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LE TÉLESCOPE

§ 1. LES LUNETTES. — LUNETTE DE GALILÉE. — AGHROIfATISBlE.

Le microscope nous permet de pénétrer dans les mystères de rinfmiment petit; il meta la portée de la vue humaine les objets les plus infimes, et fait voir d'une manière distincte les mille détails qui envoient à l'œil nu une lumière trop faible pour impressionner la rétine.

Ce que le microscope fait pour les objets à noire portée, mais trop petits, le télescope le réalise avec une pareille puissance pour les objets que leur éloignement rend invisibles, quelles que soient leurs réelles dimensions. Il sonde les profondeurs de l'espace et rend accessibles à la vue des astres dont l'homme, sans son secours, n'eût pas même soupçonné l'existence. Il rapproche ceux qu'on peut observer à la vue simple, et alors ce sont les détails de leur structure qu'il révèle à la science, multipliant ainsi pour notre curiosité les objets que la nature ofTre à l'observation, et à l'aide desquels l'intelligence humaine parvient à découvrir ses lois.

Le nom de télescope est tiré du grec comme celui de microscope ; l'un et l'autre ont pour racine commune le mot o-xoiréw (scopeô, je regarde) ; |xtxpà; (micros) signifie petite et rf^kt {télé) au loin. L'étymologie permet donc d'appliquer le nom de télescope à tous les instruments qui ont pour effet de rapprocher les objets éloignés en amplifiant leur image. Mais en France on

a coutume de réserver le nom de lunettes aux télescopes exclusivement réfracteurs, c'est-à-dire formés uniquement de certaines combinaisons de verres ou de lentilles : tandis que le nom de télescopes s'applique plus spécialement aux instruments dans lesquels entre un miroir ou réflecteur ; on dit quelquefois alors de ces derniers que ce sont des télescopes catadioptriques . Nous nous conformerons ici à l'usage, qui cependant n'est guère justifié, et nous décrirons successivement et séparément les lunettes et les télescopes.

A quelle date remonte l'invention des lunettes? L'inventeur de ce merveilleux instrument d'investigation terrestre et céleste est-il parfaitement connu?

A ces questions, les érudits ne font que des réponses douteuses, comme pour mainte autre découverte scientifique. Seulement, ici, on peut être assuré que la prétention de faire remonter la découverte des lunettes grossissantes à l'antiquité et même au moyen âge n'est fondée sur rien de sérieux*. C'est vers la fin du seizième siècle qu'on trouve la première mention, faite par Porta, de la possibilité de combiner deux lentilles, l'une concave, l'autre convexe, « pour voir agrandis et distincts tant les objets voisins que les objets éloignés ». Mais c'est un opticien de Middelbourg, Jean Lippershey, qui réalisa le premier celle combinaison cl construisit la première lunette télescopique (160G). Jacques-Adrien Métiusen 1608 et Galilée en 1609 paraissent avoir trouvé eux-mêmes la solution du problème d'optique indiqué par Porta; mais il faut dire que le grand

\ . Nous ne voulons parler ici que des lunettes composées. Les lunettes simples ou hesicles qui sont formées, pour chaque œil, d'un seul verre, d'une lentille convergente ou divergente à long foyer, étaient connues depuis longtemps. On en fait remonter l'invention au quatorzième siècle, sans qu'on puisse avec certitude en désigner le véritable inventeur. Suivant certains historiens, cet inventeur serait un sieur Salvino Ârmato de Florence, dont le tombeau portait cette épitaphe :

Qui giace

Salvino (T Armato degli Armait

di Firenze

INVENTOR DEGLI OCCHIALI

Dio li perdonie a peccata anno dmccgxvh.

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