‹ Le monde physique (volume 4)Chapitre 177 sur 190 · ET NATURELLES · texte numérisé non relu

ET NATURELLES

Tels sonl, dans leurs trails les plus essentiels, les procédés de cet art nouveau, Tune des applications les plus originales des lois de la physique combinées avec celles de la chimie. Tels sont les principaux progrès réalisés depuis Daguerre. Nous n'avons fait, bien entendu, que donner une idée des méthodes diverses qui constituent la pratique photographique, en essayant de les rattacher aux principes de la science ; mais tout n'est pas expliqué encore dans les réactions que détermine l'influence des ondes lumineuses, et c'est aux physiciens et aux chimistes, plus qu'aux photographes de profession, même les plus habiles, qu'incombe la tâche de dissiper l'obscurité qui règne encore sur ce point.

Telle qu'elle est, la photographie a déjà rendu aux arts et aux sciences les plus éminents services. Elle est elle-même, à un certain point de vue, un art cpii exige de ceux qui le cultivent des facultés indépendantes de l'habileté technique. Le choix des sujets, dans le portrait comme dans le paysage, l'arrangement des poses, l'étude de l'éclairement le plus favorable à une reproduction véritablement artistique, supposent des facultés que l'éducation peut développer si le sentiment intime préexiste, mais qui ne sont pas données à tous les praticiens.

LE MONDE PHYSIQUE, quelque familiarisés qu'ils soient avoc les raanijnilations pliolngraphiques.

Quant aux services rendus aux sciences et aux aris par la jtholograpiiie, ils sont, nous le réitélons, incontestables. Grice à elle, les productions de l'art dans tous les pays du monde sont reproduites avec une fidélité irréproclialde. Cela est de luule évidence pour les vues des monuments d'architecture, aiiiiii que pour les teu\ros de la sculpture. Tous les objels en

lelief oITient une iieltetédans les délitilscl dans reiiseuilde, nui' exaclilnde dans le dessin que la giavure égale à t.'ratid'|ic'iii', qu'elle ne peut, en tout cas, surpasser. D'aîlleui-s. les vues pliolograpliiipios de ce genre sont les plus utiles auxiliaires du dessiiialeui-, du graveur ou du peinlie. Il n'en est jias tout à lait ainsi pour les tableaux jieiuts, paice «pie les diverses couleurs n'ont |ias la nièiue action pliotogénique sur les substances impressionnables : ainsi, les bleus viennent (dus clairs, les jaunes et les vei-ls sont souvent noirs, de sorte que la re]»roduetioii d'un tableau peint, bonne pour le dessin, est en général nié-

diocre au point de vue de la couleur. ïjes copies de ce genre n'en ont pas moins le charme d'une fidélité que les copies peintes ne peuvent égaler en ce qui concerne le dessin el l'ensemble'.

Les fac-simile des gravures anciennes ou rares, dont les planches originales ont disparu ou sont usées, sont admirablement reproduits par la photographie , et là encore celle-ci

Fig. 352, — Une puce. Fac-simile d'une photagra[Aie microsMipiqiie.

rend et ne cessera de rendre aux artistes et aux amateurs des services signales.

I^s réserves qu'il faut faire au point do vue puremciil artistique n'existent plus, si nous passons aux applications de la photographie aux sciences positives, physiques et naturelles.

1. I les arlinles commencent à iiiieui a|>|)ri';cier tous les avantagea que leur offre h plniluftraphie pour U vulgarisation île leurs (cuircs, cl il en csl peu iiiainlenanl qui songent îi réclamer le secours de U graiurc au burin. La pholD^rapliie. en elTel, leur oITre de numbreuKS ressources, aicc une rtpîdilé d'eiéculion que le graieur ne peut leur donner. ka*»i tobloui, dessins à la plume, au crajon, au fusain, passenl-ils maintenant dans l'alelier du photographe et, suivant le goùl ou les iniculions de l'artiste, ils peuvent âlrc rendus par les diten procédés photographiques. • (Danone.)

eW) LE MONDE PHYSIQUE.

I^ géographie, rdlinologic, l'arilliropologie eu prontcnt les

preniiùix's. Lii reproduclion des siles, des montagnes, cl de leur

|u-ofil, de leurs dispositions naturelles, celle des villes, des

monuments, des jtojts, des liabitants des divers pays, de leurs

costumes, des objets de toute sorte, ustensiles, armes, etc..

suuL désormais h Vahn de rinlialiilelé des dessinateurs, de l'iii-

fidélité souvent involonl^iire, quelquefois voulue, des narralours.

des voyageurs, le jirocédé ne pernieftant aucune exagération, ni

flatterie, ni dénigrement. Quelle ])réeiense ressource, surtout

]iunr les anihrupologistes

qui pourront rasscmiiler

ainsi désormais les types

vrais des races humaines

cl de leurs innuinhrahlfs

variétés !

l/histoire naturelle. la médecine, l'analomic et la physiologie ne sont pas moins intéressées au.\ applications de ta photographie par les rc?souices inlitiies qn'ell<s peuvent en lirei' pour leurs éludes spéciales.

Les pré[>aralions qui ne peuvent se conserver qu'à grands frais, les anomalies végélak'S ou animales, ou humaines, une fois fixées ]»ar la lumière avec leurs véritables formes, leurs parliculaiilés les plus minulieusofi. ainsi muUii)liées jiour les savants, mulliidieront de même les sujets d'étude en servant de base certaine à la discussion des hommes de science. Giàce à la [ihotomicrographie el aux procédés d'agrandissement, l'étude des tissus végétaux el animaux, celle des êtres infiniment petits que révèle le microscope, reçoit et recevra de plus en |»lns un secours inunense. Il est inutile d'en dévehipper les raisons, i'.c que nous avons dit pour

l*hommc et les races humaines, on peut le répéter pour les innombrables espèces animales et végétales, que des dessinateurs d'une grande habileté savent sans doute reproduire, mais non sans beaucoup de temps et de travail. D'ailleurs, ces dessinateurs de talent sont rares. Chaque explorateur, chaque voyageur dans des contrées inexplorées ou mal connues, ne peut prétendre à posséder cet art difficile. Muni d'un appareil photographique et des substances convenables, il peut obtenir, avec un travail et un temps relativement minimes, une masse considérable de documents qui auront surtout cela de précieux, qu'aucun doute ne peut subsister sur la fidélité de l'agent qui les a dessinés et fixés.

§ 2. LA PHOTOGRAPHIE APPLIQUÉE A l'aSTRONOMIR.

De l'infiniment petit, la photographie a pu passer à l'infiniment grand. Les phénomènes célestes n'ont pas échappé à son action. On a photographié le Soleil et ses taches, la Lune et ses montagnes, les éclipses et les particularités physiques qu'elles ont offertes; on s'est essayé sur les planètes et sur les constellations étoilées.

Le dernier mol n'est pas dit sur les services que l'astronomie retirera peut-être un jour de cet art merveilleux de la photographie; mais quelle que soit l'importance de ceux qu'elle a déjà reçus, peut-être n'a-t-on pas toujours bien compris le véritable rôle de la photographie astronomique et l'influence qu'elle |)eul avoir sur les progrès de la science elle-même. Tous les astronomes ne sont pas d'accord à ce sujet, et nous croyons qu'on lii-a avec intérêt les remarques et les réserves faites, il y a une douzaine d'années, par un astronome qui avait autant d*expérience et de science que de modestie, l'auteur de la Sélénographiey le vénérable Mœdler. Nous ferons suivre ces observations d'un court résumé des progrès réalisés par la photographie céleste dans ce court intervalle de temps, et Ton

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