PHOTOGRAPHIES INSTANTANÉES
mouvemenl, de trains de chemin de fer en marche. Citons quelques exemples.
Dans une conférence faite en mars 1881 à la Sorbonne, M. Davanne rapportait les faits suivants :
«Un amateur fort habile, M. Hieckel, dit-il, a bien voulu faire les essais pour saisir au passage un train de chemin de fer. Lorsqu'il s'agit d'un service de banlieue, à vitesse ralentie, traversant le pont d'Asnières, marchant environ à 16 kil. à l'heure, on obtient une épreuve qui présente, sinon la netteté complète, du moins un ensemble très reconnaissable. Dans ces conditions, le train glisse et se déplace d'environ 4 mètres à 5 mètres par seconde, soit 0,05 pour ^ de seconde ; il n'est donc pas étonnant qu'on n'arrive pas à la netteté parfaite. Je ne saurais vous dire quel a été le temps de pose des épreuves que vous venez de voir, mais à coup sûr, d'après l'aspect du cliché, il a été trop long; on eût pu le diminuer de moitié, et si avec un objectif à |)lus large diaphragme on eût concentré l'effet lumineux sur le train seul, la pose pouvait encore être réduite dans une j)roportion considérable. Alors, dans ces conditions spéciales d'un train bien éclairé, se profilant sur le ciel, on pouvait arriver à un ensemble suffisamment net.
« Un autre essai a été tenté sur le train express de Rouen, faisant, je crois, 00 kilomètres à l'heure, soit 16'",60 à la seconde; nous n'avons plus qu'une bande marquée sur le pont; on distingue encore les espaces des wagons. Toutefois l'aspect général donne le sentiment d'une extrême rapidité, qu'on sentirait moins avec une épreuve plus nette. »
M. Davanne cite encore d'autres essais intéressants, la reproduction d'une mer agitée, celle d'une jeune fille sautant à la corde. 11 rapporte, mais sur simple ouï-dire, cpi'en Angleterre un opérateur aurait i)u saisir chaque goutte d'eau de la gerbe d'un arrosoir, un autre l'image d'une hirondelle au vol. D'après le journal Enginneeiing , un photographe d'Henley-on- Thames, près de Londres, aurait photographié la locomotive de l'express de Flijing Dutchman, sur la ligne de Great Western, à
lastalinti (icTivyfunl, alors (ju'clli' marchait à l'énurme viu-sscilf 1)6 kilotnolrrs à I'Iiouit. La riiacliine a étù repruiUiite dans tous SCS détails avec autant de précision que les objets immobiles environiianls. La durée de l'exposition était de ^ de seconde.
Des éludes fort intéressantes ont été enlrej)risps par deux Américains, MM. Staninrd et Muyliridpe. Dans le but de contribuer à résoudi-e le. problème de la locomotion des animaux, problème que notre savant conqiali'iote M. le docteur Marey a abordé si heureusement par la méthode d'enrefrislreiiienl jïraphiqiie, M. Stanford songea à utiliseï' la pholujiiiqiliii', et pour wU s'adressa à M. Muybridge. « M. Stanford, dit cehii-ii. me consulta à ce propos et je résolus de le seconder dans sa fâche. Il me chargea do poursuivre une série d'expériences plus complète. A col effet, nous avons construit trente clianibres noire? à obturat^MH- électrique qui, pour la phologiaplue des clievam. seront placées à environ 1*2 pouces les unes des autres. Noib nous proposons de fixer toutes les attitudes imaginables d'athlètes, de chevaux, de bœufs, de chiens el d'antres animaux à l'étal de uioiivcincnl. »
Les mêmes espérinieulaleurs se proposent de reproduiif aussi, s'il est possible, les oisoau.\ dans leur \ot, bien qii'ils craignent de rencontrer de ce côté des diflicullés plus grandes qu'avec les antres auiuinu.v. t'n atlendiuit, les résultats (p^i[^ oui obtenus dans la fixation des mouvements el des allui'cs iln cheval sont exti-èniemenl l'cniarquables. Ils oui pliotogra|tIii<'' cet ain'mal au |ias, au petit et an grand li"ol. au i-'alop. eu voiture. Les épreuves photograpliiipifs de M. Muybrigc uioutreiit un cheval conduisant un tilbury an trtpl avec une vitesse de 715 mètres à la minute, et les allures du cheval galopaid avir la vitesse considérable de 1 142 mètres à la minute. Les allm'o< successives olilenues sont celles de l'animal à des intervalles excessivement courts de ^ de seconde pour la première allure et de Ti de seconde pour la denxièiTie.