PHOTOGRAPHIES INSTANTANÉES
Ces conditions remplies, on arrive maintenant à des résultats qui, sous le rapport de la rapidité de l'impression, paraissent merveilleuses, et ont fait donner aux épreuves obtenues le nom de photographiées instantanées.
Les photographies de la surface du Soleil, qui ont permis la reproduction de certains accidents de la j)hotosphère, comme les taches, avec tous les détails de la structure du noyau et des pénombres, les facules et enfin les pores ou rides, méritent les premières d'être classées dans cette catégorie. Seulement on peut dire que, pour les obtenir, l'excessive rapidité de la pose était nécessitée par l'excessive intensité de la lumière. « La durée de l'exposition doit être tellement courte, dit le P. Secchi, qu'il faut pour la régler employer un appareil spécial, il consiste en une plaque métalliciue glissant dans une rainure, et portant une fente très étroite dont on peut faire varier la largeur à volonté. Au moment de l'opération, on lâche une détente; la plaque obéit à l'action d'un ressort, et la fente passe rapidement à travers le cône lumineux. ^) Toutefois les astronomes les plus habiles, lesWarren de la Rue, les Rutherford, n'avaient réussi à photographier que les accidents les plus aisément visibles de la surface du Soleil, les taches, les facules. Quant à la surface photosphérique, elle n'offrait dans leurs épreuves que des marbrures, sans indiquer les détails si délicats de la structure en granulations, ou grains de riz, que certains observateurs avaient aperçus au télescope. C'est M. Janssen qui est parvenu le premier à reproduire ces détails par la photographie. Voici, d'après lui, les principales conditions nécessaires à cette reproduction :
<c L'infériorilé des images photographiques solaires obtenues jusqu'ici , dit-il , tenait uniquement aux conditions défavorables dans lesquelles elles étaient obtenues. En premier lieu, il faut placer les circonstances de durée exagérée dans l'action lumineuse. En effet, quand l'action lumineuse est trop prolongée relativement à son intensité, l'image photographique s*agrandit rapidement et perd toute netteté de contours. Ce plié-
su LE MONDE PHYSIQUE,
iiomèiie, qu'on pourinit nommer Vin-adiation photographique {sans lion pri^juger sur sa caus(^), est livs frappant dans les pliotopniphit's d'éclipsés totales qui ont élu obtenues depuis 1860'. Sur ces photograiihies, on voit l'image des proInlM,'ranct's empiéter sur le disque lunaire d'une quantité qui s'élève il 10, 15 secondes et plus. On comprend qno, quand il s'agil de granuliiiiiins solaires qui ont un diamètre moyen de ïî h ,") secondes, on ne peut les ohlenii- sur des images où l'irradiation pliotogra)iliique aurait une valeur supérieure à leurs propres dimensions. J'ai donc étudié avec le plus grand suio le temps de l'aclion lumineuse, de manière à comliattrc cft obstacle principal...
M Le temps de raction lumineuse, qui est la condition exchisive du succès, a été abaissé jusqu'à k; de seconde en été. Il faut uu mécanisme tout s]»écial et très parlait [wjur régler ainsi une durée aussi courlt; et dontiei-, pour les diverses par lies de l'image, une égalité d'aelioii liiuiim-use qui doit être réalisée à ^ de seconde. Quand la duiée d'action lumineuse est si courte, l'image est beaucoup plus latente encore que dans les circonstances ordinaires; il faut lui ajipliquer un déveïoi)- |)ement lent, qui se termine ensuite par le renforcement i< l'acide |i\rogallique et an nitrate d'argent. Je n'ai pas besoin d'ajcmter que les opérations pbotograpbiques doivent être conduites avec le plus grand soin quand il s'agit d'iuniges destinées à révéler de si délicats détails. Kn particulier, disons que le colon-poudre doit être préparé à liante température poui' doniiei' une coucbe d'une iïucsse suflisanle. Ces condilions réalisées, on obtient alors des images solaii'es qui, par rappoi'l aux anciennes, constiluenl un monde nouveau... »
Ilans un ordre tout diiTéreiit de l'ccliercbes, on est iiai'venu dans ces dernicis temps à réduire assez le temps de pose, ou mieux la durée de l'impiession, pour que l'objectif du pbolograplie puisse saisii' l'iniage d'objets mobiles, d'animaux en
1. Nous nvoiis iiiL'iiIJuiiiK' h ]>h(-i>om!-m- <l;i>i> Ir ^ î .l<i di^i|MU/' xvt. Voir pgc 108 el