‹ Le monde physique (volume 5)Chapitre 138 sur 185 · II · texte numérisé non relu

II

Zii LE ilOSDE PHYSIQUE-

t«ine 'le li^iitlil»^ s'a.tijiie l'ipil; il se nomme l'oeuiaire : t'eîl en stitnnie. une Iini[>e 5im|(ltf ou «rompusêe. à l'aide de laquelle on esiimiiie l'imaL'e qui *e lr»UTtî ainsi agrandie dans ddc cer- U'in*- mesure.

L'ioulaii'e «les premières lunettes était. comme od l'a tu plos haut, une It-tilille bieitiieave: Timajie renTersée formée par l'ul.ji t M- tptuve redressée dans ce système, ainsi qu'on peut ■^'en ffiiilre cum^ile par la marche des rayons lumineux et la formation «k-s imai;es que représente la 6gure ÔOO. L'objectif 0 C'insifléré is«ilément fournit à son loyer, qui. |>our les objets très éluiLTiés, est le foyer principal de la lentille, une image refile bti de roi*!**! observé. Cède image est. nous l'avons dit.

renTersée, comme on pourrait s'en assureien la recevant sur un écran. L'oculaire bioncave 0'. placé entre l'image et i'wbjeclil. fait diverger les faisceaux liimi-

Fu. MO. — SarrhE iln ni>-a'> Eimuorta ibos b luiudtF nCUX SVanl Qu'ils

aillent se réunir au loyer, et empécbe ainsi la formation de l'image réelle. Pour l'œil, où pénètrent ces faisceaux après leur sortie de l'oculaire, ils semblent donc venir des fioiuls A' et If situés sur leurs axes uptii|ues à leurs points de convergence. De là une image virtuelle redressée. .VB*. qui |)arail nette si les lentilles sont dispust'-es de façon que celte image se forme à la distance de la Ttsion distincte.

Il y a une dilTéreiice essentielle entre le grossissement des lunettes et le grossissement des microscopes. Dans ces derniers instruments, l'image agrandie est plus grande en réalité que l'objet lui-même, c'est-à-dire que l'angle sous-lendu par l'image est plus grand que l'angle sous-tendu par l'objet, l'image et l'objet étant supposés tous deux à la même distance

(le Tœil. Dans les lunettes au contraire, et ceci s'applique à tous les genres de télescopes, Timage est toujours inférieure en dimensions à Tobjet lui-même ; mais elle est plus grande que l'image fournie par la vue simple, et c'est dans cette amplitica* lion que consiate le grossissement des lunettes.

Ainsi, avec deux lentilles seulement, la lunette que nous venons de décrire, et qui a reçu le nom de lunette de Galilée, montre les objets droits en même temps qu'elle les rapproche ou les agrandit.

Les premières lunettes de Galilée ne donnaient qu'un grossissement assez faible, de 4 à 7 fois en diamètre ; la plus puissante qu^ait construite et employée l'illustre astronome grossissait 32 fois. Gela lui suffit pour faire une multitude de découvertes qui passèrent alors, à juste litre, pour merveilleuses : les montagnes de la Lune, les taches et le mouvement de rotation du Soleil, les satellites de Jupiter et les phases de Vénus, la décomposition en étoiles de la grande nébuleuse qu'on nomme Voie lactée, etc. Son Messager céleste (Nuntins sideretis) qu'il publia pour faire connaître aux hommes de science les résultats de ses recherches, suffisait à peine à enregistrer ces découvertes, qui constituèrent bientôt une branche de l'astronomie inconnue des anciens : V astronomie physique.

Aujourd'hui, la lunette de Galilée n'est plus guère usitée en astronomie, son grossissement étant trop faible ; mais on l'utilise comme lunette terrestre et surtout pour l'examen des objets peu éloignés : ce n'est autre chose que la lorgnette de spectacle, très commode parce que, à grossissement égal, elle est d'une longueur beaucoup moindre que les lunettes à oculaire convergent. Du reste, cette longueur doit pouvoir varier selon les vues, c'est-à-dire selon la distance de la vision distincte pour chaque observateur. A cet effet, l'oculaire est .adapté à un tube qui est mobile dans le tube renfermant l'objectif ; un bouton qui engrène avec une crémaillère permet de faire varier insensiblement la distance des verres et de les placer de façon à obtenir une parfaite netteté de l'image : c'est ce qu'on nomme

su , LE MONDE PHYSIQUE.

mettre au point. Les myopes doivent raccourcir la lunette et les

presbytes l'allonger pour voir distinctement.

Le grossissement, dans les lunettes de Galilée, est égal au

rapport de la distance focale principale de l'objectif à celle de

l'oculaire.

Le champ est peu étendu, et, comme tes rayons sortent de

l'oculaire en divergeant, il faut placer l'œil très près de l'insti-u-

ment pour ne pas diminuer encore cette étendue.

C'est le moment de dire un mol du perfectionnement apporté,

vers le milieu du dernier siècle, à la construction des lunettes

par un opticien anglais, d'origine française', Dollond. Nous voulons parler de l'achromatisme des lentilles, dont il a été question déjà quand nous avons décrit le microscope.

Quand un rayon do lumière blanche est réfracté par une leii-

Fig. 301, — Leiililles achivimaliiiues. Oljcclits de Gau»s HWq les raVOnS Colo-

rés dont il se compose n'ayant point le même indice de réfrangibilité sont dispersés, d'où il résulte, sur les bords des images formées, une coloration ou irisation qui offi'e un grave défaut au point de vue de la netteté cl de la vérité des images. Celle dispersion consiste en ce que chacun des rayons colorés a unrfoyer distinct situé à une distance de la lentille qui dépend de la réfrangibilité du rayon. C'est ce défaut qu'on nomme abeiratùm de réfrangibilité, et que Hollond a trouvé moyen de faire disparaître en composant les objectifs et les oculaires des instruments d'optique de deux ou

1 DoUond étail issu d'une faioillc Traoçaise prolcsUntc que la Révocation de Todil de

^;l lies foi'ça de se rûfugier en Anglclurre.

plusieurs lentilles dilTérentes, soitconvei^entes, soit divei^enles, et en variant la nature du verre dont ces lentilles sont formées. En formant la lentille convergente avec le verre ordinaire de nos glaces (croum-glass), et la lentille divergente biconcave ou |ilanconcavc avec le cristal composé de verre où entre nne certaine quantité de ^«M

()lomb (fiint-glass) ; enfin, en donnant aux courbures de ces lentilles appliquées l'une sur l'autre des valeurs que fournit le calcul ou l'expérience, Dollond fabriqua des syslèines de lentilles achromatiques, c'est-à-dire telles que les rayons de lumière blanche, tout en se réfraclant dans le sens voulu, conservaient leur parallélisme au sortir de la len- fflfl^BBB lille, en un mot, n'étaient point dispersés, p; 5^2 Lomieiie Depuis, on a varié de bien des manières les ^f «peciacie avec

objectif el ocubire

combinaisons propres à donner des systèmes icbromatiquet. achromatiques. Dans tout instrument soigneusement construit, on arrive ainsi à supprimer, ou à atténuer au moins considérablement, le défaut de l'aberration de réfrangibililé.

Dans la lunette de Galilée, l'achromatisme résulte déjà, en partie, de celte circonstance que l'oculaire est divergent, tandis que l'objectif est une lentille convergente. En iiyant soin de faire l'oculaire en flint-glass et l'objectif en crown-glass , on

aurait l'achromatisme pour pig. 503. - Lorgnclle jumelle ou WnocuUire.

le système ; mais alors les

courbures des lentilles ne permettraient qu'un grossissement 1res restreint, en général insuffisant. On préfère donc employer des lentilles oij l'achromatisme est obtenu séparément.

La figure 302 représente une lorgnette de spectacle ; on

voit quelle est la combinaison adoptée pour l'oculaire et pour l'objectif. Ce dernier est formé d'une lentille biconcaïe en lliol renfermée entre deux lentilles convexes en crown, tandis que l'oculaire est une lentille convexe en flint interposée entre deux lentilles concaves en crown. D'autres fois, l'on achromaliss l'objectif seul, et la courbure de l'oculaire est calculée de façon à accroître le grossissement.

g 2. LUSETTE ASTROKOHIQVE.

Arrivons maintenant à la lunette asUxmomùiue. On résene ce nom au télescope réfracteur généralement employé aujourd'hui dans les observations astronomiques. La lunette astruuomique consiste essentiellement en un système de deux lentilb convergentes : l'une, l'objectif, donnant l'image réelle et renversée de l'objet ; l'autre, l'oculaire, amplifiant la première.

mais lui consenani

11^ t'<^^wr^ *iaiiitiiJNri% . ^ k. sa position renver-

sée. 11 va sans dire que les deux lentilles sont elles-mêmes composées de fa^on produire l'achromatisme des images.

Suivons, à l'aide de la figure 304, la marche des rayons lumineux dans ta lunette astronomique, et nous verrons aisément en quoi elle diffère de la lunette de Galilée.

Les rayons partis de l'extrémité supérieure de l'objet, qu'on suppose situé à une distance infinie, forment un faisceau parallèle 1,2, en arrivant à l'objectif 0. En sortant de ce dernier, oii ils se réfractent, ils vont former par leur convei^ence en « une image de cette extrémité. De même le faisceau 5, 4, émaDe de la partie inférieure, donne lieu à une image réelle b. Il ^

Fig. 30t. — Marche des rayons lun aslronomiqiic

dans la lunette

Li' llonitu phytîqiio.

SRlirDt LPNITTE igi'ATnHI

de rObKTVïlo'i'c de Chiis.

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