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LES RAIES DU SPECTRE SOLAIRE

Gomme on peut s'en assurer, les raies A, B, G, se trouvent toutes les trois dans le rouge, la première à l'extrémité du spectre, la seconde au milieu du rouge, et la troisième à peu de dislance de l'orangé. La raie double D forme à peu près la limite de l'orangé du côté du vert; E est au milieu de cette der^ nière couleur; F au milieu du bleu; G et la double raie H sont l'une à la iïn de l'indigo vers le bleu, l'autre à la fin du violet. Deux autres groupes de raies ont été désignés par les letti'es a eib. Van dans le rouge, l'autre dans le verl.

Depuis 1817, époque à laquelle Frauenbofer découvrit les raies qui portent son nom, de nouvelles lignes sombres ont été observées, cl l'on évaluait, il y a quelques années, à plus de 2000 celles dont la position avait été déterminée. Aujourd'hui ce nombre est doublé. M. Thollon, appliquant à l'analyse de la lumière solaire un spcctroscope à vision directe de son invention', a obtenu un spectre de 10 mètres de longueur entre les raies A et H. Sur cette étendue, il a pu dessiner 4000 raies. Le spectre obtenu par Angstrom contenait 1*500 raies sur une longueur de 3 mètres.

On peut se faire une idée de cette multitude de stries par

Fig. m. — Raies du groupe B vues dang le gpectroscopc à

n directe de H. A. Thollon.

l'examen de la figure 113, qui reproduit une portion du spectre solaire comprise entre les raies principales D et E. Les figures 114, 115 et 116, qui représentent les groupes B, D et & de Frauenbofer, donnent une idée de la richesse des détails que le perfectionnement des procédés d'observation permet aujour-

I. Le s|ieclroscojic de H. Thollon a un pouvoir dispci'^ir énorme, qui étjiuvaul, dil-il, îi celui de 16 pisines i sulfure de ciiboDe de 60" ou de 31 prisme* de flinl.

d'hui d'explorer. Brewsler, un des physiciens qui se sont le plus occupés de ces recherches, oulre les précautions indispensables pour obtenir un spectre bien net et bien pur, augmentait la sensibilité de sa vue à l'aide du gaz ammoniac, dont Paction dissolvante détruit le voile fluide qui recouvre la surface de l'œil.

Fraueuliofer ne se borna point à étudier les lignes qui rompent la continuité de la lumière dans le spectre solaire. 11 appliqua ses belles méthodes d'observation aux spectres des autres sources de lumière. Et d'abord, comme on pouvait le pressentir, il trouva les mêmes raies dans les sources lumineuses qui renvoient par réflexion la lumière du Soleil : la lumière des nuages ou du ciel pur, celle de la Lune et des planètes. Les raies y sont, à la vérité, d'une intensité moindre. En observant les étoiles les plus brillantes, par exemple le spectre de Sirius, il trouva que ce spectre est aussi strié de raies sombres; mais ces raies, beaucoup moins nombreuses, ne sont pas distribuées

Fig. 115. -~ Rait^i du groii|>c », d'.npi-ès H. Thollon.

iupeb, d-iprès H. TIioIIod.

du la même laçon que dans le spectre solaire; d'ailleurs, elles changent aussi d'une étoile à une autre. Enfin, il appliqua la même méthode à la lumière clectiique : au lieu de raies sombres, il vit dans le spectre de cette lumière un certain nombre de raies lumineuses.

Telles sont les célèbres expériences qui ont servi de point de départ à une série de brillantes découvertes, dont l'ensemble constitue aujourd'hui une des branches les plus importantes de

Toplique et, pour la chimie, la plus ingénieuse et la plus délicate méthode d'analyse. Essayons maintenant de donner une idée de celte méthode, connue sous le nom di analyse spectrale.

§ 4. analyse spectrale. — méthode, lnstruments et trocédés

d'observation.

Le spectre solaire et les spectres stellaires sont, comme on vient de le voir, sillonnés de raies sombres qui indiquent des interruptions dans l'émission de la lumière et prouvent, contrairement à ce qu'on avait cru d'abord, qu'il n'y a pas, dans ces sources, de rayons possédant tous les degrés possibles de réfrangibilité. Le contraire a lieu pour les spectres des corps incandescents à l'état solide ou à l'état liquide : les spectres de leurs lumières sont continus.

D'autres sources lumineuses donnent des résultats diflérents. Quand on introduit dans une flamme arliliciclle, par exemple dans celle d'un bec de gaz ou d'une lampe à alcool, certaines substances métalliques que la haute température de la source réduit à l'état de vapeurs, on n'observe plus de spectres continus, mais quelques raies brillantes séparées par de larges intervalles obscurs. C'est ce qu'avait déjà remarqué Frauenhofer.

Depuis, le même fait a été étudié sous toutes ses faces et par diverses méthodes. On a reconnu que les raies brillantes des vapeurs métalliques varient en nombre et en position suivant la nature du métal ; leur intensité varie aussi avec la température; mais, de même que les raies noires du spectre solaire, elles occupent toujours les mêmes positions relatives, dont on a déterminé la concordance avec quelques-unes des premières.

On donne le nom de spectroscopes aux instruments qui servent à analyser les diverses sources de lumière, c'est-à-dire à étudier la composition des spectres que produisent ces lumières, lorsqu'elles sont réfractées par un ou plusieurs prismes.

Mais, avant d'insister sur les caractères que présentent les

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