ÉPUEU\'ES AMPLIFIÉES. — PHOTOGRAPHIE MICROSCOPIQUE
On comprend qu'en projetant à l'aide d'un microscope solaire l'image d'une épreuve photographique sur un écran sensibilisé, l'image agrandie de tous les détails de l'épreuve primitive viendra se former sur l'écran. Si l'on a opéré à l'aide d'un négatif, on obtiendra une épreuve positive; mais on peut aussi obtenir un cliché négatif amplifié lui-môme, et de là tirer autant d'épreuves positives qu'on voudra par la méthode ordi-
naire. Ce dernier procédé est beaucoup {)lus expédilif. Voici en qtioi il consiste.
On tire d'abord, avec le clicbé négatif obtenu à la chambre noire, un cliché positif de mêmes dimensions. C'est ce dernior qu'on soumet à l'amplitication du microscope solaire, de sorte que ['(^preuve amplifiée se trouve être elle-même une épreuve négative. Il est bien clair que cotte épreuve est reçue sur une glace collodionnée qu'on a rendue sensible par les procédés connus. Une luis révélée et fixée, l'épreuve négative agrandie aux dimensions voulues sei't au tirage des épreuves positives. De celle façon l'appareil optique d'agrandissement n'est employé qu'iimfois, ce qui explique la plus grande rapidité de celle méthode.
La difficulté, dans l'agrandissemeut des épreuves phot^igraphiques , consiste à obtenir rapidement des épreuves très nettes, non déformées et conservant la vigueur de Ions des épreuves obtenues à la chambre noire. A l'origine, les pholographies amplifiées laissaient beaucoup à désirer sous tous ces rapports; mais, à force de recherches, on est arrivé à une perfection remarquable. A l'Exposition universelle de 1807, ou a pu admirer un magnifique portrait en pied de M. lugi'es, et une vue agrandie de la cathédrale d'Amiens, qui, composée seulement de quatre morceaux, ne mesurait pas moins de 2 mètres (le largeur sui' 2"',50 de hauteur. Appliquée à raslronomie. nous verrons que cette méthode d'agrandissement a domié, entre les mains d'opérateurs savants et habiles, des résultais déjà remarquables.
Ou comprend l'imporlaiice de ce procédé, non pas tant pmtr k's vues ordinaires, pour les jwrtrails, mais pour la rcpruduclioii des objets dont les détails multipliés échappent au crayon du dessinateur le plus habile et le ])lus palient. Le vœu qu'Arago formait dans son rapport sur l'invention de Daguerre. de voir obtenir les images fidèles des milliers d'hiéroglyphes dont sonl lecouvcrts les monuments de l'anlique Kgyple, ce vœu est réalisé aujouid'hui, grâce au procédé d'agrandissement des épreuves photographiques.