CHAMBRE NOIRE
En employant la lumière Drummond pour éclairer les objets , on obtient des images beaucoup plus vives ; et dès lors, en éloignant l'écran et rapprochant les lentilles, on obtient un agrandissement beaucoup plus fort.
Vers la fin du siècle dernier, un physicien belge, Robertson, obtint un succès extraordinaire en montrant au public des apparitions de fantômes, qui, dans l'obscurité profonde où se trouvaient les spectateurs, semblaient s'avancer peu à peu et grandir jusqn'au milieu de la salle. L'illusion de ces scènes était obtenue au moyen d'un appareil nommé phantascope, tout à fait anal(^e à la lanterne magique, c'estrà-dire formé d'une caisse renfermant une lampe à réflecteur, d'un tube avec le môme système de deux lentilles projetant l'image d'un dessin sur un écran placé en avantde l'instrument. Seulement, la lanterne est supportée par une table roulante, dont l'un des pieds porlti une poulie, qui communique son mouvement à la lentille objectif par l'intermédiaire d'un excentrique et d'un levier. Quand la table roule en s' éloignant de l'écran, l'objectif se rapproche peu à peu de la demi-boule, l'image grandit, et l'illusion est produite, d'autant plus complète, qu'à l'aide d'un diaphragme mobile la lumière que reçoit l'image varie proportionnellement à sa grandeur.
Robertson, qui devait, parait-il, le secret de cette invention à un artiste nommé De Waldech, avait soin d'écarter toute lumière étrangère, tout bruit de l'appareil, dont les roues étaient garnies d'étoffe. De là ime illusion qu'il augmentait encore en imitant le bmit du tonnen-e, de la pluie, les cris des animaux, etc.
Fig. 299. — PhanlasGope.
Dans la figiiie 299, on peut voir qu'il y a une double lanterne. On peut dès lors projeter sur l'écran, outre l'image du spectre ou de tout autre personnage fantastique, celle tl'un paysage en liarmonîe avec la scène à produire.
Le môme double appareil donne aussi les vues polyoramiqîies : on entend par là des effets de paysage variés, la succession du jour à la nuit, d'une mer calme à la tempête, etc. Chaque lanterne est disposée de manière à projeter chaque double vue au mûme endroit de l'écran. L'une d'elles est d'abord fermée et l'on voit le paysage éclairé par le Soleil ; peu à peu la lumière s'affaiblit, le crépuscule arrive, puis la nuil, et. insensiblement, la seconde vue s'est substituée à la première. Les enfants, on peut dire aussi les grandes personnes, prennent souvent plaisir à admirer ces tableaux et ces effets de lumière. Comme ici c'est le principe qui nous intéresse plutôt que les détails des mécanismes imaginés pour en tirer parti, nous insistons seulement sur ce point que la cbambre noire, les méga— scopes, lanternes magiques, phantascopes sont tous basés su»la formation d'images réelles par l'intermédiaire de lentilles convergentes.