PHOTOGRAPHIE A LA LUMIÈRE ARTIFICIELLE
à l'intensité lumineuse ; pour Tarchitecture el la reproduction des plans, on recherche la finesse, la rectitude des lignes, la planimétrie de l'image ; pour le paysage, il faut obtenir la profondeur du foyer et l'étendue en surface. De là de nombreuses combinaisons optiques qui ne sont pas toujours réalisées avec succès par un seul fabricant. »
Nous avons dit à peu près tout ce qu'il y a d'essentiel, au point de vue scientifique, dans cette intéressante application aux arts du dessin de la physir-ue et de la chimie. Néanmoins, il nous reste à mentionner une série de découvertes faites récemment dans le domaine de la photographie, et qui ont leur intérêt pour les physiciens et les hommes de l'art, pour les savants et les artistes. Nous joindrons à cette description succincte quelques détails sur les applications de la photographie elle-même aux sciences et aux arts.
§ 5. PHOTOGRAPHIE A LA LUMIÈRE ARTinGIEU.E.
Comme on vient de le voir., l'héliographie est fondée sur la propriété des rayons lumineux de modifier chimiquement les substances dites impressionnables ou sensibles; ce senties radiations dites chimiques émanées de la lumière solaire directe ou de la lumière du jour, c'est-à-dire de la lumière solaire difTuse, qui jouissent des propriétés photogéniques. Mais d'autres lumières plus ou moins intenses ne peuvent-elles remplacer, au besoin, celle du wSoJeil? C'est une question que n'ont pas tardé de se poser et de résoudre les physiciens et les photographes.
La lumière électrique, par sa puissante intensité, devait la première attirer l'attention. On connaissait depuis longtemps son action colorante sur le chlorure d'argent, mise en évidence par Brande peu après la découverte de l'arc voltaïque par Davy. M. de la Rive constata plus tard qu'elle agissait sur les plaques daguerrienues, et ce savant obtint l'image d'un buste en plâtre
éclairé (lar la lumière éblouissante de rdk'ctricilé. L'appUcalion (le cette source lumineuse à la ji holographie esl eniriîe dans le domaine de la pratique, ainsi qu'il résulte de la note suivante que nous em(n'untons au journal les Mondes, d'oetobre 18*î(î :
« M. Woodbury. de Manchester, etuitinue îk faire usage, |Hinr la )iroduction de ses clichés photographiques sur gélatine, lie ta lumière électrique produite par la machine de M. Wihl, Cette lumière, excitée entre les pointes de deux charbons, est entourée des négatifs, qu'elle doit traverser pour impressionner la gélatine, et l'on peut constater chaque jour que les reliefs sur gélatine obtenus avec la lumière électrique sont mieux définis que lorsqu'on opère à la lumière du Soleil ou du jour. » Celle note esl relative, comme on voit, à un procédé de gravure héliograplùque dont [tous dirons plus loin quelques mots : mais la suite est relative à la production de véritables clichés ph«lographifjues : « MM. Saxon cl C", aussi de Manchester, no font plus leurs agrandissements qu'à la lumière électrique lic M. Wild. En possession d'une lumière artiliciclle qui brille jour et nuit, ils ont pu prendre rengagement d'agrandir en vingt-quatre heures les clichés négatifs qu'on leur confie. »
Toutefois remploi de celte lumière est coûteux. Dans les cas, assez rares d'ailleurs, où l'on peut avoir besoin de faire de la lihoUHjraphie de mât, on pi-éfèrc de beaucoup la luniièic produite par la combustion du magnésium à celle de l'élecli'ieilé. L'invention des liim|)es au magnésium, |)ar sir Ila\i(l Brewsfer, le perl'ectioimeuienl qu'un de nos savants eouipiiti'iotcs, M. Le lïoux, y a ap|Kirté en associant le zinc au magnésium, ont permis d'appliquer cette lumière artificielle à la pliologra]ihie. On a commencé par photdgrapliicr des giavuics. des liustes et des slalucs, et on a leconnii ainsi ta valeur jtliotogéni(pic de la lumière du magnésium, d'ailleurs moins coûteuse que la Jumièi'e électrique.
(hi esl airivé par ce moyen à reproduire avanlagcusement les olijets inanimés; mais, au point de vue artistique, l'elfet esl peu salislaisant, à cause de l'opposition nécessairement exagérée