LA VISION EN RELIEF
Le stàvoseope de réflexion de Whealsloiie n'a pas tardé à être modifié, ou du moins le principe de son exéculion a été l'objet d'un inslrumenl plus commode, plus parfait, dont l'invention est due à un
de ses compatriotes, è
M. Brewster, et qui a été J
perfectionné lui-même "^
}iar deux de nos opli- I
ciens les plus distingués, -3
MM. Soleil et Duboscq. |
Mais avant de décrire |
le stéréoscope de réfrac- |
tion disons un mot d'un J
procédé très simple qui §" permet de réaliser la vision sléréoscopique des images. Il suffit, pour
cela, de placer les deux ^
dessins convenablement 'i
leproduils à côté l'un de |
l'autre, comme on le »
voit dans la figure 321 , H
et d'interposer un dia- 1
phragme, un morceau '^
de papier ou de carton |
sur la ligne médiane, ^
entre les deux yeux. Au 1
bout de quelques se- S
condes, les deux images 5' se superposent et le relief apparaît. Toutefois, c'est un exercice fatigant pour la vue,
tes lignes noires n'en paraissent pas moins se déUcher complèlcmcnl du pa|iicr el se localiser dans Tespacu. Les dessins de siéréolomie les |ilus compliqués, ceux qui représentent des eristaui et qui oITrenl il l'nil nu une confuiion de lignes presque incitricable, se résolvent comme pr cnchanlemcnl pour donner l'ap|»rencc du relicl. • (llelmholli, Opiiquf j^gtîo
lotjique.)
et les stéi-éoscoiies, comme on suit aujourd'hui les constiuïro,
ont un avantage marqué sur ce procédé élémentaire de stéréo-
seopie.
§ 2. sTÉnÉoscort de nÉFRAcnoN de BnEWSTER. — STÉBËosGopE d'beuiholr.
FSEUDOSCOPE.
Arrivons au stéréoscope de Brewster.
Ce n'est plus par la réflexion à la surface de deux miroirs qu'on examine les deux images, mais directement, en plaçant les deux yeux au devant de deux verres, formés des deux portions A, A' d'un prisme ou d'une lentille convergente.
Considérons un même point CC du dessin représenté dans chaque vue stéréoscopique ; chacun de ces points envoie un faisceau de lumière qui se réfracte dans l'un el l'autre prisme. Il en résulle deux images qui toutes deux se forment au même point, au delà du plan du dessin, en C,. Il en est
Fig. 522. - Sté~p. io réfnCion. ^^ ^^^^ ^^^, j^^^^g j^^ j^^fj^g
correspondantes du tableau, de sorte que, les deux vues stéréoscopiques se trouvant peintes simullancmcnt en a,b,, celle de droite impressionne la rétine droite, celle de gauche la rétine gauche. La vision en relîel en résulte avec une grande perfeclion si les images sont des reproductions photographiques exactes, si surtout elles ont été rigoureusement prises des points de vue convenables el avec des conditions de lumière favorables.
Il importe d'éclairer également les deux images, ce qu'on obtient en portant le stéréoscope aux yeux dans une direction normale à celle du jour, de façon que la lumière entre aussi vive de chaque côté du diaphragme par l'ouverture ménagée à
cet effet. S'il s'agil de vues pholographiques sur verre, |>ar conséquent transparentes, il suffira de placer l'appareil en face de la lumière du jour ou de celle d'une lampe. Dans ce cas, la face postérieure du stéréoscope est garnie d'un verre dépoli qui laisse passer la lumière également tamisée et intercepte les images des objets extérieurs.
Le stéréoscope ne donne pas seulement la sensation du relief : il produit aussi l'effet des lentilles convergentes on des loupes, c'est-à-dire qu'il grossit les images, et par conséquent permet d'en étudier avec plus de netteté les détails. Dans ce but, et pour rendre encore le grossissement plus fort, on substitue au.\ prismes des combinaisons de lentilles, telles que celle représentée dans la coupe de la figure 324. Ce stéréoscope a été disposé par le docteur llelmhollz , professeur de physiologie à Heidelberg.
Outre la modification apportée aux oculaires , il
se distingue par un méca- '''^- '^"' ~v!r«S,^'" "■''"'''''""
nisme spécial qui permet,
soit de régler la dislance des deux oculaires, soit d'augmenter ou de diminuer à volonté la distance des yeux ou des lentilles aux tableaux stéréoscopiques. Cette disposition est utile, parce que les images stéréoscopiques ne sont pas toujours placées de fa(;on que la dislance dos points corres])ondants soit égale ù celle des yeux, ou que leurs hauteurs au-dessus de la ligne de base soient égales. A l'aide des vis, on peut déplacer les oculaires dans leur plan, soit laléralemenl, soit de haut en bas. t^ mouvement des tubes oculaires a pour objet d'amener les images photographiques aux foyers des lentilles.
Les monuments, les personnages, en un mol tous les objets
saillants se présentent dans les stéréoscopes avec une vérité de
relief étonnante, qui fait complètement illusion. Mais, comme
le remarque fort justement Helmhollz, « l'avaulage de la vision
». li
stéréoscopique tombe surtout sous le sens en présence de reproiluctions d'objets qui se prêtent mal à la représentation par le dessin ou la peinture ordinaires; tels sont tes rochers irréguliers, les blocs de glace, les objets microscopiques, les animaus, les forêts, etc. Les glaciers, en particulier, avec leurs fentes profondes éclairées par transparence à travers l'épaisseur de la }(lace, produisent un effet surprenant dans le stéréosco(ie. L'image unique donne ordinairement l'idée d'une agglomération confuse de tâches grises, tandis que la combinaison stéréoscopique fait ressortir de la manière la plus paljtable les formes des blocs de glace , ainsi que les effets de la lumièi-e transmise et de la lumière réfiécliie. La difiicullé vient d'abord de ce que des formes aussi irrégulières que celles des blocs de glace ne [>eu- Fig. 3î*. — siéiéosoope d'HeimiioUï. vcut pas être rendues
nettement, même lors- (prelles sont éclairées simplement par de la lumière incidente ; elle est altribuable davantage à ce que la lumière transmise par la glace modifie complètement les lois ordinaires des ombres. La représentation stéréoscopique d'objets brillants, tels qu'une eau ridée par quelques vagues légères, produit encore des effets très surprenants. » [Optique physiologique.)
On construit des stéréoscopes dans lesquels les rayons partis des deux images, avant de pénétrer dans les prismes ou lentilles