‹ Le monde physique (volume 5)Chapitre 50 sur 185 · II · texte numérisé non relu

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lieu aux mêmes phénomènes de décomposition et de lecomijosition. Analysées à l'aide du prisme, elles produisent des spectres d'éclat très variable, mais dont la com])osition en rayons colorés est précisément celle du spectre solaire.

Les lumières provenant d'autres sources, des étoiles, des (lammes artificiel les, du dégagement de réleclricitc soit dans les appareils de physique, soit dans les oi'agcs, donnent toutes des spectres, dans lesquels les couleurs sont disposées dans le même ordre que les couleurs du spectre solaire. Mais, en général, le phénomène est" moins brillant ; et, comme nous le verrons bienlôl, il arrive que telles ou telles couleurs manquent, et alors elles se trouvent remplacées par des bandes obscures.

I^s expériences qui servent à montrer que les diverses couleurs du spectre donnent,

Fig. lOU. — Kecumposiliun de la lumière |)ar un disque pa|. ]eur réuuion dc

toumanl.

la lumière blanche, sont aussi concluantes quand on emploie les rayons colorés du spectre, que si l'on se sert des couleurs des corps éclairés. Cela seul suffirait pour prouver que ces dernières couleurs sont , comme celles des sources lumineuses , inégalement réfrangibles. Mais Newton a fait des expériences directes sur celle dilîérence. 11 a examiné, à l'aide d'un prisme, un morceau de papier dont les deux moitiés étaient peintes de couleurs différentes, l'une rouge, l'autre bleue; et, en disposant le prisme et le papier au devant d'une fenêtre , comme l'indique la figure HO, il a remarqué que les deux moitiés du papier paraissaient inégalement déviées, la moitié bleue se trouvant transportée un peu plus haut que la moitié rouge, de sorte que

le morceau de papier parut divisé en deux parties, dont Tune n'était plus le prolongement de l'autre. Le contraire arrivait {le

Fig, HO. — (ni'-galca réfrangibilili^s des divcriws couleurs.

bleu plus bas que le rouge), si l'angle du prisme était placé en sens inverse. Ainsi le bleu était plus réfrangible que le rouge.

Fift- 111. — Inégale» rérrangibilités des couleurti simples. Eipérienre de Newton.

En recevant derrière une lentille et sur un écran de papier blanc les images du même papier éclairé par une chandelle.

Newton reconnut pareillement qu'il fallait placer l'écran à des distances différentes pour obtenir des images nettes de la moilié rouge et de la moitié bleue. Un fil de soie très noire, qui entourait le papier plusieurs fois, permettait de juger avec plus de facilité l'endroit où l'image de chaque couleur se faisait avec netteté; car, en d'autres points, les raies noires étaient mal terminées et confuses. Pour la moilié bleue, la distance de l'image à la lentille se trouva plus petite que pour la moitié rouge, ce qui montre encore que le bleu est plus réfrangiblc que le rouge. Ces deux expériences sont les premières que Newton décrit dans son Optique.

g 3. LES RAIES DU SPECTRE SOLAIRE. — ANALYSE SPECTRALE.

Joseph Frauenhofer, né en 1787, à Straubing, petite ville de Bavière, était fils d'un simple vitrier. Il fut d'abord ouvrier tailleur de verres, mais, à force de travail et de persévérance, il parvint à mériter la réputation du plus savant et du plus habile opticien de notre siècle. Frauenhofer ne se borna point à apporter à la construction des instruments d'optique une perfection jusqu'alors inconnue; observateur consommé, il se servit des appareils qu'il fabriquait, pour faire différentes découverles, parmi lesquelles celle que nous allons décrire est à coup sûr une des plus curieuses et des plus fécondes en conséquences.

Newton, en étudiant les diverses parties du spectre solaire, n'avait rien pu distinguer qui servît de limite précise aux diverses couleurs : elles paraissaient se fondre les unes dans les autres d'une manière insensible et sans interruption apparente. Persuadé, par ses expériences, que les rayons colorés de la lumière blanche possèdent, de l'extrême rouge à l'extrême violet, tous les degrés possibles de réfrangibilité, il regardait chacun de ces rayons comme simple et homogène, et pensait que la lumière décomposée par le prisme était étalée d'une manière continue sur toute l'étendue du spectre.

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