COULEURS DE LA LUMIÈRE POLARISÉE
crelles, on n'oblient d'images colorées que si celte épaisseur est comprise entre certaines limites. Ainsi une lame de sulfate de chaux doit avoir plus de 0"'",425 et moins de l'"",27 d'épaisseur ; une lame de'mica, moins de 0""",085 ; une lame de cristal de roche, moins de 0""",45. 11 est difficile d'obtenir des couleurs avec le spath d'Islande, parce qjie l'épaisseur de la lame ne doit pas dépasser la quarantième partie d'un millimètre.
L'inclinaison de la lame sur la direction des rayons polarisés Fjiflue sur les couleurs, qui varient rapidement quand cette linaison varie. Ëniin, l'épaisseur, pour une même inclinaide la lame et une même position du prisme, influe aussi t JiL- les couleurs des images, et M. Biol a trouvé que les lois de b:^ dation de ces nuances sont précisément celles que Newton a vées pour les anneaux colorés des lames minces, obtenus la superposition de deux lentilles ; mais les épaisseurs des es biréfringentes, qui correspondent aux couleurs des divers Tes de Newton, sont beaucoup plus considérables que celles a lame d'air comprise entre les lentilles. 11 se sert de cette propriété du changement de couleur des ges avec l'épaisseur pour produire des effets variés et cu- IX. Si, après avoir collé sur du verre une lame de gypse, on euse une cavité de forme sphérique à grand rayon, et qu'on serve dans l'appareil de Biot, de sorte que la lumière qui ^ive à l'œil après avoir traversé la lame de gypse et l'analy- ^^ », ait été préalablement polarisée, on aperçoit une série ^^^raneaux colorés concentriques, comme ceux qu'on voit autour ^ ^oint de contact de deux lentilles. En gravant en creux sur ^ame divers objets, des fleurs, des insectes, des papillons, on ^^Vi.1 calculer les profondeurs de la gravure, aux divers points, ^^ manière à reproduire les couleurs vives et variées des objets ivaturels. « Autrefois on faisait mieux, disait récemment M. Berlin dans une intéressante conférence sur la polarisation : on profitait de la circonstance pour rendre hommage à l'auteur de ces belles expériences. Au milieu d'une couronne de feuillage apparaissait le nom d'Arago avec la date de sa découverte. Du
vivant du grand homme, c'était peut-ôlre iine flatterie; mais maintenant qu'il n'est plus, la suppression de cette expérience
Vi?i\m.
poliirisi-t^ ilnnfi les lamns minces.
(dans les cours de physique) est un acte d'ingratitude : nous ■— ^** ouhlions nos morts pour courir après les ^^ papillons. »
II serait Juste de joindre au nom d'Arago celui de Brewster, qui a fait de son cAté, et à la même époque, à peu près les mêmes * découvertes, et à qui l'on doit notamment -^ celle des anneaux colorés dans les cristaux ^ à un et à deux axes.
Avant d*(^nlrcr dans quelques détails sur '* ces j)! lé nom ("'tirs l'omarquahles, disons que ■^« lo verre qui, à l'état ordinaire, n'est jkis j^-ît
snsceplilile de donner les couleurs obser ""
vées dans les lames crislallisées, acquierl # '-i
cette i)ropriélé par la trempe, par la flexioTW »"
et la conipres^sion, et par l'aclion de la cha — ^
leur. Les lifïures tiO.' et 204 montrent quel — f
qucs-unes des apparences offerl^'S dans ces ■^"^
diverses cii'conslances par des plaques d» ^
veiTc d'une certaine épaisseur, et de form» ^~ -
rectangulaire nu carrée. C'est à Seebecr -^^^
(1815) qu'un doit la découverte de ces phc!-=^^
nomènes. de même nature que ceux d(Uilnous venons de donndU^^^^
COULEURS DE LA LUMiftHB POLARISEE. SU
In description. Voici encore une expérience curieuse de Biol, mpportéc par M. Daguin dans son Traité de Physique : « Ce snTonl iiyant excité des vibrations longitudinales dans une bande de verre de 2 mètres de longueur placée entre le polariscope et les polariseurs de son appareil, disposé pour donner l'obscurilé, vit, à chaque friction, jaillirnne vive lumière, dont l'éclat et la couleur dépendaîenl du mode de frottement et de son énei^e. »
Les coulenrs de la lumière polarisée produites par le passage d'un faisceau de cett^ lumière î'i Iravers une lame mince eris-
Fig. 304. — Coiiktiint do h luit
t^MUsée dépendent, ainsi que nous l'avons vu plus haut, de J'^jaisseur de la lame : elles varient si cette épaisseur varie ell^^même. Mais pour une même épaisseur la teinte est unifoB'iïae, parce que tous les rayons qui composent le faisceau sont pax-aiièles, et dès lors parcourent le même espace à l'intérieur <*e lï»lame.
Si , au lieu d'un faisceau, c'est un pinceau conique de lu- "**^ï*e polarisée qu'on reçoit sur la lame, de façon que l'axe du *^ooe soit perpendiculaire à la surface de celle-ci, il esl clair *1^^ les rayons parcourront, à l'intérieur du cristal, des che- "*>ns d'autant plus longs qu'ils seront plus éloignés de l'axe, et
lîi teiiiU» (jue prendra la lame observée à l'aide crun anaLyscui; ne sera plus uniforme. On voit alors des systèmes d'anneaux colorés dont la forme et les leinles varient selon qu'il s*agitd'mi crisUilàun ou à deux axes optiques, et selon la position du polariscope par rapport au plan de polarisation. Voici comment on procède pour obtenir ces beaux phénomènes, en partie repï»^; duits dans la planche Vil :
On prend une pince à tourmaline (lig. 205). Cet instrument consiste en deux anneaux métalliques, qu'un ressort en forme
(le pince presse l'un contre l'autre, et dans chacun desquels se trouve enchâssée une plaque de tourmaline; chaque plaque peut tourner dans son anneau, de sorte qu'on peut donner: à volonté toutes les positions angulaires possibles aux axes des deux cristaux biréfringents. On interi)ose entre les deux anneaux la plaqui mince cristallisée, de spath d'Islande pa exem})le, fixée à un disque de liège que li pression des anneaux maintient entre le tourmalines. On n'a qu'à regarder alors l lumière du ciel à travers le système des trois lames pour apercevoir les anneaux colorés - La lame de tourmaline, touniée vers le ciel polarise la lumière des nuées, qui, aprè^ avoir traversé cette première plaque, converge vers l'œil passant par la lame de spath et la seconde tourmaline.
Supposons qu'on ait disposé d'abord les deux tourmalines d manière que leurs axes soient perpendiculaires : le plan pri mitif de polarisation est alors parallèle à la section principal (le la tourmaline qui sert de polariscope. On voit alors unsérie d'anneaux concentriques irisés, traversés par une croir noire (planche Vil, lig. 1). Si l'on fait alors tourner le polar scope de 90\ les axes des tourmalines senmt parallèles, et 1 section })rincipale du polarisco|)e sera à angle droit avec le pla de polarisation. La croix noire se trouve alors remplacée p
à I ou rmali no.
AHHSAU3C COX.OR£S
dans les cristaux birefrineenls
A ON AAE ET À OEUK AXES