PHOTOLITHOGRAPHIE ; PROCÉDÉ DE H. POITEVIN
Parmi les méthodes nombreuses inventées depuis pour le tirage mécanique des épreuves photographiques à Tencre grasse, il faut citer en première ligne celle que M. Poitevin a tirée de la propriété de la gélatine bichromatée dont nous venons de parler plus haut. Voici les termes mêmes dans lesquels M. Poitevin décrit cette méthode :
c< Pour reproduire à l'encre grasse sur papier, pierre lithographique, surface métallique ou bois la contre-épreuve d'un dessin photographique, on applique sur la surface qui doit recevoir le dessin une ou plusieurs couches d'un mélange à volumes égaux d'une solution concentrée d'albumine, fibrine, gomme arabique ou succédanés et d'une solution concentrée d'un chromate ou bichromate à base alcaline terreuse ou métallique, ne précipitant pas la matière organique de sa dissolution. Ordinairement on emploie le bichromate de potasse ; après dessiccation ou avant, si l'impression doit être faite à la chambre noire, on expose à la lumière, et, après l'insolation, on applique au tampon ou à la presse une couche uniforme d'encre grasse ou de couleur, on détache l'encre par lavage : l'encre ne reste que sur les parties impressionnées par la lumière. »
Pour obtenir des reliefs ou des creux par l'action seule de la lumière, sans employer les procédés de morsure aux acides ni le travail du burin, en un mot, pour produire des planches gravées par la lumière seule, soit typographiquement, soit en taille-douce, voici comment agissait le même inventeur. Il coulait sur une surface quelconque une couche uniforme d'une dissolution de gélatine imprégnée de bichromate de potasse. Après dessiccation, il recouvrait la plaque d'un cliché positif ou négatif obtenu par la photographie et soumettait le tout à l'action directe ou diffuse de la lumière. La même plaque pouvait être exposée au foyer de la chambre noire, dans le cas oii l'on vou-
lait Opérer d'après nature. « Après l'impression, on plonge dans l'eau la couche de gélatine; alors toutes celles de ses par-
Fig. 3i7. — Fac siniilc d'une gravure hiiliognphiqne.
lies qui n'ont pas reçu l'impression lumineuse s'en imprègnenl. la gélatine se gonfle et donne des reliefs, tandis que les parties
PHOTOGRAVURE. — PHOTOTYPIE. 625
qui ont été impressionnées, s'humeclanl peu, forment les creux. Les reliefs correspondent donc aux noirs du dessin et les creux aux blancs. » Ainsi s'obtenait une planche gravée sur gélatine, qu'on transformait ensuite en planche sur cuivre par les procédés ordinaires de la galvanoplastie.
Parmi les procédés d'impression mécanique dérivés du procédé Poitevin, nous citerons notamment le procédé Asser, fondé sur la propriété du bichromate de potasse impressionné par la lumière d'accepter facilement et de retenir l'encre d'imprimerie dont on l'enduit, et sur celle du papier non collé d'être aisément humecté par l'eau dans toutes ses parties. Sous le nom de photozincographie, deux Anglais, le colonel James et le capitaine Scott, décrivirent un moyen « de produire des fac-simile photographiques d'un sujet tel qu'un manuscrit, une carte, une gravure au trait, et de la transporter ensuite sur zinc, de manière à pouvoir multiplier les épreuves de la même manière qu'un dessin sur pierre lithographique ou sur zinc. » Ce moyen était basé, comme le procédé Poitevin, sur les propriétés d'une solution de gomme bichromalée. C'est encore la méthode de Poitevin qui a inspiré à un habile photographe de Munich, M. Albert, un procédé qui donne surtout des résultats remarquables pour la reproduction des dessins au crayon. On peut avoir ainsi, pour les écoles de dessin, des fac-simile si fidèles des dessins des maîtres , qu'on confondrait l'original et les copies. On donne le nom d' Albertyjne à cette méthode.
g 4. PHOTOGRAVURE. — PHOTOTYPIE,
On comprend aujourd'hui sous le nom générique de phot(h gravure (on dit aussi héliogravure, héliographie) tous les procédés d'impression mécanique ayant pour objet d'obtenir sur plaques métalliques, par l'action de la lumière, une gravure en creux de l'image d'un négatif photographique. Ces procédés
ir. 79
eS6 LE MONDE PHYSIQUE.
sont nombreux, mais on peut les ramener à l'une ou à l'autre des deux catégories suivantes :
La première consiste dans le moulage des l'eliefs que donne la photographie obtenue avec l'aide de la gélatine bichromalée ; la seconde, dans la morsure au moyen des acides d'une planche
Fig. 548. — Le soldai de Varathon (gravure sur bois).
métallique sur laquelle la lumière, a lixé les réserves formanl le dessin. Quand il s'agit de reproduire un dessin, une gravure, une image quelconque formée par des traits ou des tailles, des lignes ou des points, l'un et l'autre de ces procédés de photogravure réussissent également bien. Mais ou la difficulté commence, c'est quand on veut reproduire des demi-teintes dégra-
PHOTOGRAVURE. — PHOTOTYPIB.
dées ou fondues, des ombres de diverses intensités dont Teffel n'est pas obtenu par des superpositions de traits, de grains, de hachures. Sont dans ce cas les objets naturels, et aussi les tableaux peints, c'est-à-dire les objets que les épreuves aux sels d'or et d'argent reproduisent, abstraction faite des couleurs, avec une perfection si grande.
On n'est parvenu à vaincre celte difficulté qu'en ajoutant au travail de la lumière, qu'en faisant intervenir certains tours de main dont les divers inventeurs n'ont pas toujours donné le secret. Ordinairement les opérateurs couvrent les teintes fondues, obtenues par la lumière, d'un grain convenable, proportionné à l'intensité. « L'héliogravure de M. Dujardin, dit M. Davanne, est obtenue au moyen d'une réserve et par la morsure directe de la planche dans les parties non réservées; un grain artificiel, habilement ajouté, donne les facilités nécessaires à l'impression. Ce mode de faire est à la fois peu coûteux et très expéditif, ce qui présente de grands avantages pour une foule de travaux. M. Rousselon, par une
méthode qui lui est particulière, obtient immédiatement dans la gélatine un grain proportionné aux diverses teintes nécessaires pour la planche gravée ; il moule celle gélatine par la photoglyplie (dont nous allons parler), puis par la galvanoplastie et produit ainsi une quantité considérable de planches gravées représentant siirlout la reproduction des nombreux tableaux qui, chaque année, attirent plus particulièrement l'attention du public \ »
Fig. 34)1. — Réduction de la figure 3 i8 par rhéliogravure.
\ . 11 nous esl impossible de donner ici une idée même sommaire des nombreux procédés de gra\i]re hcliographique, inventés dans ces dernières années : la plupart, du reste, peuvent être considérés comme dérivant du procédé Poitevin, étant basés presque tous sur Tiraprcs-
6â8 LE MONDE PHYSIQUE.
La photogravure que nous venons de décrire sommairement ne peut s'appliquer qu'au tirage en taille-douce» non au tirage typographique, qui exige que les points ou traits à encrer soient en relief. Dès lors l'illustration dans le texte lui échappe.
Heureusement ce dernier mode d'impression photographique a été abordé, et les procédés typoptiûtographiques sont entrés dans la pratique courante : mais jusqu'à présent l'application n'en a été faite qu'à la reproduction des gravures ou dessins au trait, ou présentant les points nécessaires à l'encrage. Un grand nombre des dessins de cet ouvrage ont été reproduits par le procédé de M. Gillot, que M. Davanne décrit sommairement en ces termes : « Pour obtenir par les acides un dessin en relief sur plaque de métal, il faut procéder par morsures répétées, en protégeant convenablement les parois déjà creusées. On y parvient en faisant descendre par une chaleur douce l'encre protectrice, de manière à l'étaler sur les parois sans boucher le fond. Cette méthode est due à M. Gillot. » Et il ajoute avec nison : « Tout en faisant la part d'une période de transition et de progrès à venir, nous croyons que le nouveau procédé, au point de vue artistique, est, même actuellement, de beaucoup préférable à l'ancien, et que le public ne tardera pas à l'apprécier à sa valeur. En effet, la photographie, suivie du gillotage, nous rend l'œuvre de l'artiste lui-même : c'est un fac-similé. Le graveur sur bois, au contraire, est forcé d'interpréter, par des lignes et des tailles régulières, mais froides, l'intention du des^ sinateur ; l'œuvre originale y perd la majeure partie de son charme. »
Ceux de nos lecteurs qui ont entre les mains le bel ouvrage d'Albert Jacquemart, VHistoire du mobilier, peuvent constater la justesse de l'appréciation qui précède, en admirant les 200 eaux-fortes typographiques qui illustrent cet ouvrage. Ce
sionnabilité de la gélatine chromatée et sur rin8olu]>ilitc que cette substance acquiert sous l'influence de la lumière. Mais nous ne serons que juste en citant les noms des inTenteurs et les procédés Nègre, Baldus, Placct, Gamier et Dujardin, Tessié du Motaj, Jeanrenaud, Albert (de Munich), Gillot, Michaut.
PHOTOGLYPTIE. 631
sontaulant de fac-similé photographiques des dessins originaux de M. Jules Jacquemart, le fils de l'auteur, fac-similé reproduits par le procédé Gillot. La planche XXY permettra à ceux qui ne possèdent point l'ouvrage dont nous parlons, d'en juger par un exemple.
g 5. PHOTOGLYPTIE OU PROCÉDÉ WO(»)BURY.
Un procédé curieux d'héliogravure, dérivé de celui de M. Poitevin, a été inventé par un photographe anglais, M. Woodbury, qui le désigne sous le nom d'impression en relief ou de photoglyptie. Après avoir obtenu sur une feuille de tôle recouverte de gélatine bichromatée les reliefs et les creux provenant du gonflement inégal de la gélatine impressionnée à la lumière, la plaque est séchée à une douce chaleur. Les parties gonflées ou en relief sont les ombres de l'image. Cela fait, M. Woodbury soumet la plaque en relief recouverte d'une plaque de métal (mélange d'alliage d'imprimerie et de plomb) à l'action d'une presse hydraulique. Les reliefs de la gélatine s'impriment en creux dans le métal*.
C'est la plaque métallique, le cliché ainsi obtenu, qui sert à l'impression. Mais ce mode d'impression est lui-même abso-
1. Cette opération semble au premier aboixl singulier, et le résultat en est assez extraordinaire pour que nous la décrivions en détail. Qu*un coin en acier imprime son empreinte sur un métal plus mou, bronze, or ou argent, cela se conçoit; on comprend moins comment une substance telle que la gélatine peut produire le même effet sur du métal. G*est que la gélatine durcie est extrêmement résistante et que Talliage de plomb et d'antimoine est relativement plus mou. Sous l'action d'une force considérable et instantanée, l'empreinte se produit. C'est là un fait qui paraissait impossible avant l'invention de la photoglyptie.
Voici comment on procî^de :
Après avoir séché au chlorure de calcium la feuille de gélatine sur laquelle la lumière a permis d'obtenir une image en relief du cliché photographique, on la place sur une plaque en acier et on la recouvre, du côté du relief, d'une lame métallique (plomb et antimoine). On soumet l'ensemble à la pression d'une puissante presse hydraulique ; cette pression, répartie sur la plaque, varie avec son étendue, mais elle n'est jamais moindre de centaines de milliers de kilogrammes.
£n retirant l'ensemble de la presse, on voit sur la lame de plomb l'empreinte parfaitement exacte de l'image de la feuille de gélatine ; les reliefs sont venus en creux a?cc une ûdélité admirable.
lument original. Il coiisisle à verser une encre fluide {géladne colorée au charbon ou aulrcmenl) sur le cliché, à placer auilessus de l'encre la feuille de papier à imprimer el à soumellre le tout à la presse (fîg. 350).
Qu'arrive-t-il alors?
C'est que la feuille de papier, pressée par une plaque de verre, fait sortir par les bords du moule tout l'excès d'encre, cl les creux seuls se trouvent remplis. Aussitôt l'encre séchée el durcie, le papier enlevé de la presse emporte avec lui la couche
Fig. 3it0. — Pros!<c pour Timpression photngtvptiquo.
gélatineuse coloi-ée. Celle-ci forme alors sur le papier un dessin en relief, qui dure d'ailleurs peu de temps, parce que, en séchant sur le papier, les épaisseurs de l'encre coloi-ée se réduisent proportionnellement. Mais partout oti l'épaisseurile l'encre était plus considérable, la teinte reste plus forte, elle va en se dégradant jusqu'au blanc, en raison inverse du degré d'épaisseur, c'est-à-dire de la forme du moule, ou enfin selon la force des demi-teintes et des lumières.
La phott^lyptie ne peut s'appliquer qu'à des planches d'étendue limitée, à cause de la pression considérable qu'exige la production du cliché métallique. Malgré les difficultés crois-
HÉLIOCHROMIB.
santés qu'on rencontre sur ce point, les perfectic portés au procédé par M. Rousselon (de ]a maiso épreuves photoglyptiques ont pu être successiven dans leurs dimensions.
« Ce mode d'impression, dit M. Davanne, se ] ment à toutes les applications diverses de la ph surtout à celles qui demandent un modelé délicat; employée pour les éditions de portraits de person et pour la reproduction de tableaux. »
g 6« HÉLIOClIROmE.
Disons enfin quelques mots d'un problème dor est beaucoup moins avancée que celle de la gravt phique, mais qui néanmoins a déjà été l'objet d'ei sants. Nous voulons parler de la reproduction des c les images, sans autre inle invention que celle de la a donné à celle applicalion particulière de l'art pli el de la physique le nom d* héliochromie .
Quand on regarde sur l'écran de la chambre noii paysage qui s'y trouve reproduit en miniature, to représentés se peignent au foyer comme en un i toute la variété des nuances et des couleurs dont ils dans la nature. On comprend qu'on ait eu la peii ainsi cette image si fidèle, mais comment? Existe-t stance sensible qui, non seulement puisse être in différemment selon la couleur des rayons lumir frappent, mais garde encore cette impression exacte aux yeux telle qu'elle l'a reçue?
Tel est le problème dans toute son élendue. 11 esl résolu ; cependant ce qui a été déjà fait dans cette d'espérer que la solution n'en est pas impossible.
Dès 1848, M. Edmond Becquerel annonçait à l'Ac sciences qu'il élail parvenu à fixer sur une même <
sible le spectre solaire avec toutes ses couleurs. Il prenait une feuille de plaqué d'argent à la surface de laquelle il déposait une couche de chlorure par l'immersion dans une dissolution d'acide chlorhydrique actionnée par la pile. Quand la couleur de la couche sensible atteignait, pour la seconde fois, une leinle violet-rose, il la soumettait à la lumière d'un spectre obtenu à l'aide d'une lentille. « La couche sensible s'impressionne aloi-s en rouge dans le rouge, en jaune dans le jaune, en vert dans le vert, en bleu dans le bleu et en violet dans le violet. La teinte rougeâtre tourne au pourpre, à l'extrême rouge et même s'étend au delà de la raie A de Frauenhofer ; quant à la teinte violette, elle continue bien au delà de H en s'aiTaiblissant graduellement. En laissant continuer l'action du spectre, les teintes se foncent et l'image finit par prendre l'éclat métallique ; les couleurs ont alors disparu. »
Les couleurs ainsi obtenues se conservaient quelque temps dans l'obscurité ; mais elles disparaissaient à la lumière du jour, et M. Becquerel ne parvint point à les fixer.
Chose curieuse, la lumière blanche s'imprimait en noir sur la plaque; mais, en recuisant la plaque à une température de 80 à 100 degrés, la lumière blanche produisait une impression blanche.
En appliquant sur la plaque chlorurée une gravure coloriée, M. Edmond Becquerel obtint aussi, par une exposition suffisamment prolongée à la lumière solaire, la reproduction des couleurs de l'image ; mais il fallait interposer un écran de sulfate de quinine pour empêcher l'action des rayons ultra-violets, qui eussent donné à toute l'image une teinte grisâtre.
Parmi les tentatives faites dans la même voie que celle de M. Ed. Becquerel, il faut citer celles de M. Poitevin, qui a obtenu la plupart des couleurs du spectre, principalement les couleurs rouge , orangé et jaune sur un papier au sel d'argent recouvert d'une couche formée par une solution d'un bichromate alcalin, mélangée elle-même d'une dissolution saturée de sulfate de cuivre et d'une dissolution à 5 pour 100 de chlorure de pelas-
HELIOCHROMIE. 635
sium. Du papier ainsi préparé, soumis à rinsolation pendant 10 minutes à travers une peinture sur verre, en reproduit les couleurs.
Malheureusement ces résultats, qui offrent un grand intérêt au point de vue de la science, n'ont pu entrer dans la pratique de l'art photographique. Ces couleurs données par la lumière ne restent sur la plaque sensible qu'autant qu'elles sont conservées dans l'obscurité complète ; on ne peut les observer qu'à la hâte, et à la lumière du jour elles ne tardent point à s'évanouir. Tous les efforts tentés jusqu'ici pour les fixer ont échoué.
Ne pouvant résoudre le problème dans son intégrité, quelques chercheurs ont essayé une autre voie. S'inspirant sans doute des procédés de la chromolithographie, ils ont songé à obtenir séparément les couleurs dont la combinaison est susceptible de reproduire les couleurs des objets. Avec trois épreuves, dont l'une donnerait le rouge, la seconde le jaune, la troisième le bleu, on pourrait, par superposition ou réunion, obtenir les couleurs composées. Deux photographes, MM. Gros et Ducos du Hauron, indiquèrent séparément celte solution. Voici, d'après V Annuaire photographique de M. Davanne, quel est le procédé de M. Ducos du Hauron.
On lire d'abord trois épreuves négatives dont l'une servira à faire le positif rouge, la seconde le positif jaune, la troisième le positif bleu. « Pour faire le négatif bleu, il faut éteindre toutes les teintes bleues simples ou composées du sujet à reproduire, afin qu'elles n'aient aucune action sur la couche sensible : pour cela, on doit prendre l'épreuve à travers un verre rouge-orangé. Après une pose, qui sans doute doit être fort longue, on obtient une image dans laquelle le bleu et les composés n'ont eu qu'une très faible action sur la couche sensible, tandis que le jaune est suffisamment accusé. Ijo cliché représentant le négatif du ronge s'obtient en éteignant les rayons rouges au moyen d'un verre vert. Pour le jaune, on prend l'épreuve en interposant un verre violet.
« Ces trois clichés servent à faire chacun une épreuve posi-
tive que Ton peut obtenir avec des mélanges de gélatine et de bichromate de potasse additionnés de la matière colorante nécessaire, soit un mélange* rouge, un jaune, un bleu. Les surfaces gélatinées étant prêtes sur subjectiles transparents, on les impressionne sous les clichés correspondants. Celui obtenu avec le verre bleu violacé est posé sur la couche jaune, et par le lavage on obtient une épreuve monochrome jaune ; le cliché obtenu avec le verre vert est employé sur la gélatine rouge, celui qui résulte de l'interposition du verre rouge-orangé est mis sur la gélatine bleue. Après exposition, développement, dessiccation des images, celles-ci sont superposées et donnent TépreuYe polychrome avec toute la série des dégradations de teintes. »
Les épreuves obtenues par M. Ducos du Hauron montrent que les choses se passent ainsi que l'indiquent les idées théoriques qui l'ont amené à formuler son procédé. C'est donc un résultat intéressant, mais il s'en faut encore que le véritable problème de la fixation des couleurs naturelles soit résolu.
Le procédé de M. Gros ne diffère pas en principe de celui que nous venons de décrire ; il consiste à prendre trois clichés du tableau coloré à reproduire, le premier à travers un écran twf, le second à travers un écran violety le troisième à travers un écran orangé. Les écrans sont des cuves plates ou glaces contenant des substances colorées titrées. Dans le but de compenser l'inégal pouvoir actinique de ces lumières, l'inventeur imprègne les plaques sensibles de certaines substances colorantes organiques, telles que la chlorophylle, la carthamine, le curcuma. Enfin la couche sensible est elle-même constituée par un collodion contenant 3 pour 100 de bromure de cadmium qu'il plonge dans un bain de 100 parties d'eau et de 20 de nitrate d'arçent. Après lavage, on trempe dans une solution de bromure de potassium et la couche est alors imprégnée de la substance organique.
L'image héliochromique définitive s'obtient ensuite en tirant avec les trois négatifs ainsi obtenus les trois couleurs rouge, jaune et bleue dont la superposition doit donner les diverses teintes colorées du tableau.