LA LOUPE
de la lentille est plus forte, c*est-à-dire qu'elle est à plus court foyer. Si l'on place Tobjet plus loin de la lentille, il arrive bientôt au foyer principal f, et l'image, qui a diminué d'amplitude, s'en va à l'infini. Si, au contraire, on rapproche l'objet de la loupe, son image grossit, mais devient confuse.
Gomment mesure-t-on le grossissement d'une loupe?
Le grossissement, dans les instruments d'optique, dans le cas de la vision nette des images, n'est autre chose que le rapport qui existe entre le diamètre apparent de l'objet et le diamètre apparent de l'image. On entend par là la valeur des angles sous lesquels l'œil voit, soit l'un, soit l'autre de ces diamètres, supposés placés à la même distance de la vision distincte. Dans le cas de la loupe, la distance de l'œil à la lentille pouvant être négligée, le grossissement est égal au rapport des angles A' OB' et aO&, ou sensiblement à celui des dimensions A'B', AB, lequel, enfin, est égal au rapport des distances OC et OC. La distance OC' étant celle de la vision distincte, le ^ossissement ne dépend plus, comme on voit, que de la distance OC' de l'objet à la lentille, c'est-à-dire de la dislance focale principale, qui en diffère très peu.
Ainsi, plus une loupe aura une courbure prononcée ou un court foyer, plus en outre la vision distincte de l'observateur sera longue, plus le grossissement sera considérable.
La loupe montée, comme le représente en coupe et en perspective la figure 274, 1, 2, est celle qu'emploient le plus souvent les horlogers et les graveurs. Elle se tient à la main ou même près de l'œil, oii l'observateur la maintient par un effort des muscles des sourcils et de la joue : de la sorte les mains restent libres ; mais il est préférable de l'adapter à un support ou porte-loupe (fig. 275).
Le grossissement de ces loupes ne dépasse guère 5 fois ; de plus, elles sont affectées d'un défaut assez grave : celui d'avoir une forte aberration de sphéricité. On nomme ainsi un phénomène dont la constatation est bien simple : Regardez un objet
d'une certaine dimension avec une loupe semblable, vous verrez que l'image n'est très nette que dans la partie centrale ; sur les bords, elle est déformée et difFusc. De plus, elle est irisée, ce qui tient à un autre défaut : celui du manque à'ackroma^ tisme. Mais elle a un avantage qui compense en partie ces inconvénients : celui d'avoir un champ étendu; sa grande distance focale permet aussi de mouvoir les mains et les objets
Fig. âTi. — Loupps de Jivers genres : I, 2, loupe des Imrlogcrs et dt'S praieu 3, 4, 5, biipcs achromaliques; 6, ioiipe de Stanhopc; 7, loupe k surface cjlmdrii]^ 8, loupe rodét' de Brewsler, dite de Coddiiiglon ; It, loupe ou mii:ri>£co|ic à grajcr 13, compte -fils ; II, 13, li et 15. lou]>e des Daluralisle^, biloupcs et triloupes.
au-dessous de la loupe et de faire sans gêne le travail qu'o»- s en vue.
On diminue l'aberration de sphéricité en appliquant sur 1 ^s bords de la lentille un diaphragme ou plaque annulaire opaq*-'* qui anète les rayons de cette parlie de la lentille ; mais J^ champ se Irouve ainsi diminué.
Pour détruire à Iîi fois l'aberration de sphéricité et l'aclir*^malismc, on compose la loupe soit de deux lentilles plan-