‹ Le monde physique (volume 5)Chapitre 136 sur 185 · CHAMBRE MOIRE · texte numérisé non relu

CHAMBRE MOIRE

En employant la lumière Drummond pour éclairer les objets , on obtient des images beaucoup plus vives ; et dès lors, en éloignant l'écran et rapprochant les lentilles, on obtient un agrandissement beaucoup plus fort.

Vers la Un du siècle dernier, un physicien belge, Robertson, obtint un succès extraordinaire en montrant au public des apparitions de fantômes, qui, dans l'obscurité profonde où se trouvaient les spectateurs, semblaient s'avancer peu à peu et grandir jusqu'au milieu de la salle. L'illusion de ces scènes était obtenue au moyen d'un appareil nommé phantasœpe, tout à fait analogue à la lanterne magique, c'est-à-dire formé d'une caisse renfermant une lampe à réflecteur, d'un tube avec le même système de deux lentilles projetant l'image d'un dessin sur un écran placé en avantde l'instrumeat. Seulement, la lanterne est supportée par une table roulante, dont l'un des pieds porte une poulie, qui communique son mouvement à la lentille objectif par l'intermédiaire d'un pig. 299. — l'hantascope. excentrique et d'un levier. Quand

la table roule en s'éluignant de l'écran, l'objectif se rapproche peu à peu de la demi-boule, l'image grandit, et l'illusion est produite, d'autant plus complète, qu'à l'aide d'un diaphragme mobile la lumière que reçoit l'image varie proportionnellement à sa grandeur.

Robertson, qui devait, paraît-il, le secret de cette invention à un artiste nommé De Waldech, avait soin d'écarler toute lumière étrangère, tout bruit de l'appareil, dont les roues étaient garnies d'étoffe. De là une illusion qu'il augmentait encore en imitant le bruit du tonnerre, de la pluie, les cris des animaux, etc.

Dans la figure 299, on peut voir qu'il y a une double lanterne. On peut dès lors projeter sur Fécran , outre l'image du spectre ou de tout autre personnage fantastique , celle d'un paysage en harmonie avec la scène à produire.

Le même double appareil donne aussi les vues polyoror miques : on entend par là des effets de paysage variés, la succession du jour à la nuit, d'une mer calme à la tempête, etc. Chaque lanterne est disposée de manière à projeter chaque double \Tie au même endroit de l'écran. L'une d'elles est d'abord fermée et l'on voit le paysage éclairé par le Soleil ; peu à peu la lumière s'affaiblit, le crépuscule arrive, puis la nuit, et, insensiblement, la seconde vue s'est substituée à la première. Les enfants, on peut dire aussi les grandes personnes, prennent souvent plaisir à admirer ces tableaux et ces effets de lumière. Comme ici c'est le principe qui nous intéresse plutôt que les détails des mécanismes imaginés pour en tirer parti, nous iasis* tons seulement sur ce point que la chambre noire, les mégascopes, lanternes magiques, phantascopes sont tous basés sur la formation d'images réelles par l'intermédiaire de lentilles convergentes.

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