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l'influence du contact de Tair, de Thumidité, des poussières, etc., se ternit rapidement. Il résulte de ces différentes causes d'altération une perte sensible de lumière, qui oblige à renouveler fréquemment le poli de la surface.
a Pour remédier à ces divers inconvénients, on est amené naturellement à placer le télescope dans les mêmes conditions que la lunette, c'est-à-dire à fermer hermétiquement son tube par une lentille de verre taillée de telle sorte qu'elle ne nuise en rien au pouvoir optique de l'instrument.
« Nous avons réalisé cette expérience de la façon suivante.
« A l'ouverture d'un télescope newtonien à miroir de verre argenté, de 0",10 de diamètre et de 0",60 de longueur focale, nous avons placé une lentille de crown-glass de même gran-
Fig. 517. — Nouveau télescope catadioplrique de MM. Paul et Prosper Henrj : M, miroir parabolique en verre argenté ; P, prisme i réflexion totale destiné à renvoyer dans le microscope oculaire Timage produite par le miroir ; 0, microscope oculaire composé àe. 4 lentilles simples ; L, lentille biconcave de crown-glass fermant Touverture du télescope.
deur que le miroir et très légèrement concave. Cette fomio réunit plusieurs avantages : elle évite la double image, très faible à la vérité, qui résulterait de l'interposition d'un verre plan; de plus, elle détruit l'aberration de réfrangibilité du microscope oculaire, qui, dans notre instrument, n'esl formé que de verres simples. Nous nous sommes assurés, par expérience, que cette modification apportée au télescope est absolument sans inconvénient. La perte de lumière qui résulte de l'addition de la lentille, qui peut être très mince, est tout à fait négligeable, et, comme cette dernière, ainsi que nous l'avons dit, est presque plane, elle n'exige pas un centrage rigoureux. Cette lentille et le miroir ont d'ailleurs été i*etou*
Le Itoade physique.
Lt tiLiacopE irrLigui i l'Ituds dd giil.
{.Taches solaireB. — S.Cralères lunaires. — 3. La planfete Ju piler avec s«s bandes. — 4. Taches de Mars, «es pôles, SCS conliaents et ks mers. — 5. Une oébultuse spirale. — 6. Un amu stellaire.
chés par les procédés de L. Foucault, de façon à constituer un système optique complètement exempt d'aberration de sphéricité. »
ce Dirigé sur le ciel, cet instrument a donné des résultats remarquables. On a pu, à son aide, dédoubler constamment rétoile a* du Cancer, dont les deux composantes ne sont distantes que de 1".5; le Compagnon de Rigel était facilement visible, et l'image d'une étoile brillante s'est toujours montrée plus calme dans ce télescope que dans un autre de même ouverture, mais monté à la façon ordinaire. »
Si l'on voulait se faire une juste idée des importants services que l'invention des télescopes a rendus depuis deux siècles aux sciences d'observation et notamment à l'astronomie, c'est l'histoire même de ces sciences qu'il faudrait lire : à chaque page, on s'arrêterait émerveillé devant la grandeur des résultats. Mais ce ne sont pas seulement les curiosités, les merveilles du ciel qu'il faudrait passer en revue, ce n'est pas seulement la profondeur des espaces infinis oii brillent les systèmes d'étoiles et les nébuleuses qu'il faudrait explorer. Il faudrait encore et surtout insister sur les progrès que l'usage de ces instruments a fait faire à l'astronomie de précision, et par là aux théories sublimes qui expliquent aujourd'hui toutes les lois des mouvements célestes, en considérant l'univers entier comme un système de corps réagissant les uns sur les autres, système offrant aux géomètres, sur une échelle infmie, comme l'application la plus admirable des théorèmes de la mécanique rationnelle.
I^ public, qui ne connaît généralement que par ouï-dire les travaux des observatoires, ne peut évidemment se rendre compte de leur importance relative, et il est toujours tenté de placer au premier rang les observations propres à piquer sa curiosité. Mettre l'œil à l'oculaire d'un télescope d'une grande puissance, contempler de visu les phénomènes dont il a lu dans les livres la description, ou dont il a admiré des reproductions plus ou moins fidèles, là surtout est pour lui la chose
par excellence, le rêve de l'astronome amateur ou improvisé.
La vérité est que l'application des instruments d'optique à l'étude des phénomènes d'astronomie physique, quelque importance qu'elle ait eue dans le passé et qu'elle doive avoir encore dans l'avenir, n'est pas à comparer aux services que ces mêmes instruments ont rendus à l'astronomie de précision. La détermination des positions des étoiles fondamentales, que les grands instruments méridiens ont permis d'atteindre avec une perfection croissante, les observations des planètes, de la Lune et du Soleil, ont fourni à la théorie du système du monde des données de plus en plus certaines, ont permis de calculer des tables des positions futures des astres, en tenant compte des influences réciproques que leurs masses exercent les unes sur les autres. Ces travaux de longue haleine, ces observations délicates, les calculs laborieux qui en sont la suite, voilà surtout la besogne sérieuse, capitale, des grands observatoires, et ils eussent été impossibles sans le concours simultané des perfectionnements apportés aux méthodes d'observation, aux instrumeiiÀs qui servent à mesurer le temps, à ceux qui, ayant pour objet la détermination des angles, sont basés sur les lois rigoureuses de l'optique.
Les théories de la mécanique céleste, incessamment développées et approfondies, sont le résultat magnifique de cette application de l'optique à l'astronomie*.
Cependant les conquêtes que les lunettes et les télescopes ont faites dans un autre ordre de recherches, pour avoir une moindre importance au point de vue de la science pure, n'en sont pas moins brillantes ni moins féconde^. Les premières applications des lunettes, d'une bien modeste puissance au début, ont agrandi subitement le domaine du ciel, restreint jus-
1 . Indépendamment de leur application aux études astronomiques, les lunettes sont d*un usage précieux pour des travaux qui exigent une mesure précise des angles, comme ceux de la géodésie. A proprement prier, les méthodes sont les mêmes dans Tune et raatre science et les instruments communs. C'est ainsi que les géodésistes emploient la lunette méridienne conmic les astronomes ; la construction en est seulement modifiée de façon à rendre rinstm-
tfLEICOri DI TULIl BILL
Initalté pir W. Huggint pour let étudet de speclroacopie.
qu'alors aux objets visibles à l'oDil nu. Quand Galilée, il y a bientôt tmis siècles, tourna vers le ciel cloilé la limette qu'il venait de construire, il fui frappé de l'accroissement considérable du nombre des étoiles, surtout dans le voisinage de la Voie Lactée, dont la véritable composition fut ainsi révélée. Les
mcnl portalir. Le théodolite, que raprisBnte la fijure 318. ssrt îi meiiirer la hauteui' angulaire d'un [Mtial ou d'un aatro au-dessus de l'horizon, et on mi^me temps h di'terrainer son
Fis- 5ttt. — Théodolile de Gimbef : A. e«relc lortiiuil dïiriié, mobile lutaiir de l'aie horizotilal B ; L. lunette ou alidade conceii(rli|ue, servant ï vijcr l'âtinle dont on rhrrchc la ilistance ifnithalr: celle dislance se lit sur le cercle Tertical; H, cercle horiioiital ou aiimulil divisa, »ar lequel !C lit l'angle dont le cercle icrlicil a tourné autour de l'aie C. quand on a visé succeisîtemenl dcui étoiles difllSreales; L', lunette terTial i liur un point éloigné serrant de repère.
.iiimut, c'es[.â.dire l'angle que forme le plan icrlical où ce poinl se trouve au momeut île l'obsemlion, avec un plan qui sert d'origine et qui est soit le plan m^i'idiep, soit plutôt un plan perpendiculaire au méridien, le premier vertical. La légende de Ix Rgure suffira ï faire comprendre comment on atteint l'un et l'autre de ces buts à l'aitle du théodolite, n. 71
lâches du Soleil, les satellites de Jupiter, les phases de Vénus furent autant de phénomènes nouveaux livrés à Tétude des astronomes. Les découvertes succédèrent aux découvertes à mesure que les opticiens réussirent à accroître la puissance de pénétration des instruments. Puis de nouvelles méthodes d'investigation furent inventées. Nous avons dit déjà quels résultais ont été obtenus par l'application de l'analyse spectrale à la lumière des corps célestes. Il faut y joindre ceux qu'a donnés la photographie, dont nous parlerons dans les chapitres qui vont suivre. Ces deux branches de l'Optique appliquée à l'Astronomie ont pris dès maintenant un tel développement, que des astronomes y consacrent presque exclusivement leur temps et les ressources de leurs observatoires.