PHOTOGRAPHIE MICROSCOPIQUE
Si l'image, de quelques centimètres de diamètre, d'un astre comme la Lune, peut se transformer ainsi en une épreuve de 1 mètre et plus, et permet d'étudier à loisir la configuration orographique de notre satellite, combien la méthode d'agrandissement n'est-elle pas plus précieuse encore en fixant les milliers d'images des objets naturels qui, par leur petitesse, échappent à la vue! Pour obtenir ce résultat, il fallait pouvoir produire des épreuves nettes de ces infiniment petits. C'est un progrès qui a été pareillement réalisé et d'où est résultée toute une branche nouvelle de l'art inventé par Niepce et Daguerre : la photographie microscopique.
C'est encore à un de nos compatriotes, M. Bersch, qu'est dû en grande partie ce nouveau pas : les instruments optiques nécessaires à la production des images microscopiques, à leur amplification ultérieure, les dispositions à prendre pour les diverses opérations que cette production exige, ont été inventés par ce savant. D'autres ont contribué à perfectionner ces procédés et à obtenir des éj)reuves d'une grande perfection : citons, parmi eux, M. Neyt (de Bruxelles), MM. Dagron, Moitessier, Lackerbauer, J. Girard, en France. Tout le monde connaît ces merveilleuses et imperceptibles photographies, grosses comme une tête d'épingle, qui, enchâssées dans le chaton d'une bague, dans un bijou quelconque, se voient à la loupe avec les dimensions des épreuves ordinaires : portraits, vues, monuments, etc. Adaptés au genre de loupe que nous avons décrit (p. 496) sous le nom de loupe Stanhope, ces petits objets portent avec eux-mêmes le microscope qui permet de les voir agrandis el dans tous leurs détails. Un point à peine |)erceptible à l'œil nu y devient une page enlière d'un livre qu'on peut lire avec la même facilité que sur l'original. C'est à M. Dagron qu'on doit cette charmante invention.
Ce n'est là toutefois qu'un objet de pure curiosité, de fantaisie; mais la photographie microscopique ne s'est point bornée à ces miniatures dont l'utilité est fort contestable. Elle s'est appliquée à des reproductions utiles, et elle a trouvé un ample
(lomiiiiii.- dans la inicrof,Tapliic zoologiquc et végétale. « La nlioloiiiicrcfriapliie, tlit M. J. Girard, est une mélhode icoiiogra- [ihiqiit' atliiiiialilf, grâce à laquelle le savaut conserve le témoigua[iO iiuK'iiiable tle ses découvertes, et qui rei>rodiiit sans les dénaturer les merveilles de délicatesse des charmantes compfhsitious de la nature. Elle est fort intéressante, alliant l'arl fascinaleur de la plintograiihie avec le [dus attrayant des instruments d'optique. .Vvec un niicroscoix' ordinaire et des appareils de photographie élémentaires, on arrive à fixer des Images microscopiques : pour les travaux de micrographie supérieunr. un plus grand luxe d'Iuslallation devient nécessaire. La dis|H>siltun la plus simple consiste â adapter le microsco|ie au houtd'uoe chambre noirr dont on supprime l'objectif, en metlanl à la place un raccordeuiriil en caoutchouc (lig. 542).
].e tout se place sur unf table près d'une fenèlre exposée aux rayons du Soleil. An nioyoti du luiroir. ou éclaire vivenienl riuslrunieiit et l'imago du sujet va se projeter sur l'image dépolie de la cliiijiil'it' noire. Les n]iération> pliolo^'ra|»liiques sont identiquement si-inl>laliles à celles que l'on pnttiipie onliuaircment. "
Ku préseiilaiil à LAcadénuo îles sciences des épreuves niieriiMii|'îipte> de dialuniêes obtenues avec des grossissements \arial>Ii ■^. M. (iiraid s'expriliiail ainsi sur les moyens enqdoyés par lui : « lies niiiyens, dil-il. s-'Ht identiijues à ceux de la plio!ii iajilii<' .Hdtiiaire. a\oo eetto seule ditlereiiee que l'objectil .'i repii'ilueti,iu tsi renq-laoé par un autre très jK'lit. éclairé par la lumière >oIaiie ivtlécliie au uio)en d'un miroir (dan ou con-
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cave, suivant les circonslances. Pour donner à celle lumière les qualilés jiliologéniques nécessaires, il esl indispensable de la corriger par l'interposilion d'un verre d'une nuance Meufllre. Quand elle manque d'inlensilé, comme quand on fail usage d'objeclifs forls donl la lentille frontale a à peine 1 millimètre de diamètre, il est nécessaire d'avoir rei-ours à un condensateur.
« La pliotomicrograpliie, ajoute ce savant, est un moven parfaitement exact pour la résolution des test'i les plus dilllciles; l'image obtenue édilie d'une manière irréfutable sur la valeur du système optique du microscope. Elle permet, au surplus, de constater les difiérents effets de lumière insaisissables autrement; l'interférence et la diffraction se traduisent souvent sur (pielques diatomées par des combinaisons remanpiablcs. » {CoinjHcs rendus, 1869.)
Le même auteur a fait une autre application non moins intéressante de la pliolograpliie
niicroscopi(jue en étudiant, à l'aide de la lumière |io'aiisée, les cristaux de certains sels.
En médecine, en pliysiologie, celte brandie de l'arl photograpbique rend des services'non moins précieux. .M. le docteur Ozanam a imaginé un appareil qui enregistre pliolograpliiquement les battements du pouls avec toutes ses pliases : il obtient ainsi une ligne ondulée qui. agrandie, montre toutes les variations qui peuvent se produire dans les jmlsatïans pendant le court.intervalle de la cent-millième partie d'une seconde.
En résumé, les innombrables découvertes que le microscope a fail faire dans le domaine des sciences naturelles, la pbo-
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eiO LE MONDE PHYSIQUE.
loinicrograijliie les fixe et pcrmel. par rH{îrari(lissciiu'nl ilci
épreuves, ï\c les (^ludier il'une façon ppiuianeiil^.
IViidaiit. le siège dr P;iris par les Alleniaiuls, eetle ap|)!icatioii (le la physique a rendu des senices d'un aulre genre. Elle a permis de rwliiirc à une siirt;ieo de quelques cenlinn^lrcs carrés les plus longues et le.« plus volumineuses dépéelies <pi(^ les pigeons euipurUlieill sous leur aile, de ta |mivinr-e à Paris. L'organisation ilf celle posle microscopique fut d'idiord commencée à Tours sfuis la ilirection d'un pboli»-
Fix. 5*4. - ÉKiJrs 1. phob.m.r«gr.,pl,i. , j^^ j^ ^^,^^^ ^■^^^^ ^ pi^jg^
tfjjébl», par M< 1- (iirard. Uni! diubiniev, ~ ■
("était d'abord snr papier que se faisaient les épreuves ainsi réduites : snr chaque côlé de la feuille, on pouvait reproduire deux pages rl'imprinjerie; mais le grain du papier limitait la ûnessé du lexle. et, de plus, le tentjis de |K)8ê (en hivfr) était ciinsidérable. Aussi le système que M. Dagron, envoyé de Paris à Tours par liallon, ])i'oposa à la Délégation nalionale fut-il préféré (fin novembre I87ti). Ce [diotograplie opérait sur de minces pellicules de collodion très légères et assez sensibles pour n'exiger que deux secondes de pose, au lieu de deux lieun's. Voici, à ce siijei, quelques détails lires d'une brochure publiée par M. Dagron :
« Chaque pellicule était la reproduction de douze ou seize pages in-folio d'imprimerie, contenant en moyenne, suivant le type employé, trois mille dépêches. La légèreté de ces pellicules a permis
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riisc-i>iiu[iic. F^t-siii ic ilt''|iéi:lio CKjiôdiô s |iiMiil»iil le si^t'o.
PHOTOMICROGRAPHIE.
à l'udtiiiiuslriilioii iPrii itM-tlro siii* un hi'til iitj^cun iiistin'i'i dix-huit exe m I il ai l'es, ciunnaiil un tolal île plus «le cini|uanLo îïiillc Jépèclies pesant ensemble nwhi.s d'un (li-uii-ijmmme, 'oute la série des ilépi^clies oflicîelles el pi'i\ées que nous vons faites pentlaul rinvestissenienl de Pai'is, au ndUihre a'euviron cenl quinze mille, pesait en tnul un gramme. Un (ul pigeon eût pu aisément les porter. Si l'on veut maiiUetiaiil multiplier le nombre des déjM)ches par le nombre d'exemplaires
iJburnis, on Inpuvo un résultat de plus de deux millions cinq Iceul mille ilé|iôcties que nous avons faites pendant les deu.\ Iplus mauvais mois de l'aïuiée.
« Ou roulait les pellicules dans tin luyaii de plume que des agents de l'adminislralion atlaeliaiont à la ipieue du pigeon. #ur extrême sou|ilesse cl leur complète impeiinéabililê les ■ rendaient tout à l'ail ronveiialdes à ret usage. Vax oulre, ma I jiréparalion sèelie a It- Iiiple avantage d'i'*lre apjirètétî en une Lseule fois, de ne donner aueuiie bulle, et de ne pas se détacher
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