LA VISION CHEZ LES ANIMAUX
L'organe de la vue chez les animaux vertébrés est à peu près conformé comme celui de l'homme : il en diffère surtout par les parties accessoires. Chez les espèces nocturnes, la pupille est plus large, la surface de la rétine plus étendue. Les animaux qui vivent dans l'obscurité ont des yeux tout à lait
la série entière, voient les mêmes rayons avec la môme inlensilé relative? De nouvelles obseiTalions faites sur un plus grand nombre de types zoologiques pouvaient seules confirmer ou infiiTOer cette manière de voir. On doit à sir John Lubbock les expériences suivantes faites sur des fourmis. Ayant placé quelques fourmis avec leurs larves dans un cadre de verre de dimensions juste suffisantes pour permettre à ces animaux de se mouvoir librement, il couvrit une partie du cadre d'une substance oi)aque : il vit aussitôt les fourmis transporter leurs larves dans la région sombre. Plaçant alors devant le cadre deux verres, l'un jaune, l'autre violet, côte à côte, c'est toujours derrière le verre jaune que les jeunes étaient lrans|M)rlés. D'où M. Lubbock conclut que, pour les fourmis, la lumière violette est plus transparente que la lumière jaune. D'autres expériences lui ont fait croire que les rayons ultra-violets sont perçus par les fourmis. En résumé, il semble probable que les divers rayons du spectre agissent sur ces insectes autrement que sur l'homme.
Enfin, il paraît certain que la lumière peut exercer une influence spéciale sur certains animaux dépourvus d'organes de la vision. La nature de la perception que ces animaux éprouvent alors semble difficile à définir; mais ce fait est par lui-même assez curieux i)our que nous le mentionnions ici. On connaissait déjà un assez grand nombre d'animaux inférieurs qui, dépourvus d(* tout organe extérieur de la vision, sont néanmoins sensibles à faction de la lumière : par exemple, les polypes d'eau douce, les balanes. M. Georges Pouchet a récemmenl l'econnu et étudié cette même sensibilité chez les larves de mouches, connues sous le nom vulgaire cV asticots. Il a prouvé, par une suite d'expériences très décisives, que ces animaux perçoivent non seulement la lumière, mais savent apprécier la direction suivant laquelle elle leur arrive : dans tous les cas, ils fuient la lumière, en se dirigeant parallèlement à la route suivie par les rayons. « Cette perception, dit-il, ne se fait point par l'entremise des organes sensilifs apparents sur le premier an-