PHOTOGRAPHIE SUR COLLODION
de fulmicoUm, coton-poudre ou pyroonyline, détrônerait la poudre ordinaire. La pyroxyline se prépare d'une façon très simple en trempant, pendant une demi-minute, du coton cardé dans Tacide azotique monohydraté, en lavant à grande eau et en séchant à Tair. Elle se dissout dans un mélange d'alcool et d'élher.
C'est à cette dissolution, qui est employée en chii^urgie et en médecine, qu'on donne le nom de collodion. En 1851, un photographe anglais, M. Archer, réussit à substituer le collodion à l'albumine dans la préparation des plaques de verre qui servent à obtenir les épreuves négatives*. Le rôle que jouent l'albumine et le collodion est le même, mais les épreuves faites par le dernier procédé exigent un temps de pose encore moins long, et l'on obtient des eflets pour ainsi dire instantanés. De là la possibilité de reproduire des vues qui renferment des êtres animés, des personnages, de saisir l'expression rapide de la physionomie dans les portraits, de représenter des corps en mouvement : les nuages entraînés par le vent, les vagues d'une mer agitée, les animaux, etc., etc.
Les procédés de photographie au collodion ont été variés de cent manières ; en indiquant ce qu'il y a d'essentiel dans l'un d'eux, nous ferons comprendre tous les autres. Mais il faut dire qu'ici, comme dans le daguerréotype, comme dans la photographie sur papier, sur verre albuminé, nous laissons de côté le détail des manipulations, détail qui a son importance, car il est le plus souvent une condition indispensable de la réussite. Gomme notre intention n'est pas d'écrire ici un manuel, même abrégé, de photographie, mais de faire comprendre les principes physiques de cet art aujourd'hui si répandu, le lecteur appréciera les motifs de notre réserve.
Voici une formule de collodion normal, c'est-à-dire tel qu'on
1. Un photographe français, M. Lcgray, avait eu dos 1850 Tidcc de se servir du collodion & la place de l'albumine ; mais il ne réussit point dans ses essais, qui sont mentionnés dans son Traité pratique de photographie, publié en juin 1850 à Paris, et un mois après à Londres.
le prépare avant le mélange des substances qui doivent contribuer à la production de la couche sensible :
Éther sulfurique rectifia 600
Pyroxyle 12
Alcool à 40 degrés 300
La liqueur iodurée est une solution alcoolique d'iodures de potassium , de cadmium , d'ammonium et de bromures des mêmes métaux. On y ajoute un fragment, une paillette d'iode. Le liquide formé du mélange de ces deux solutions s'étend, comme on fait pour l'albumine, sur la glace bien nettoyée. Un peu avant que la couche ne soit sèche, on plonge la glace très rapidement dans un bain de nitrate d'argent. La formation d'iodure, de bromure d'argent qui en résulte produit une couche d'apparence blanchâtre et opaque : c'est la couche photogénique. Cette opération se fait toujours dans l'obscurité.
La glace est alors placée dans le châssis de la chambre noire, et l'on peut opérer, c'est-à-dire exposer à l'action de la lumière. En quelques secondes * l'impression est produite, et il n'y a plus qu'à soumettre l'épreuve aux opérations du développement et de la fixation de l'image, ce qui se fait au moyen d'une dissolution aqueuse de sulfate de fer additionnée de quelques gouttes d'acide pyrogallique, puis du lavage à l'hyposulfile de soude : cette dernière opération débarrasse le négatif de l'excès d'iodure d'argent qui, sans cela, noircirait à la lumière et altérerait l'image.
En albuminant préalablement la plaque, avant de la recouvrir de la couche au collodion, on peut opérer plusieurs jours après la préparation. C'est le procédé Taupenot au collodion sec.
L'épreuve négative obtenue, on procède comme nous l'avons dit pour la production d'épreuves positives.
1 . Le temps de poie, autrement dit le nombre de secondes pendant lesquelles la glace doit rester ciposcc à Faction de la lumière, est citrémement variable. U dépend de nombreuses conditions dont Topérateur est juge, de la vivacité de la lumière qui frappe les ohjel5 à reproduire, de la qualité du collodion, des couleurs des objets, etc.