LA LOUPE
convexes dont les convexités se regardent, soit de deux lentilles toutes deux achromatiques formées chacune, comme on le verra plus loin, de deux verres convenablement choisis. Les courbures peuvent être calculées de manière à détruire l'aberration de sphéricité.
Les loupes que représente la figure 274, 11, 12, 14 et 15, sont employées par les naturalistes. La même monture renferme deux ou trois grossissements différents : on nomme alors ces instruments biloupes et triloupes.
La loupe péinsc&pique de Wollaston et la loupe de Brewster ou de Goddington ont cela de commun que le diaphragme est
Fig. 275. — Porte-loupe.
Fig» 276. — Porte-loupe, autre modèle.
placé à l'intérieur, dans la masse du verre ; mais la dernière est un secteur cylindrique découpé dans une sphère : le milieu du cylindre est taillé en gorge de manière à former diaphragme. On peut avec cette loupe obtenir des grossissements de 50 fois. La loupe Stanhope est aussi formée d'un cylindre de verre, mais la courbure des deux surfaces n'est pas la même. Eu appliquant sur la surface la plus plate les petits objets transparents qu'on veut étudier, les graines de pollen, les écailles des ailes de papillon, etc., et en regardant par l'autre face du coté du jour, on obtient l'image éclairée et amplifiée de l'objet avec un grossissement qui peut atteindre 40 fois.
ir.
g 2. LE MICROSCOPE 5Din.E. — DOUBLET DE WOLLASTOll.
Le microscope simple (invenlé par Cuff, el qu'on nomme aussi microscope de Raspail) est une loupe montée sur un support en cuivre, qui soutient lui-même une plaque ou porte-objet $m laquelle se pose l'objet qu'on veut étudier, el, plus bas, un miroir plan ou concave, destiné à projeter la lumière du jour sur le même objet. Par le jeu d'un boulon et d'une crémaillère, on peut élever ou abaisser soit la loupe, soit le porte-objel, pour mettre au point, c'est-à-dire pour les placer l'un et l'autre dans la position la plus favorable à la production d'une image nelle,
Fig. 377. — Microscopes simpli
position qui varie selon les individus ou selon les grossissements employés. La plaque est percée d'une ouverture qui laisse passer la lumière envoyée par le miroir, el l'objet se pose sur une lame de verre au-dessus de l'ouverture.
On fabrique aussi des microscopes simples plus compliques, comprenant deux loupes qui peuvent prendre des directions plus ou moins inclinées, de façon à rendre possible l'exanieD de l'objet sur toutes ses faces.
Au lieu d'une loupe simple, on adapte souvent au microscoi)e une loupe formée de deux verres séparés par un diaphi-agme dans le but de détruire l'aberration de sphéricité el d'avoir une
loupe achromatique : c'est le doublet, inventé par Wollaston ; la figiire 278 donne, avec la vue d'un microscope simple à doublet, la coupe d'un doublet perfectionné par Cli. Chevalier. La
Fig. !'8. — Microscope simple h doublet. Doublet de Wollaston, modifié par Cb. QiertHer.
loupe composée (fig. 279) remplit le même objet; elle est constituée par des loupes à lentilles convexes, de grossissements et de champs différents, qu'on peut superposer à volonté.
La loupe et le microscope simple ont rendu aux sciences de grands services. Ce dernier est employé surtout pour la préparation et la dissection des objets, notamment pour l'anatomie végétale, car les histologistes lui préfèrent, pour la dissection des tissus animaux, le microscope composé. Dans ce cas, on dépasse rarement les grossissements de soixante fois, parce que, avec des amplifications plus fortes,
le foyer de la lentille est si court rig. 279. — Loupe composée, que la place manque au-dessous
pour la manipulation. Pour les simples observations, on peut employer des doublets qui grossissent jusqu'à 500 fois; mais, en ce cas, le foyer de la loupe n'est que de 0'°'°,45, pas la moitié d'un millimètre.
g 3. LE HIOIOSCOPE C09P0SË.
Dans le microscope composé, i! y a deus systèmes de lentilles : l'un qu'on nomme Voculaire, parce que c'est celui qu'on place près de l'œil ; l'autre, Vobjectif, ainsi nommé parce qu'il est tourné vers l'objet dont il s'agit d'obtenir une image amplifiée.
L'objectif est une lentille biconvexe qui fournit une image réelle, déjà grossie, mais renversée de l'objet. C'est cette image qu'on examine à l'aide de l'oculaire, lequel joue ainsi le rôle d'une loupe : seulement , cette loupe sert à voir et à amplifier, non plus l'objet, mais son image.
La figure 280 montre quelle est, dans le microscope composé, la marche des rayons lumineux. O'est l'oculaire, et 0 l'objectif, au devant duquel on voit le petit objet bu.
L'objectif produit en a,b„ qui est le foyer de la loupe oculaire, une image agrandie qui sert à son tour d'ob- Fig. 880. — Marche des rayons jet : Cette image est renversée, el lumJDeui dans le microscope comme l'oculaire nc fait que l'am-
compose. »
plifier sans la redresser, l'œil voit l'objet lui-même renversé, comme s'il était en AB, c'est-à-dire à la limite inférieure de la vision distincte.
Tel est l'appareil optique du microscope composé réduit i son expression la plus simple. Mais il y a lieu, comme pour U loupe, de corriger les défauts, soit de l'objectif, soit de l'oculaire, au point de vue de l'aberration de sphéricité et de l'aberration de réfrangibijilé.
On corrige le premier défaut en limitant l'étendue de l'image
réelle au moyen d'un diaphragme placé au foyer de Toculaire, c'est-à-dire en a,b,. Mais, comme on limite aussi de la sorte le champ du microscope, on emploie un oculaire d'un grand diamètre, ayant par conséquent un champ plus étendu. Dans le même but, on se sert aussi pour oculaire d'un système de deux lentilles plan-convexes dont la convexité est opposée à l'œil.
Fig. S81. — Oculaire achronutique de Campani.
Tel est l'oculaire de Campani , qui a en môme temps la propriété de détruire l'irisation des images ou de rendre l'objectif achromatique. Voici comment ce but se trouve atteint.
SI est un pinceau lumineux parti des bords de l'objet; en se réfractant il se divise en rayons colorés, les rouges suivant la direction IR , les violets la direction IV, de sorte que l'œil verrait le bord de l'objet irisé, si le second oculaire V ne rendait les rayons colorés parallèles en 6, où ils forment de la lumière blanche. C'est là que l'œil se place pour observer. Fig. ass. - Objeciif
* achromatique.
L'achromatisme s'obtient aussi en composant l'objectif de deux lentilles, l'une B de flinl-^lass, l'autre A de crov\n-glass, celle-ci biconvexe et celle-là divergente (fig. 282).
Le grossissement que donne le microscope composé est une combinaison du grossissement de l'objectif multiplié par celui de l'oculaire. Supposons l'image réelle fournie par le premier système amplifiée vingt fois; si l'oculaire la grossit encore cinq fois, il est clair que le grossissement total sera de 100 fois.
Dans tout cela, il n'est question, bien entendu, que du grossissement linéaire ou en diamètre. Le grossissement en surface
est évidemment égal au carré du nombre qui mesure le premier. Ainsi, pour une amplification en diamètre de 50, de 100, -de 500, la surface de l'objet se trouve amplifiée 2500, 10 000, 250000 fois. D'après M. Arthur Chevalier, on construit aujourd'hui des microscopes composés dont les systèmes optiques sont divisés en neuf séries, selon le grossissement, depuis le nM, qui donne un pouvoir de 25 à 50 diamètres, jusqu'au n'9, qui grossit de 600 à 1300 fois. Avec cette dernière amplification, les surfaces sont multipliées par le nombre énorme 1690000. Il est donc possible d'apercevoir des parties de la matière qui ont moins d'un millième de millimètre d'étendue*. Mais il ne faut pas oublier que l'art d'observer au microscope ne s'acquiert que par une longue habitude :. l'ioeil a besoin de faire son éducation pour utiliser les grossissements les plus forts, et les étudiants qui veulent arriver à l'habileté des maîtres, feront bien de commencer leurs observations par l'emploi gradué des faibles amplifications. Faisons aussi observer que plus le grossissement est considérable, plus la lumière qui est répandue sur l'objet et qui le rend visible se divise et se diffuse, plus il. est donc nécessaire d'employer une lumière vive pour éclairer l'objet.
1. Grâce à Texigence toujours croissante des mierographes et ^ Thabileté pratique des opticiens, on construit depuis une vingtaine d'années des objectifs achromatiques qui permettent des grossissements bien plus considérables que ceux que nous venons de citer. Voici ce que dit sur ce sujet M. le docteur J. Pelletan, qui a publié un ouvrage très apprécié intitulé le Microscope et $ei uuiges : « On s*est aperçu qu'en combinant plusieurs systèmes de lentilles suivant des formules diverses, on |)ouvait arriver à agrandir considérablement Tangle du cône lumineux admis dans l'objectif. Hais cela n'était possible qu'avec une distance frontale extrêmement courte. En revanche, on obtenait avec ces objectifs à grande ouverture des images bien autrement parfaites qu'avec les anciens objectifs à petits angles. Vonot qu'on pouvait utiliser ces objectifs h très courte distance, les opticiens en ont profité pour •diminuer encore le rayon de leurs lentilles, diminuer par conséquent le foyer et angmeoter le grossissement. Ils sont arrivés ainsi à réaliser des amplifications formidables. Hais il oe ' faut pat oublier que les chiffres donnés dans les catalogues sont le plus souvent fantabisles. • Le docteur Pelletan cite un microscope construit par l'opticien américain Toiles, doot le grossissement ierait de 15000 diamètres avec un objectif de 1/75 de pouce, et un ocubii^ de 1/S pouce h. la distance de 25 centimètres. Hais il ajoute : « Je dis serait, car je ne croi5 pas que pratiquement cet objectif puisse être utilisé avec un tel oculaire. Il est très difficile de maniement, comme on le comprend ; on ne peut s'en servir qu'au fond d'une cave pour éviter les vibrations. »
Passons maintenant en revue quelques-unes des dispositions
adoptées par les constructeurs pour les microscopes composés.
Gomme dans le microscope simple, on distingue trois parties principales dans le microscope composé : l'appareil optique qui contient l'oculairç et l'objectif, renfermés dans un môme tube, le porte-objet qui prend des formes variées, mais qui est le plus souvent formé par une plaline percée d'une ou plusieurs ouvertures circulaires sur
, ,', , . Fis. 385. — Microscope coinposé,
lesquelles on pose le verre qui porte monte sur si boite.
l'objet, enfin le miroir qui réfléchît
la lumière sur le verre et l'objet lui-même. Si l'objet n'est pas
Fig.284. — HicroacopcinclinaaldeNachet. Fig. 385. — Microscope horizontal d'Ajnici.
transparent, on l'éclairé par-dessus au moyen d'une lentille disposée latéralement et pouvant se mouvoir en divers sens.
50fc LE MONDE PHTSIQUE.
Tantôt le tube optique est vertical (fig. 283 et 286), tontAl il est susceptible de s'incliner obliquement (fig. 284), tantôt enfia, comme dans le microscope d'Amici (lig. 285), il est coudé à angle droit : la partie horizontale renferme l'oculaire, la partie verticale l'objectif; à leur rencontre, un miroir incliné à 45 degrés, ou un prisme, réfléchit les rayons lumineux sortis de l'objectif et les renvoie horizontalement dans l'oculaire.
V\g. SHti. — Obscnalîon au microscope composé.
Pour obtenir des images qui donnent la sensation du relief, laquelle n'existe pas quand on observe avec un œil seul, M. Nachet a construit des microscopes où l'appareil optique est double : c'est ce qu'on nomme le mici'oscope binoculaire (fig. 288). Quand nous étudierons la vision stércoscopique, on comprendra la nécessité de celle disposition, qui met Tobserteur en garde contre des illusions forcées, illusions provenant de la façon dont se trouvent éclairés les détails d'objets qu'il
éludie souvent pour la première fois et dont la structure réelle lui est inconnuie.
Le même constructeur fait des microscopes à trois corps, qui permettent robser\'alion simultanée par trois personnes difTérentes. Ces instruments sont précieux dans l'enseignement de la micrographie. Dans les microscopes à deux ou trois corps,
Fig.'SSl. — Microscope ï Irois coqis pour les observations simulbnècs.
l'objectif est unique ; mais il y a au-dessus un prisme isoscèle à arêtes horizontales, qui reçoit les faisceaux émanes de l'objet et, après une réflexion totale, les fait émerger dans deux ou trois directions différentes (dans ce ilernier cas, le prisme est remplacé par une pyramide). Ces directions sont celles des porteoculaires. Deux ou trois observateurs peuvent ainsi étudier en môme temps le même objet, et se communiquer leurs remarques.
Enfin, on fait aussi des microscopes spéciaux pour les chimisles (fig. 289). Le porte-oculaire est incliné el va aboulir au-dessous de l'objeclif, placé lui-même au-dessous du porleobjet. Uu prisme renvoie, par le phénomène de réflexion totale, les rayons lumineux dans la direction de l'œil.
g 4. LE mCHOSCOPE SOLAIRE.
Nous terminerons cette description du microscope, en donnant celle d'un appareil qui a pour objet de projeter à distance
Fig. 288. — Microscope binoculaire. Fig. 98B. — Microscope ï rouge des dùnùsie.
sur un écran, les images agrandies, de manière à les rendre visibles à la fois pour un grand nombre de spectateurs. C'est le microscope solaire, ainsi nommé parce que la lumière avec laquelle on éclaire l'objet est la lumière directe des rayons du Soleil.
Le microscope solaire est destiné à projeter sur un écran l'image considérablement agrandie d'un objet très petit. C'est un mégascope, dont la disposition particulière permet d'ob-
server commodément et de faire voir à un grand nombre de spectateurs l'image dont nous parlons. Dans ce but, l'objet est placé un peu au delà du foyer principal d'une lentille à court foyer. Le grossissement, d'après ce que nous avons vu, sera d'autant plus considérable que la distance de l'objet au foyer sera plus petite. Mais alors l'image ira se former à une dis-
Fi(ç. 290. — Microscope solaire. Vue d'ensemble.
tance d'autant plus grande de la lentille ; et plus le grossissement sera fort, plus la lumière se trouvera éparpillée et par suite affaiblie ; de là la nécessité d'éclairer très vivement l'objet, de façon que l'image conserve un éclat suffisant. Voilà
Fig. S9t. — Coupe du microscope solaire.
pourquoi l'on reçoit sur une glace convenablement inclinée, soit les rayons du Soleil, soit ceux d'une source très intense, comme la lumière électrique. La glace les réfléchit et les envoie sur une lentille à grande ouverture qui les fait converçer une première fois. Due seconde lentille les concentre à son foyer, et c'est en ce dernier point que se trouve placé l'objet
dont on veut étudier les détails de structure. Les figures 290 et 291 donnent l'ensemble du microscope solaire et sa construction interne.
On nomme microscope à gaz celui dans lequel l'objet esl éclairé par la lumière Drummond ; et microscope photo-électrique, celui dans lequel c'est la lumière très vive de l'arc voltaïque qui supplée aux rayons solaires.
Fig. S93. — Uicroscope photo^leclriquc.
Quand le Soleil ne brille point, on serait obligé de se passer de ce moyeu puissant de démonstration dans les cours, si l'on n'avait à sa disposition une source de lumière presque aussi vivf que le Soleil : nous voulons parler de la lumière électrique. D« là le microscope photo-électrique que représente la figure 292-
Rien n'est plus curieux que de voir, dans les cours de physique, les images prodigieusement agrandies des détails organiques des animaux les plus infimes, les infusoires qui se
meuvent dans une goutte de colle ou de tout autre liquide en fermentation, la décomposition spontanée de Teau en globules gazeux d*oxygène et d*hydrogène, la cristallisation des sels, la structure des tissus animaux et végétaux.
Enfln, il est une application importante de la microscopie que nous ne pouvons passer sous silence : c'est celle qui permet de photogi^aphier, dans tous leurs détails si précis et si curieux, les images des objets observés par les micrographes, et de rendre ainsi durables des observations souvent fugitives. Nous consacrerons plus loin un paragraphe spécial à la j)hotomicrographie, nom sous lequel cette double application des lois de la lumière est aujourd'hui désignée.
g 5. APPLIGATIOKS SCIENTIFIQUES DU MICROSCOPE.
Pour donner une idée des immenses services que le microscope a rendus à la science, pour initier le lecteur qui n*a pas cet instrument précieux à sa disposition, aux merveilles du monde de Finfîniment petit, nous reproduisons, dans les trois planches XV, XVI et XVII, quelques échantillons d'objets vus au microscope et pris dans les trois grandes branches des corps naturels, les animaux, les végétaux et les minéraux. C'est à l'obligeance de notre ami Georges Pouchet, sous-directeur du cabinet et du laboratoire d'histologie que dirige M. Robin, et au talent d'un habile dessinateur, M. DeyroUe, que nous devons ces belles planches : les notes suivantes que M. Pouchet a bien voulu rédiger pour servir de texte explicatif aux dessins en rendront l'intelligence facile. Puissent ces spécimens d'une des plus belles applications de la physique à la science engager quelques-uns de nos lecteurs à se livrer aux études si attrayantes de la micrographie !
Plinche XV.
i . Cristaux de sang, vus à un grossissement de 6 ou 700 diamètres. On appelle ainsi des cristaux colorés qui peuvent se former spontanément dans le sang de Thomme ou des animaux, soit après la mort, soit dans le cours de certaines maladies. En général, pour les
obtenir,- on lave du sang frais avec de Téther, et on laisse reposer : au bout de qudqoes jours, on trouve parfois un abondant dépôt de ces cristaux.
2. Cristal obtenu en traitant par un mélange bouillant d'alcool et d'élber des œufs de homard écrasés. Ceux-ci, quand on les prend sous le ventre de Tanimal vivant et qu*on les écrase, forment une bouillie verte. Dès qu*on ajoute le réactif, elle devient rouge et se solidifie. Si on la jette alors sur un filtre, le mélange d'éther et d*alcool passe avec une belle couleur pourpre et laisse déposer, en se refroidissant, des cristaux qui offrent par transparence Taspect représente et qui, à la lumière réfléchie, ont un beau reflet métaUique bien. — Grossissement de 100 diamètres.
5. Cristaux de santonine vus h la lumière polarisée à travers une lame de mica ou de sélénite. Ces cristaux sont par eux-mêmes très légèrement jaunâtres, ils doivent leurs couleurs varices à la polarisation. Grossissement de 50 diamètres environ. — Ces cristaui sont extraits de la drogue connue en pharmacie sous le nom de semen contra et qu*oo emploie contre les vers. Elle jouit de la propriété, quand on en a pris à dose élevée, de faire voir tout en jaune; mais c'est une expérience dangereuse et dont la vue peut souffrir.
4. Or mosaïque, minerai d'or attaché à une pierre vitreuse. Grossissement de 60 diamètres environ. L'or, disposé en grains irréguliers, offre diverses couleurs dépendant de l'état de pureté plus ou moins grand où il se trouve.
5. Cristaux de chlorhydrate d'ammoniaque, à un grossissement de 100 diamètres environ. 11 suffit, pour les obtenir, de mouiller une lame de verre avec de Tacide chlorfaydriqoe et de l'exposer ensuite aux vapeurs d'ammoniaque. 11 se forme aussitôt des cristaux extrêmement variés de forme et de figure, qui finissent par occuper toute la lame.
6. Cristaux de sel marin. — Grossissement de 100 diamètres. Pour les obtenir, il suffit de déposer une goutte d'eau où l'on a mis un grain de sel sur une lame de verre, i mesure que l'eau s'évapore, il se forme une infinité de cristaux. Ceux-ci appartiennent ao système cubique, mais ils sont souvent aussi excavés sur leurs faces, dans lesquelles soot creusées des cavités en escalier : d'où ces cristaux ont été dits en trémies,
7. Titane cristallisé, en cubes également, sur les scories d'un haut fourneau. Grossissement de 60 diamètres.
8. Cristaux de bichromate de potasse; grossissement de 100 diamètres. Pour les obtenir, il suffit de laisser pendant quelque temps sur une lame de verre une goutte d*une solution de bichromate de potasse. On voit bientôt les cristaux se former et grandir dans le champ du microscope.
9. Cuivre natif, à un grossissement de 60 diamètres. Certains minerais de cuivre, particulièrement dans le pays de Galles, présentent des échantillons de ce cuivre fibreux»
Plakchb XVI.
FiG. 1. Coupe mince de bois d'ébène, — 11 contient dans ses cellules deux sortes de matières colorantes, l'une rouge, l'autre noire, celle-ci renfermée dans des cellules beaucoup plus grandes. Les fibres de bois que l'on voit également coupées en travers sont brunes. Grossissement de 350 diamètres.
FiG. 2. Trachées des végétaux, — Celles-ci sont formées d'un faisceau contre la paroi interne duquel est enroulé un filament en spirale. Toutefois ce filament est remplacé par une série d'anneaux plus ou moins réguliers. Ou distingue dans le voisinage un certain nombre de cellules à mince paroi, en partie remplies de matière yerte. Grossissement de 550 diamètres.
FiG. 5. Poil d* ortie. — La base renflée est remplie de cellules avec de la matière verte. Le reste du poil est formé par une seule cellule à parois dures et cassantes, ayant la fomk*
d'une pointe. Cette cellule est remplie d'un liquide acre. Quand Textrémité du poil d*ortie pénètre dans les chairs, elle se brise ordinairement et le liquide qu'elle contient est Torsé dans la plaie: de Ik Tinflammation et les douleurs qui en sont la conséquence. Grossissement de 150 diamètres.
Fie. 4. Fragment d'une petite algue rouge de noi côte». — Dans Taisselle d'une division de cette algue, on distingue de petites algues vertes et des diatomées, sortes d'êtres microscopiques dont la nature est mal déterminée et qui forment des figures rectangulaires réunies par un de leurs angles. Grossissement de 60 diamètres.
Fie. 5. Fragment d'hépatique. — Sorte de mousse dont la feuille est formée de deux couches superposées. L'une de ces couches est composée de cellules à parois épaisses et contenant quelques grains de couleur jaune-bnmâtre. Au-dessus de celte couche on en voit une autre qui semble formée par des portions de grillage rapprochées les unes des autres. Grossissement de 250 diamètres.
FiG. 6. Fragment de truffe moninmt deux capsules avec' des iporet ou corps reproducteurs, vus au grossissement de 350 diamètres. Le tissu de la truffe est formé de cellules pâles, enchevêtrées, au milieu desquelles, de place en place, se trouvent des ipares contenus au nombre de deux ou trois dans des cellules plus grandes. Ces spores, hérissés de pointes, sont évidemment destinés à la reproduction de la truffe; cependant on ne les a jamais vus germer, et on ignore quelles sont les conditions nécessaires pour qu'ils se déve* loppent en une truffe nouvelle.
Fi6. 7. — Grains de pollen.
Fjg. 8. Fragment dune fleur de giroflée montrant les cellules remplies par deux matières colorantes dont les effets se combinent ; l'une est jaune et formée de granules, l'autre est violette, liquide. Grossissement de 350 diamètres.
Fig. 9. Fragment de bois de cèdre avec lequel sont faits ordinairement les crayons. Grossissement de 350 diamètres.
Fig. iO. Coupe transversale du milieu dune feuille de buis. — Le centre est formé de fibres ligneuses coupées ici en travers ; sur les côtés, les cellules pleines de matière verte offrent une disposition différente vers le dessus et vers le dessous de la feuille. Dans cette dernière région, les cellules laissent entre elles des vides remplis d'air. — On peut distinguer de chaque côté une mince pellicule transparente qui recouvre de chaque côté le tissu de la feuille.
Plarghr XVII.
Fig. i. Globules rouges du sang avec trois globules blancs, grossis 900 fois. C'est à la présence de ces corps, appelés hématies par les anatomistes, que le sang doit sa belle couleur rouge. Le liquide où ils sont en suspension est jaune-citron. Eux-mêmes, quand on les examine dans le champ du microscope à la lumière transmise, paraissent jaunes. Ils ont la forme de disques encavés sur leurs deux faces, et dès qu'ils sont sortis de la veine, on les voit se disposer en piles comme des pièces de monnaie. — Le diamètre exact des hématies chez l'homme est de 7 millièmes de millimèti*e. Près d'elles sont représentés trois globules blancs sphériques et d'une tout autre nature, mais qu'on trouve toujours mêlés aux éléments du sang.
Fie. 2. Distribution du sang dans la substance cérébralcy vue à un grossissement de 60 diamètres environ. Les dernières divisions des veines et des artères réduites à l'état de vaisseaux, appelés capillaires, quoiqu'ils soient beaucoup plus petits que le diamètre d'un cheveu, dessinent des mailles qui fonnent sous l'œil une élégante arabesque. Les plus fins de ces vaisseaux ont juste le diamètre nécessaire pour laisser passer une hématie.
Fig. 3. Polycyslines fossiles des Barbades, à un grossissement de 60 diamètres environ. On trouve dans ces iles des couches entières de terrain qui sont formées par ces débris
élégants d'animaux microscopiques. Ce qui est curieux, c'est que ces coques, si artistement dessinées et qui constituent toute la partie solide de l'animal, se forment au milieu d'un tissu mou, n'ayant pas même de figure déterminée et qui enveloppe ces parties, calcaires ou siliceuses, si artistement découpées.
FiG. 4. Fragment du tissu sous-jacent à la carapace, chez une petite écrevisse longue de 2 centimètres environ et montrant deux sortes de pigments : l'un , d'un beau rouge, e«t contenu dans des cellules plus ou moins irrégulières et de forme rameuse. Ces cellules contiennent en leur milieu un ou deux noyaux qui se distinguent parce qu'ils sont incolores. Le pigment bleu est formé par des grains. Ces derniers sont toujours placés dans le voisinage immédiat de cellules rouges et il en résulte un contraste de couleur extrémemenl remarquable dans le champ du microscope. Le grossissement est ici de 250 diamètres environ. 11 résulte de là que, quand on n*emploie pas l'instrument grossissant, l'œil ne peut plus distinguer la cellule rouge des granules bleus qui l'entourent; il ne voit plus que rcnsemblc, sous la forme d'une petite tache, grosse comme la pointe d'une aiguille et qui parait brune par le mélange de deux couleurs.
FiG. 5. Fragment rlu tissu qui constitue les o«, vu au grossissement de 250 diamètres environ. L*espacc vide qui est au milieu est destiné à livrer passage aux vaisseaux capillaires qui parcourent la substance osseuse. Autour de ces vaisseaux sont disposés d'autres espaces et d'autres conduits extrémciiient fins (canalicules osseux), qui sont remplis pen. dant la vie, mais qui deviennent vides quand l'os se dessèche. Ils apparaissent alors comme on les voit représentes ici. Ces canalicules, extrêmement fins et communiquant les uns avec les autres, mesurent en grnéral moins d'un demi-millième de millimètre de diamètre.
FiG. 6. Animaux infusoires appartenant au genre kolpode, grossis environ 900 fois. On distingue latéralement en avant Torifice buccal et en arrière une vésicule jaune contractile qui présente des pulsations comme le cœur. Les corps bleuâtres qui avoisincnt le cœur sont des bouchées d'aliments que l'animal a avalées et qui tombent dans F intérieur de ses tissus, où elles sont digérées peu à peu, sans être reçues, comme chez les autres animaux, dans une cavité intestinale.
FiG. 7. Coupe d'un fragment de la rétine d'un oiseau, grossi 500 fois environ. La rétine est la membrane nerveuse extrêmement mince et délicate qui tapisse le fond de l'œil et qui est impressionnée par les rayons lumineux. Malgré son peu d'épaisseur, cette membrane présente, comme on peut le voir, une structure extrêmement complexe, et l'on n*y compte pas moins de sept ou huit couches distinctes.
Chez les oiseaux et les reptiles, la rétine présente une série de gouttes colorées qui apparaissent h peu près vers le même rang comme autant de perles. La région où se trouvent celles-ci est la partie de la rétine sensible par excellence, et cette partie est en même temps celle qui est immédiatement appliquée contre le fond de l'œil, en sorte que les rayons lumineux venant du dehors doivent traverser pour l'impressionner toute l'épaisseur de la rétine.
En lisant la note relative à la figure 3 de la planche XV, on voit que les cristaux de santonine, dont cette figure donne Taspect, ont été étudiés à l'aide de la lumière polarisée. L'emploi de cette lumière a pour objet de mettre en évidence certaines propriétés particulières aux corps soumis à Texamen microscopique. Pour transformer un microscope ordinaire eu microscope polarisant, on dispose au-dessous de la platine du microscope un petit prisme de Nicol qui est le polarisettr;
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