‹ Le monde physique (volume 4)Chapitre 146 sur 190 · LA LUNETTE ASTRONOMIQUE · texte numérisé non relu

LA LUNETTE ASTRONOMIQUE

lance de la vision dislîncle. C'est en ce môme point que doit se Inniver l'image réelle formée par l'objectir; et on y panicnl, comme nous venons de le dire plus haut, en cnfon(;anl plus ou moins le tube porte-oculaire.

Les lunettes à long foyer des observatoires astronomiques sont d'un poids qui rend le maniement de ces instruments dillicile. On leur adapte alors une monture [ilus compliquée, el. jiar l'intermédiaire d'engrenages et de tringles que nous n'avons

Fis- 507,

poinlà décrire ici, on parvient à leur imprimer tous les mouvements nécessaires avec la lenteur et la précision convenables. D'après ce que nous avons dit plus haut du grossissement iVuwf- lunette astronomique, il seml)le qu'il dépende, pour un même inslrumcnl, ou mieux pour un même objectif, de l'oculaiie. Et, en elTel, une même lunette peut être susceptible de donner des grossissements variables par l'emploi d'oculaires différents, à foyers plus ou moins courts. Théoriquement parlant, la puissance d'une lunette semblerait donc illimitée; mais,

à la vérité, elle dépend d'aulios iMéments dont nous allons dire lin mut.

La qualité iriine lunette et sa iiuissancc dépendent princi[)aleinenl de l'objectif. Il est indis|]cnsable d'abord ijue la matière qui le coiniiose soit aussi pure que pussible, que les verres des lentilles soient exempts do bulles et de stries. La taille el le polissage de la surface ont une importance non moins grande, et c'est de leur perfection que dépend surtout la netteté de l'image réelle que l'objectif forme à son foyer.

Maintenant, à égalité de perfection à ces divers points de vue, l'objectif qui supportera le grossissement le plus fort sera celui dont le diamètre sera le plus considérable, et dont la dislance focale sera la plus grande. En effet, la clarté de l'image virtuelle dépend d'abord de l'éclat de l'image réelle, cl, par conséquent, de la quantité des rayous lumineux qui conlribnenl à former cette dernière. Or celte quantité est en rajiport direct avec lu grandeur ou l'ouverture de IVdijectif. Comme le grossîsscmenl de l'oculaire' éparpille les rayons sur un ]du8 grand espace, l'image virtuelle est d'autant pins alTaiblie et confuse que ce grossissement est plus fort, à moins que les rayons nt proviennent d'un point lumineux de dimension insensible el brillant d'une lumière jjropre comme les étoiles. Dans ce dernier cas, l'affaiblissement provenant du grossissement est nul, cl l'éclat est accru dans le rapport des carrés des ouvertures de l'objectif et de la pupille de l'œil. Aussi, avec une lunette d'une grande ouverture, le nombre des étoiles qu'un peut aperceroir dans une étendue limitée du ciel s'agrandit-il considérablemenl, Comme le prouvent les figures 508 et ô09. L'une nioulre un coin du ciel pris dans la constellalion des Gémeaux, où les étoiles, vues à l'œil nu. sont au nombre de sept; à l'aide d'une lunette de 27 cenlimèlies d'ouverlurc, M. Cbucurnac y a compté 020') étoiles. En adniellant 0 niiilinu'lies jiour l'ouverture de la pupille, l'éclat se trouvait en effet augmenté dans le rapport de 56 à 72900 ou de 1 à 2025, abstraction faite de l'absorption de la lumière par la matière des lentilles.

LA LUNETTE ASTRONOMIQUE. Mb

Ainsi encore s'explique la possibilité de distinguer en plein ur, avec les lunettes, des étoiles qu'on ne peut Yoir à l'œil nu le le soir ou pendant la nuit.

Les astres non lumineux par eux-mêmes, comme la Lune, s planètes, ont, dans les lunettes astronoiques, un éclat moindre qu'à l'œil nu, et il i résulte que le pouvoir grossissant est limité mr un objectif donné.

Parmi les plus remarquables et les plus Fi2.3u8lissantes lunettes astronomiques aujourd'hui deUconsieiiation

• des Gvmenut.

innues, il faut citer celles des observatoires

! Paris et de Poulkova, qui ont 38 centimètres d'ouverture

ig. 309> — La mime partie du ciel vue avec une lunette de 97 c«Dtimèlres d'ouverture.

8 mètres de foyer, et la lunette de l'observatoire de Gamidge (Étals-Unis), dont l'ouverture mesure 47 centimètres.

Ce dernier iustrument est le plus grand télescope réfractcm-

qu'on ait construit jusqu'à présent'.

g 3. LUNETTE TEBRESTBE OU LONCUE-TUE.

C'est à Kepler qu'on doit la découverte théorique de la lunette astronomique ou à oculaire convergent ; mais le grand astronome ne réalisa point sa conception, et c'est le P. Scheiuer qui ûl le premier construire une lunette de ce genre, dont l'usage so substitua peu à peu à celui de la lunette de Galilée. Peu après, Heita inventa la lunette terrestre ou lunette rfi^—

jour, qui ne diffère de la lunette astronomique que par la com

position de l'oculaire. A l'aide de deux lentilles convergentes d(r ,

même foyer 0', *^" ,

situées entre le sys

tème 0' de l'ocu

laire aslronomiquci^K et l'image réelle d«^ l'objectif a&, l'imag^^i virtuelle a' b' ea,/ redressée , comri» <= il est aisé de s't^r/

Fifi. 310. - Marche des rr,y.ns lun.ineux d»ns la lunelte ^^^^^^ '^"'"P^ *■" lerreslre. sulvaut SUT |a f/-

gurc 510 la mpiclii' J

des rayons lumineux. On voit alors que le système oculaire dt la lunette terrestre se trouve formé de trois ou quatre lenlilb- L'avantage de cette combinaison est le redressenieut ilcj images qui, pour les objets terrestres, est nécessaire. L'iiicaiivénient est dans l'affaiblissement de l'éclat, qui ne permet iiiu*.

1. On pHt^ en ce' moi non ( d'un t<-k'scu{ie rvfi'aclenr dont la Icnlille ani'ail un diamèlrc <li' 0',635; cel instrument se coiislruit en Angleterre. H. Alvan Clail, le conslrudeur dr la gi-andc Innetle du CamUi'idgc, a cnlrc^pj'is Texéeution d'uno Icnlille de 0-,69. Si k sucécouronne cette Icnlaliie liardie, c'est encore rAinérique qui aui'a, sous ce jioinl de mSi 1^ suprÉmatic.

Page 1