INFLUENCE DES LUMIÈRES ARTIFICIELLES
A quoi tient cette différence entre la lumière du magnésium ^u de l'arc volteïque et la lumière donnée par le gaz de houille, l'huile des lampes, \^ stéarine de nos bougies? Au sodium que ^3es dernières contiennent toujours en petite quantité, mais en [uantité suffisante pour donner aux flammes la teinte jaune qui retient de la raie du spectre sodîque. Les expériences ne r/ssent à cet égard aucun doute : en effet, à la lumière mono-' ^^omatique du sodium, nous savons qiie toutes les couleurs' cM MJ. spectre, le jaune excepté, s'éteignent. C'est ce qui explique effets que décrit M. Nicklès, Ayant éclairé à la lumière sb-' mie des papiers colorés, les uns en vert (manganate dé bà- 5), les autres en orangé (bi-iodure de mercure), d'autres eh J£im:fl.s:ae de chromé, toutes couleurs magnifiques au jour, moins 1>^H «s déjà à la lampe à gaz, il constata que le vert était devenu L*, tandis que le jaune et l'orangé paraissaient blancs. Des > Âaux verts d'acétate de cuivre, des cristaux rouges de nitroissiate de soude, d'iodure d'antimoine et d'arsenic, paraisBent :*s à la lumière jaune du sodium, qui altère aussi la couleur des feuilles, et ne fait guère que changer de ton les bleus, le bleu de troène. Le chlorure de cobalt cristallisé, qui a «ouleurde rose à la température ordinaire, prend une teinte "ï^^^^ magnifique quand on le chauffe dans un ballon. Or la me du sodium n'altère point cette couleur, alors, comme a venons de le voir, qu'elle est si défavorable à la plupart autres couleurs, lumière de la lampe sodique donne une teinte cadavérique, ci 1^ .-^ vert livide, aux mains et à la figure des personnes qu'elle ire; leurs lèvres paraissent d'un bleu violet. c< Ces teintes, ^*' 1^€. Nicklès, sont évidemment dues au bleu, qui seul a pu ^^si^jçp aux effets d'extinction causés par la flamme de soude. ^ ^este, ce vert livide est connu de quiconque a vu flamber du l^^^ïXohou un pudding, car ici c'est l'alcool salé qui est en jeu... **^iii»eusement cet effet s'arrête avec la cause qui l'a produit; ^' hideusement aussi les flanuncs qui servent à notre éclairage ^ont pas saturées de sodium, autrement nous serions exposés
la nuit à voir iout en bleu. Elles ne sont pas saturées de sodium, cependant elles sont suffisamment jaunes pour former du vert avec certains bleus. Voilà pourquoi sans doute certaines étoffes bleues paraissent vertes la nuit, et voilà aussi pourquoi, dans une pièce bien éclairée, il peut arriver qu'une robe verte se distingue difficilement d'une robe bleue ; car le vert peut être noirci quelque peu, tandis que le bleu formera du vert avec la lumière jaune de l'éclairage.
Au point de vue des arts, ces expériences ont un certain intérêt. La flamme sodique ayant la propriété d'abolir pour ainsi dire les couleurs, un tableau ne s'y montre que comme un dessin dont le modelé subsiste grâce aux demi-teintes. C'est à peu près l'effet que produit la photographie. Mais il nous semble ^ JT^
que, dans le premier cas, l'absorption n'étant pas proportionnelle pour toutes les couleurs, il doit en résulter une altération des valeurs relatives des tons, comme cela arrive aussi dans les meilleures photographies.