I. LA LOUPE
Un objet excessivement petit, même quand il est fortement éclairé, envoie dans Tceil, à la distance de la vision nette, un faisceau de lumière trop peu intense pour que l'impression sur la rétine produise une image distincte. Il faudrait le rapprocher de Tœil, augmenter ainsi son diamètre apparent ; mais alors la réunion des rayons émanés de ses divers points ne se ferait pas sur la rétine et Timage serait confuse.
Le microscope est un instrument destiné à venir en aide à la vue en produisant des images plus ou moins amplifiées des petits objets, que notre œil peut voir alors nettement comme à la distance de la vision distincte.
Il y à deux sortes de microscopes : la loupe, ou le microscope Hmple, et le microscope composé.
Il est bien probable, si cela n'est pas absolument prouvé, que les anciens n'ignoraient pas le pouvoir grossissant des masses de verre de forme sphérique. Un passage d'une comédie d'Aristophane montre que les Athéniens connaissaient le moyen d*allumer du feu à l'aide d'un morceau de verre qui concentrait à son foyer les rayons du Soleil. Les pierres fines gravées qui nous restent des Romains n'ont pu être travaillées sans le secours d'instruments grossissants. Ces instruments consistaient-ils en morceaux de verre taillés ou coulés en forme de
lentilles, on n'étaient<ce que des boules creuses de veire remplies d'eau? Tout au moins cette dernière supposition est-elle rendra probable par le passage souvent cité des Questions natureUa de Sénèque : «Tous les objetsvusàti'aversreau, dit-il, semblent plus considérables. Des caractères menus et peu distincts, lus au travers d'un globe de verre plein d'eau, sont plus gros à l'œil et plus nets. » Mais si les anciens ont connu le pouvoir optique des sphères d'eau ou de verre, ou même des lentilles de verre, il ne parait pas qu'ils aient su en tirer parti ni les construire d'une façon précise. Aucune observation d'histoire naturelle ne nous a été laissée par eux qui témoigne d'un usage scientifique de la loupe dans l'antiquité.
Une simple lentille convergente, plan-convexe ou biconveie, enchâssée dans une monture dont la foraie varie avec la destination, tel est le microscope réduit à SI plus grande simplicité. C'est ce qn'oD nommeordinairement une loupe.
I>a figure 273 représente la marche des rayons lumineui dans une loupe ; l'objet AB est placé à une dislance de la lentille plus petite que la distance focale principale. L'œil 0/", placé au point F de convci^ence, reçoit ces rayons comme s'ils émanaient des points A'B', c'est-à-dire d'une image virtuelle droite et agrandie de l'objet.
Pour que cette image soit bien nette, il faut que la distance A'F soit égale à celle de la vision distincte pour l'observateur. d'où résulte, pour la position de l'objet, un point déterminé (pi'on peut, soit calculer, soit trouver aisément par tâtonnement ou par expérience. Cette position diffère très peu de celle du foyer principal f; elfe en diffère d'autant moins que la courbure