‹ Le monde physique (volume 4)Chapitre 67 sur 190 · INCANDESCENCE DES SOLIDES · texte numérisé non relu

INCANDESCENCE DES SOLIDES

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^es gaz, des flammes, dont nous parlerons dans le paragraphe i^ vivant.

Si maintenant on élève de plus en plus la température aucïcssus de 500*, l'intensité de la lumière émise va en augmen- , sa teinte change, devient de plus en plus blanche, ce qui vient à dire qu'elle se compose de rayons de plus en plus ^ngibles : « De sorle, dit M. Becquerel, qu'à une tempéraqui ne dépasse pas beaucoup celle de la fusion de l'or, la ière émise est sensiblement blanche, et donne des rayons pris entre les limites de réfrangibilitc des raies obscures A IMI qui terminent les deux extrémités visibles du spectre ire. »

oici, pour le platine, à quelles températures s'obtiennent diverses teintes qui se succèdent depuis le rouge sombre ^u'au blanc le plus intense. Elles ont été déterminées, à 50*^ ^^s, à l'aide du pyromètre de M. Pouillet :

Rouge naissant Rouge sombre.

Cerise naissant.

Cerise

Cerise clair . .

Orangé foncé 1100^

Orangé clair HOO*

Blanc 1300«

Blanc soudant .... 1400^

Blanc éblouissant. . . 1500*

s expériences dues à M. Becquerel il résulte qu'un cer-

» nombre de corps opaques, les métaux inoxydables comme

platine et le palladium, le charbon, l'asbeste, la chaux, ont

siblement le même pouvoir d'irradiation, à mesure que la

pérature s'élève ; jusqu'à leurs points de fusion, les métaux

^dables comme le cuivre sont doués d'une moindre irradia-

n : ce qui lient sans doute à la couche d'oxyde qui les enve-

pe; mais, une fois le point de fusion atteint, l'intensité de la

^niière devient à peu près égale à celle du platine. Au con-

sire, Targent incandescent donne toujours une lumière et plus

^e et plus blanche que celle de ce dernier métal.

Divers physiciens, MM. Draper, Zoellner, E. Becquerel, ont

^^Vierché à évaluer l'intensité de la lumière émise par le platine

^^ tout autre corps incandescent, à des températures de plus

en plus élevées, et il résulte de leurs expériences que cette intensité va en croissant très rapidement, a En représentant par Tnnité, dit M. E. Becquerel, l'intensité de la lumière émise an moment de la fusion de Targent (9i6*) par un corps tel que le platine ou un fragment de magnésie ou de chaux placé à cMé, à 600* il n*y a environ que les 3 millièmes de cette intensité lumineuse, à 700* les 2 centièmes, à 800* le huitième enTiron« et à 900* les trois quarts. Lors de la fusion de Tor (1037*), Tin^ tensité lumineuse par irradiation serait plus de 8 fois plus forte que lors de la fusion de l'argent, et lors de la fusion du cuivre 69 fois ; à 1200* cette intensité deviendrait 147 fois plus forte, Â 1500*, dans cette hypothèse, près de 29000 fois, et à 200*, limite des observations avec le charbon polaire positif d'une pile, 191 millions de fois; mais ces deux derniers nombres supposent que la loi d'accroissement de Tinlensité lumineuse reste la même au delà de 1200*, ce qui n'est pas prouvé. 3» (La Lumière f L) En restreignant dans la limite des expériences les résultats ainsi obtenus, on voit que la lumière émise par un corps solide incandescent est 45 900 fois plus intense à la température de 1200* qu'à celle de 6U0*, qui est celle du rouge sombre.

La lumière émise par un solide ou un liquide incandescent jouit d'une propriété caractéristique qui a été mise en évidence par Ârago, et dont il sera question dans un chapitre ultérieur : elle offre des traces de polarisation sous un angle suffisamment petit. « On a cru pendant longtemps, dit-il, que la lumière, émanant de tout corps incandescent, arrive à l'œil à l'état de lumière naturelle, lorsque dans le trajet elle n'a été ni partiellement réfléchie, ni fortement réfractée; mais c'était là une erreur. J'ai reconnu que la lumière qui émane, sous un angle suffisamment petit, de la surface d'un corps solide ou d'un corps liquide incandescent, lors même que cette surface n'est pas complètement polie, offre des traces évidentes de polarisa'tion, en sorte que, pénétrant dans la lunette polariscope, elle se décompose en deux faisceaux colorés. La lumière qui émane

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