‹ Le monde physique (volume 4)Chapitre 167 sur 190 · L'APPAREIL OPTIQUE DU PHOTOGRAPHE · texte numérisé non relu

L'APPAREIL OPTIQUE DU PHOTOGRAPHE

gérait, sur Timage, les lignes droites de la nature en lignes plus ou moins courbées. La quantité de lumière qui passe par une ouverture étroite étant faible, cet objectif nécessite un temps de pose plus considérable. On s'en sert plus spécialement pour les vues, les paysages, les monuments, les reproductions d'objets inanimés, de natures mortes, comme on dit en style d'art.

L'objectif à verres combinés (fig. 541), dont le diapbragmc est placé en arrière des systèmes de lentilles, permet l'introduction d'une plus grande somme de lumière ; il est employé

Fig. SfO. — Objectif simple. Fig. 311 . — Objectif compoM, atec glaco

de préférence pour les portraits, parce qu'il n'exige pas une pose aussi longue.

Dans le daguerréotype, l'image se faisant telle quelle, mais renversée sur la plaque même, en la renversant de baul en bas pour la voir droite elle était symétrique de l'objet, c'esl-à-dire que la droite s'y voyait à gauche, et réciproquement. Pour obtenir une image droite, on adaptait à l'objectif, soit une glace inclinée à 45 degrés, soil un prisme où la réflexion totale se faisait sur la face hypoténuse. La |di(itographie sur verre n'exige point cette précaution, puisque c'est l'épreuve négative qui se trouve renversée et symétrique, et qu'en la retournant pour obtenir l'épreuve positive, celle-ci se trouve avoir la position normale.

Dans les premières années qui suivirent la découverte de Daguerrc, les opérateurs les plus habiles, malgré le sniii qu'ils apportaient aus diverses manipulations qui conslituaienl le procédé, échouaient souvent et n'obtenaient que rarement des épreuves possédant la netteté de l'image qu'ils venaient d*ubserver sur la glace dépolie. On crut d'abord que cela lenail à la dilTicuUé de faire coïncider rigoureusement le plan de la plaque avec le |ilan dépoli du verre. Un photographe, M. Claudel, chercha à remédier à ce dernier inconvénient et y parvint. Or le résultat fut contraire à son attente. I^es épreuves obtenues furent constamment confuses, maî délinies. Après de nouvelles recherches, il découvrit la cause de cet insuccès : c'est que le foyer lumineux, ou visuel, ne coïncide pas, en effet, avec le foyer des rayons chimiques, avec le foyer photogénique. El ce défaut de coïncidence dépend à la fois et de la nature des objectifs, et de la distance des objets, et enfin de l'intensilé de la lumière.

Le problème a été résolu pratiquement depuis par les opticiens qui construisent des objectifs pour lesquels le foyer phott^énique coïncide avec le foyer visuel. Quand l'objectif d'un appareil ne j(tuit pas de celle propriété, il importe que le photographe l'éludie avec soin, et, par des essais multipliés, arrive à reconiuùlre la position pour laquelle l'image sur le verre dépoli se trouvera coïticider avec le foyer chimique, de manitTe à produire sur la glace sensibilisée l'image la plus nette possible.

N'oublions pas, eu terminant, de dire que les qualités d'nii bon objectif doivent varier avec la nature de son em|doi. C'fsl ce qu'exprime fort bien le savant vice-président de la Société française de l*hotograi)hie, M. Davanne : « L'objectif est l'àiiie de l'appareil, dit-il, et, pour être |)arfait, il déviait réiunidri' à tant de conditions, souvent opposées, qu'un seul inslrumeiit ne peut les réunir toutes. 11 a donc fallu créi;r des objectifs divers en vue des services qu'on avait à leur demaTider. Pour le portrait, on a clù sacrifier la netteté générale et l'étendue du eliauip

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