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IMPRESSIONS LUMINEUSES

g 3. APPAREILS BASÉS 8UB LA PERSISTANCE DES IMPRESSIONS LUMINEUSES.

Nous avons décrit dans le chapitre xvu {Premièi^e pm'tié) de ce volume certains phénomènes dus à la persistance des impressions lumineuses sur la rétine. Disons maintenant quelques mots d'un certain nombre de jouets basés précisément sur celte persistance ; ces jouets peuvent d'ailleurs servir à l'étude du phénomène lui-même.

I^ Ihaumatrope est le plus simple de tous. Il consiste en un petit rectangle de carton, mobile autour d'un axe qui joint les milieux des deux longs cotés

ou encore en un disque qui tourne autour de l'un de ses diamètres. Sur une face du carton se trouve dessinée ou peinte ime cage; sur l'autre face le dessinateur a figuré un oiseau. Qu'on imprime au rectangle un mouvement de rotation suffisamment rapide , les deux images persistent simultanément , et l'oiseau paraît enfermé dans la cage. On comprend qu'il y a mille manières de varier l'expérience par l'assemblage et la combinaison de toutes sortes de figures. On peut aussi employer deux disques perpendiculaires entre eux et tournant autour de leur diamètre commun ; en ce cas, sur chacune des quatre faces on ne figure qu'une des parties du dessin : les quatre parties sembleront réunies en un seul dessin pendant le mouvement de rotation des disques. Le mouvement du carton s'obtient d'ailleurs fort simplement : aux deux extrémités de Taxe on attache deux fils de soie que l'on tient entre l'index et le pouce de chaque main : la torsion des fils dans le même sens détermine la rotation du rectangle.

Fig. 528. — Disque du phénakisticope.

Le Uiaumalrope a été imaginé par le docteur Paris. Plateau a donné le nom de phénakisticope ' à on petit appareil dont le jeu est également fondé sur la persistance des impressions lumineuses.

Deux disques de carton sont fixés sur le même axe, autour duquel leur système peut tourner avec une même vitesse. Un certain nombre de figures équidislantes sont dessinées sur la circonférence de l'un des disques. L'autre disque est percé du même nombre de fentes pareillement équidistanles, selon le sens des rayons du cercle.

L'observateur, lenanl l'instrument par sa poignée, fait tourner rapidement tes deux disques, et place l'œil en face de l'une des fentes de manière à regarder au travers les images du disque opposé. A mesure que chaque fente passe devant son œil, l'image du dessin placé en regard se forme sur la rétine. Mais, eu vertu ...,„„ „ , , de la persistance des im-

rig. SfiS. — PnénalHslicopc à disque double.

pressions, l'observateur a encore la sensation de la première image quand vient se former la seconde, puis celle de la seconde au moment où arrive la troisième, et ainsi de suite. Si tous les dessins sont identiques, il est clair que la succession d'impressions visuelles, loulcs semblables et sufiisamment rapprochées, produira le même effet qu'une image unique et permanente : dans ce cas l'objet représenté semblerait immobile.

Mais si, au contraire, les figures successives diffèrent entre elles de façon à représenter les divers aspects du même objet

t. Peu de lemps aprf'!! l'ïnvenlion du |ihysicicn belge, un Allemand, SUmpfer, ioiigiiu lin appareil à peu près frmblable; il lui donna le nom de âitqun ilrvbotcopi^et.

PHÊNAKISTICOPE.

en mouvement, les sensations lumineuses toujours confondues se modifieront pour l'œil d'une manière continue, et l'objet représenté paraîtra lui-même en mouvement. Supposons que les dessins représentent un cadran avec une aiguille occupant les positions successives qui seraient données par un mouvement régulier de rotation. L'œil croira voir l'aiguille se mouvoir devant lui. Si, comme dans les figures 328 et 329, ce sont les positions diverses d'un sauteur de cordes, le personnage paraîtra effectuer en réalité les mouvements dont le dessinateur a marqué les phases.

Au lieu de deux disques placés en regard, on peut n'en employer qu'un seul ; le phénakisticope prend alors la forme qu'indiquent les figures 330 et 331. Une lige métallique deux fois recourbée tgj munie d'un

Fig. 330.

Phénakisticope.

Fig. 331. — Disque du phénakisticope.

manche m, porte l'axe a&, qui peut tourner sur lui-même avec rapidité. On dévisse î; et l'on introduit par son centre le disque

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dans le même sens que le disque ou en sens contraire. On se rend compte aisément de ce phénomène. Supposons, par ciemple.

qu'il y ail 8 fenles seulemeul, - r..[--. ^^ ^ figures. Quaud la seconde

fenle vient à passer au devant de l'œil, le disque a tourné (l'un angle égal au huitième de la circonférence, la seconde figure n'en est encore distante que d'un angle égal à la difféience entre un huitième et un neuvième; on est porté à l'identilier avec la figure précédeiile, el l'objel parait s'èlre déplacé du même angle.

On donne encore une autre figure au phénakistico|>e : c'est celle d'un cylindre creux tournant autour d'un pied monté sur l'axe du cylindre (fig. 532). Les fentes sont pratiquées sur le bord supérieur de celte sorte de vase el les dessins sont collé>

ZOOTROPE. 577

au-dessous. On peut éclairer ceux-ci par transparence. Comme on s'est servi de l'appareil ainsi disposé 'pour reproduire les mouvements des animaux, par exemple ceux] du cheval à ses différentes allures de pas, de trotj de galop, on lui donne aussi le nom de zootrope.

Dans tous ces appareils, pour que l'illusion se produise par le fait de la persistance de l'impression lumineuse, il est nécessaire que les divers dessins qui représentent l'objet en mouvement soient très habilement combinés, de façon à représenter les phases véritables, les changements que subit l'objet par le fait même du mouvement supposé. On verra plus loin quel service la photographie instantanée a pu rendre sous ce rapport en fournissant des séries d'images d'une fidélité irréprochable, et comment ce qui n'était à l'origine qu'un jouet a pu devenir un précieux moyen d'études.

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