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sont nombreux, mais on peut les ramener à l'une nu à l'autre des deux catégories suivantes ;
I,a première consiste dans le moulage des reliefs que donne la photogra|ihic obtenue avec l'aide de la gélatine bichromate; la seconde, dans la morsure au moyen des acides d'une plancbe
Fi:;. .'>18. — h- s,.lJal d,- llaralhuii {p^\mc sur bi>i>).
nu'Ialliipio sui' i;H[uolli' l;i liunit'ir a lixé les réserves fortnant leilessiii. Ouaiid il s";i^il tie reproduire uu dessin, une ^l'avuro. une imago ijiu'lcoiHpie tViiinéc par des liaits ou des lailles, do tifinrs iHi des joints, l'un el l'aulie de ees procédés de plioti»- {*r;tviire réussissent éjzaleini'ul Lieu. Mais où la diniciilté oonimi'iice, c'est quand un veut reproduire des demi-leiutes dégra-
PHOTOGRAVURE. — PHOTOTYPIE.
dées ou fondues, des ombres de diverses inlensilés dont l'effet n'est pas obtenu par des superpositions de traits, de grains, de hachures. Sont dans ce cas les objets naturels, et aussi les tableaux peints, c'est-à-dire les objets que les épreuves aux sels d'or et d'argent reproduisent, abstraction faite des couleurs, avec une perfection si grande.
On n'est parvenu à vaincre cette difficulté qu'en ajoutant au Irîivail de la lumière, qu'en faisant intervenir certains tours de main dont les divers inventeurs n'ont pas toujours donné le secret. Ordinairement les opérateurs couvrent les teintes fondues, obtenues par la lumière, d'un grain convenable, proportionné à l'intensité. « L'héliogravure de M. Dujardin, dit M. Davanne, est obtenue au moyen d'une réserve et par la morsure directe de la planche dans les [)arties non réservées; un grain artificiel, habilement ajouté, donne les facilités nécessaires à l'impression. Ce mode de faire est à la fois peu coûteux et très expéditif, ce qui présente de grands avantages pour une foule de travaux. M. Rousselon, par une méthode qui lui est particulière, obtient immédiatement dans la gélatine un grain proportionné aux diverses teintes nécessaires pour la planche gravée ; il moule cette gélatine par la photoglyptie (dont nous allons parler), puis par la galvanoplastie et produit ainsi une quantité considérable de planches gravées représentant surtout la reproduction des nombreux tableaux qui, chaque année, attirent plus particulièrement l'attention du public \ »
rwli — mnâl
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Fig. 349. — Réduction de la Ggure 548 par rhéliogravurc.
I. 11 nous est impossible de donner ici une idée même sommaire des nombreux procédés de gravure héliographique, inventés dans ces dernières années : la plupart, du reste, peuvent être considérés comme dérivant du procédé Poitevin, étant basés presque tous sur riroprcs-
liU |)liot()gruvurB quu uous venons de décrire sommai l'eineul iiti |)cul s'itpjiliquur qu'au tirage en tailic-doucp, uou au tirage ty|iographique, qui exige que les pomls ou traits à encrer soioDl en relief. Ki^s lors l'illuslraliou dans le texte lui échappe.
Heureusement ce dernier mode d'iniprcsstnn |iliotugniplii(|ue y été abordé, ot les in'on'dé.s tijpnphotoffraphiqties sont enti-fe ilaiis la pratitpie courante : mats jusqu'à préscul l'applicalion n'en a été faite qu'A la roprodiiction îles gravures ou desâio^ au tral(, on présentant les points nécesssiireâ à l'encrage. Un ^rjud nombre des dessins de cet ouvrage uni été repivtluils par le pruc^>dé de M. Gitlot, que .M. Davanne décrit sommairomcDt en vffs termes : « l'onr obtenir par les acides un dessin en relief ' sur plaque de mêlai, il faut pi-océder |ku- morsures ré|>élées. en protégeant i-onvenuldeinenl les parois déjà creusées. On y parvient en faisant ilestH'ndix* |>ar une elialcur douce rcncn pm(oiiricj\ di> manière à l'étaler sur les paruis sans Iniucber le fond. lA>lte mélliodeest due à M. Uillot. » VX il ajoute avec rai- Sun : >■ Tout en faisant la pari d'une péno«le de tiansiliou cl dr pit^rès à venir, nous cruyons que le nouveau procédé, au point tlo vue artistique, est, mdiue acluellemeut, de Eieaucuup prél^ i rahie ,^ l'ancien, et que le public ne lardera |tas à l'apprérierà sa valeni-. V.w elTet, la plioti*{:ra|diie. suivie du jrillotajie. nous ivnd Ta-nviv do Parlisle Ini-ntême : c'est un fac-similé. Le gr*veur sur bois, au conlraiiv, est forcé d'interpréter, par des lignes ol îles l;nIlos réiiulières. mais froides, l'inlention du dessinaletir: I'o'umx' originale y |H>nl la majeure partie de soa eliarme. »
l'eu\ de nos kvleurs qui oui enliv les mains le bel oan^e d'Vtlvrl Jacquemart. VHisloirfdu moNUer. [>euvenl «mstaler la )usless<> de t'appi-xvulion qui préctnle. en admirant les 4**11 eaux-lorles t\[H»i:n)|diiqik^s qui illustrent cet ouvrage. Ce
:. Ifs**? ia. Thtif, fc»s.-«uoJ. .VlSfr.
PHOTOGLYPTIE. 631
sont autant de fac-similé photographiques des dessins originaux de M. Jules Jacquemart, le lils de l'auteur, fac-similé reproduits par le procédé Gillot. La planche XXV permettra à ceux qui ne possèdent point l'ouvrage dont nous parlons, d'en juger par un exemple.
§ 5. rHOTOGLYTHE OU PROCÉDÉ WOODBURY.
Un procédé curieux d'héliogravure, dérivé de celui de M. Poitevin, a été inventé par un photographe anglais, M. Woodhury, qui le désigne sous le nom d'impression eii relief ou de photoglyptie. Après avoir obtenu sur une feuille de tôle recouverte de gélatine bichromatée les reliefs et les creux provenant du gonflement inégal de la gélatine impressionnée à la lumière, la plaque est séchée à une douce chaleur. Les parties gonflées ou en relief sont les ombres de l'image. Cela fait, M. Woodbury soumet la plaque en relief recouverte d'une plaque de métal (mélange d'alliage dMmprimerie et de plomb) à l'action d'une presse hydraulique. Les reliefs de la gélatine s'impriment en creux dans le métal \
C'est la plaque métallique, le cliché ainsi obtenu, qui sert à l'impression. Mais ce mode d'impression est lui-même abso-
I. Celle opéralion semble au premier abord singulière, el le résultat en est assez extraordinaire pour que nous la décrivions en détail. Qu*un coin en acier imprime son empreinte sur un métal plus mou, bronze, or ou argent, cela se conçoit; on comprend moins comment une substance telle que la gélatine peut produire le même effet sur du métal. C'est que la gélatine durcie est extrêmement résistante et que l'alliage de plomb et d'antimoine est relativement plus mou. Sous l'action d'une force considérable et instantanée, l'empreinte se produit. CVst là un fait qui paraissait impossible avant l'invention de la pbotoglyptie.
Voici comment on procède :
Après avoir sécbé au chlorure de calcium la feuille de gélatine sur laquelle la lumière a permis d'obtenir une image en relief du cliché photographique, on la place sur une plaque en acier et on la recouvre, du côté du relief, d*une lame métallique (plomb et antimoine). On soumet l'ensemble à la pression d'uae puissante presse hydraulique ; cette pression, répartie sur la plaque, varie avec son étendue, mais elle n'est jamais moindre de centaines de milliers de kilogrammes.
En retirant l'ensemble de la presse, on voit sur la lame de plomb l'empreinte parfaitement exacte de l'image de la feuille de gélatine ; les reliefs sont venus en creux avec une fidélité admirable.
iument m-igiiial. Il consiste à verser une encre fluide (gélalitie colorée au ctiaibon nu aulremenl) sur le cliché, h placer auiIpssus lie l'encre la feuille de papier à imprimer el à soumetlre le tout à la presse {fi^. 350).
Qu'arrive-t-il alors?
C'est que la feuille de papier, pressée par une pla(iue th Yen'e. fait sortir par les bords du moule loul l'excès d'encre, el les creux seids se trouvent remplis. Aussitôt l'encre séehée et durcie, le papier crdcvé de In presse emporte avec lui la couche
{îélalineuse coloiée. Celle-ci forme alors sui' le papier un dessin en relief, qui dure d'ailleui's peu de temps, parce que, eu sérliant suv le papier, les épaisseurs de l'encre colorée se réduisent proporlionuellement. Mais partout où l'épaisseur do l'encre était plus consiiléralile. la teinte reste plus forte, elle \a vn se défrradant jusqu'au hlanc, en raison inverse <iu degré d'épaisseur, c'esl-à-dire de la forme du moule, ou enliu selon la force des demi-leinles el des lumières.
La |diotogly|ilie ne peut s'appliquer ([ii'à des planches d'éleiidne limitée, à cause de la |u-ession considérable qu'exige la pi'oduetion du cliclié métalliciue. Malgré les difficultés crois-
HELIOGHROMIE. 633
santés qu'on rencontre sur ce point, les perfectionnements apportés au procédé par M. Rousselon (de la maison Goupil), les épreuves photoglyptiques ont pu être successivement agrandies dans leurs dimensions.
« Ce mode d'impression, dit M. Davanne, se prête parfaitement à toutes les applications diverses de la photographie, et surtout à celles qui demandent un modelé délicat; aussi est-elle employée pour les éditions de portraits de personnages connus et pour la reproduction de tableaux. »
§ 6. HÉLIOCIIROHIE.
Disons eniui quelques mots d'un problème dont la solution est beaucoup moins avancée que celle de la gravure photographique, mais qui néanmoins a déjà été l'objet d'essais intéressants. Nous voulons parler de la reproduction des couleurs dans les images, sans autre intervention que celle de la lumière. On a donné à celle application particulière de l'art photographique et de la physique le nom Aliéliochromie .
Quand on regarde sur l'écran de la chambre noire l'image du paysage qui s'y trouve reproduit en miniature, tous les objets représentés se peignent au foyer comme en un miroir, avec toute la variété des nuances et des couleurs dont ils sont revêtus dans la nature. On comprend qu'on ait eu la pensée de fixer ainsi celle image si fidèle, mais comment? Existe-t-il une substance sensible qui, non seulement puisse être impressionnée différemment selon la couleur des rayons lumineux qui la frappent, mais garde encore celle impression exacte et la rende aux yeux telle qu'elle l'a reçue?
Tel est le problème dans toute son élendue. H est loin d'être résolu ; cependant ce qui a été déjà fait dans cette voie permet d'espérer que la solution n'en est pas impossible.
Dès 1848, iM. Edmond Becquerel annonçait à l'Académie des sciences qu'il était parvenu à fixer sur une même couche sen-
sible le Spectre solaire avec lotîtes ses couleurs. 11 prenait une feuille de plaqué d'ai^ent à la surface de laquelle il déposail une couche de chlorure par l'immersion dans une dissolution d'acide chlorliydrique actionnée par la pile. Quand lu couleur de la couclic sensible atloi^fnait, pour la seconde fois, une teinte violet-rose, il la soumettait à la lumière d'un spectre obtenu i l'aide d'une lentille. « La couche sensible s'impressionne alors en rouge dans te rouge, en jaune dans le jaune, eu vert dans le vert, en bleu dans le bleu et eu viulel dans le violet. La teinte rougeâlrc tourne au pourpre, à l'extrême rouge el même s'étend au delà de la raie A de Frauenhofcr; quant à la teinte vîolelle. elle continue bien au delà dç H en a'afiaiblissant graduellenicnl. En laissant continuer l'aelion du spectre, les teintes se foncent el l'image liiiil par prentlre réelat niélalMipie; les couleurs onl alors disparu. »
Ia's couleurs ainsi obtenues se conservaienl quelque temps dans l'obscurité ; mais elles disparaissaieni à la lumière du jour, et M. Becquerel ne |iarvint point à les fixer.
Chose curieuse, la lumière blanche s'imprimait en noir sur la plaque; mais, en recuisant la plaque à une température de 8(1 à lOO drpiés, la lumière blanche produisait une impression blanche.
Kn appliquant sni' la plaque cblorui'ée nnegravni'e coloriée. M. Kdmond Becquerel obtint aussi, par une exposilion suflisammeul i>rotongée à la lumièi-e solaii'e, la re[»roduelioTi dos couleurs de l'image; mais il fallait inlerposer un écran de sulfate de quinine pour enqiècher l'action des rayons ullra-violels. qui eussent domié à toute l'image une teinte grisâtre.
Parmi les lenlalives faites dans la même voie que celU' dt- M. Ed. Beccpierel, il faut citer celles de M. l'oilevin, (pii a obtenu la plupart des couleurs du spectre, principalement les couleur^ rouge, orangé et jaune sur un pa])ier au sel d'argent recouvert d'une couche formée par ime solution d'un bichi'oniale alcalin, mélangée elle-même d'une dissolution saturée de sulfate de cuivre et d'une dissolution à 5 pour 100 de chlorure de polas-
HÈLIOCHROMIE. 635
sium. Du papier ainsi préparé, soumis à Tinsolation pendant 10 minutes à travers une peinture sur verre, en reproduit les couleurs.
Malheureusement ces résultats, qui offrent un grand intérêt au point de vue de la science, n'ont pu entrer dans la pratique de l'art photographique. Ces couleurs données par la lumière ne restent sur la plaque sensible qu'autant qu'elles sont conservées dans l'obscurité complète ; on ne peut les observer qu'à la hâte, et à la lumière du jour elles ne lardent point à s'évanouir. Tous les efforts tentés jusqu'ici pour les fixer ont échoué.
Ne pouvant résoudre le problème dans son intégrité, quelques chercheurs ont essayé une autre voie. S'inspirant sans doute des procédés de la chromolithographie, ils ont songé à obtenir séparément les couleurs dont la combinaison est susceptible de reproduire les couleurs des objets. Avec trois épreuves, dont l'une donnerait le rouge, la seconde le jaune, la troisième le bleu, on pourrait, par superposition ou réunion, obtenir les couleurs composées. Deux photographes, MM. Gros et Ducos du Hauron, indiquèrent séparément cette solution. Voici, d'après V Annuaire photographique de M. Davanne, quel est le procédé de M. Ducos du Hauron.
On tire d'abord trois épreuves négatives dont l'une servira à faire le positif rouge, la seconde le positif jaune, la troisième le positif bleu. « Pour faire le négatif bleu, il faut éteindre toutes les teintes bleues simples ou composées du sujet à reproduire, afin qu'elles n'aient aucune action sur la couche sensible : pour cela, on doit prendre l'épreuve à travers un verre rouge-orangé. Après une pose, cpii sans doute doit être fort longue, on obtient une image dans laquelle le bleu et les composés n'ont eu qu'une très faible action sur la couche sensible, tandis que le jaune est suffisamment accusé. I^e cliché représentant le négatif du rouge s'obtient en éteignant les rayons rouges au moyen d'un verre vert. Pour le jaune, on prend l'épreuve en interposant un verre violet.
« Ces trois clichés servent à faire chacun une épreuve posi-
tive que l'on peut obtenir avec des mélanges de gélatine et de bichromate de potasse additionnés de la malii^re colorante nécessaire, soit un mélange rouge, un jaune, un bleu. Les surfaces gélatinées élant prêtes sur subjectiles transparents, on les impressionne sous les clichés corresjiondants. Celnl obtenu avec le verre bleu violacé est posé sur la couche jaune, et par le lavage on obtient une épreuve monocbrouie jaune; le cliché obtenu avec le verre vert est employé sur la gélaline rouge, celui qui résulte de l'interposition du verre rouge-orangé est rais sur la gélatine bleue. Après exposition, développement, dessiccation des images, celles-ci sont superposées et donnent répreuve polychrome avec toute ta série des dégradations de teintes. »
Les épreuves obtenues par M. Ducos du ilauron montrent que les choses se passent ainsi que l'indiquent les idées théoriques qui l'ont amené à formuler son procédé. C'est donc un résultat intéressant, mais il s'en faut encore que le véritable problème de la Uxalion des couleurs naturelles soit résolu.
I^ procédé de M. Gros ne dilîére pas en principe de celui que nous venons de décrire ; il consiste à prendre trois clichés du tableau coloré à reproduire, le premier à travers un écran vert, le second à travers un écran vinh't, le troisième à travers un écran orangé. Les écrans sont des cuves plates ou glaces contenant des substances colorées titrées. Dans le but de compenser l'inégal pmivoir actinique de ces lumières, l'inventeur impivgne les [)laques sensibles de certaines substances colorantes organi- (|ues, telles que la chlorophylle, la carlliamine, lecurcuuia. Enfin la couche sensible est elle-même constituée |»ar un collodiuii contenant ô pour 10(1 de bromure de cadmium qu'il plonge dans uu bain de 100 parties d'eau et de 20 de nitrate d'argent. Ajirès lavage, on ti'cmpe dans une solution de bromure de potassium et la couche est alors imprégnée de la substance organique.
L'image héliochromique définitive s'obtient ensuite en tirant avec les trois négatifs ainsi obtenus les trois couleurs rouge, jaune et bleue dont la superpositio'n doit donner les diverses teintes colorées du tableau.