergen, quantité comparable à celle des pluies tropicales. Mais c'est la répartition de la pluie selon les saisons qui donne lieu aux remarques les plus intéressantes. Sur les 40 stations pluviométriques du tableau, il en est 27 où c'est l'automne qui fournit le maximum de pluie; dans 11 seulement c'est l'été. Deux stations, Toulouse et Palerme, offrent cette particularité que le maximum est au printemps pour la première, en hiver pour la seconde. Le minimum de pluie tombe au printemps