‹ Le monde physique (volume 5)Chapitre 154 sur 185 · PHOTOGRAPHIE SUR PAPIER ET SUR VERRE · texte numérisé non relu

PHOTOGRAPHIE SUR PAPIER ET SUR VERRE

g 1. PHOTOGRAPHIE SUII PAPIER. WVEMION DE TAI.BOT. PROCÉDÉ

BLAKOVARD-ÉVRARD.

De même que les noms de Niepce el de Daguerre sont allachés à l'invention première de la photographie sur plaque métallique, ceux de Talbol et de Blanquard-Évrard caractérisent la découverte de la photographie sur papier : à Niepce et à Talbot la gloire d'avoir conçu l'idée, à Daguerre el à Blanquard-Evrard, celle d'avoir réalisé pratiquement et perfectionné le procédé du premier inventeur.

Moins de deux années s'élaient écoulées depuis que François Arago et Gay-Lussac avaient fait leurs rapports à la Chambre des députés et à la Chambre des pairs sur l'invention du daguerréotype, quand une lettre d'un savant anglais, Talbot, lue à l'Académie des sciences par Biot, fit connaître les procédés que ce savant avait trouvés pour reproduire directement sur papier sensible les images de la chambre noire. Voici, d'après cette communication, en quoi consistait le procédé de Talbot :

« On lave, avec une solution de nitrate d'argent dans l'eau pure, un des côtés d'une feuille de papier que l'on marque pour pouvoir la reconnaître, et on la fait sécher doucement. On la plonge ensuite pendant deux minutes dans une dissolution d'iodure de potassium. On forme, par le mélange d'une dissolution de nitrate d'argent avec une dissolution saturée d'acide gallique auquel on ajoute un peu d'acide acétique, du gaUœiitrate

cVargent, avec lequel on lave le papier ioduré. On plonge le papier ainsi humecté dans l'eau, on le sèche avec le papier brouillard, et on a ainsi obtenu le papier calotype. On le met au foyer de la chambre obscure, une minute a suffi pour y imprimer l'image invisible encore, mais qui apparaît dans tous ses détails lorsque, après avoir lavé une fois le papier dans le gallonitrate d'argent, on le chauffe doucement devant le feu. Pour fixer le tableau, il faut l'humecter avec une dissolution de bromure de potassium, le laver encore et le sécher. Les dessins ainsi fixés restent transparents, et l'on peut en tirer des copies en se servant d'une deuxième feuille de papier calotype qu'on presse contre le tableau, et qu'on expose ainsi à la lumière. »

Dans ce procédé, nous retrouvons les mêmes principes physiques que dans ceux de Niepce et Daguerre. Une feuille esl recouverte d'une couche sensible, impressiomiahle à la lumière; elle est soumise à cette influence au foyer de la chambre noire. Mais, encore invisible à la sortie de la chambre, l'image a besoin de l'action d'une substance spéciale, d'une opération qui la révèle; puis, pour échapper aux causes de destruction ultérieure, il reste une dernière opération, celle du fùmge.

Tous les procédés ultérieurs de photographie, et ils sont innombrables, sont basés sur les mêmes principes, nécessitent les mêmes opérations fondamentales.

En quoi le procédé de Talbot, qui au début, fournissait des épreuves défectueuses à bien des égards, marquait-il un progrès dans l'art nouveau? Le voici. Les plaques de Daguerre étaient lourdes et coûteuses, embarrassantes en voyage, d'un maniement peu commode. De plus l'image, malgré son admirable netteté, le fini de ses détails, offre un miroitement qui rend l'examen difficile : on ne la voit que dans de certaines conditions d'éclairement. Enfin l'épreuve esl unique : il faut recommencer autant de fois l'opération qu'on veut avoir de copies du même objet. A tous ces points de vue, mais surtout au dernier, celui de la reproduction des copies avec une même épreuve, le procédé de Talbot mettait sur la voie de progrès

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