STÉRÉOSCOPE DE RÉFRACTION. 57I
uculaires, subissenl la réflexion lotale à travers deux prismes à angle droit, dont la face hypoténuse (fig. 525) est disposée parallèlement à la direction des rayons qui arrivent dans les deux yeux. Il résulte de cette disposition que les deux images paraissent toutes deux symétriques de ce qu'elles sont dans la nature; elles se superposent, mais de telle façon que ce qui est à droite est vu à gauche, et réciproquement. Les images sont donc inverses, et par suite la perspective est aussi inverse, soit pour les reliefs, soit pour les creux. Les objets creux paraissent donc en relief et les reliefs en
„ . , , Fig. 535. — Le pseudoscopc.
creux. Toutetois les ombres portées
contrarient quelquefois cette illusion, ainsi que d'autres circonstances qui contribuent autant que la perspective ou les ombres à donner à la vision le sentiment du relief. Un exemple nous montrera la raison du renversement des images par le stéréoscope ainsi disposé , qui reçoit alors le nom de psettdoscope.
Considérons une pyramide tronquée vue d'eu haut, et supposons que la lumière oblique ne donne pas d'ombre portée; il y aura seulement des différences d'éclat dans les faces latérales. Les deux vues sléréoscopiques devront être disposées comme l'indiquent les dessins A' et A', el alors ils donneront dans le stéréoscope le sentiment du relief. Mais dans le pseudoscope les deux dessins donnent des images symétriques et produisent l'effet que donneraient les deux vues stéréoscopiques A' el A". Or ces images, qui se superposent par l'efiel de l'appareil, sont des vues d'une pyramide
semblable à la première, éclairée par la même Inmièi-e, mais qui serait creuse au lieu d'être en relief, puisque dans l'œil droit c'est la face de gauche qui est agrandie par la perspective, et le contraire a lieu dans l'image destinée à l'œil gauche. L'effet du pseudoscope se produit naturellement quand on regarde des dessins où des ombres sont bien marquées, comme on représente les médailles. Alors, tantôt on voit l'objet en creux, tantôt on le voit en relief. Nous croyons avoir remarqué qu'on obtient plus aisément à volonté l'une ou l'autre desscn-
Fig. W. — Vision en relief cl viMon en creux.
sations, si l'on a soin de placer convenablement le dessin à la lumière du jour, de manière que les ombres soient du côté dû elles se trouveraient réellement, si le dessin était vérilablemcnl saillant dans un sens ou dans l'autre.
I>e beau fac-similé d'une photographie lunaire, que nous devons à l'obligeance de M. Warren de la Rue et qui formcla planche XVII de la cinquième édition du Ciel, prête 1res aisément à l'expérience dont nous parlons. Les cratères volcaniques des montagnes lunaires y paraissent tantôt des Ironcs de cône creux, comme ils sont en réalité, tantôt au contraire ils semblent des ampoules renflées et inverses.