LES RAIES DU SPECTRE SOLAIRE
C'est en clierchant à mesurer les indices de réfraction des rayons colorés, et en s'efforçant de trouver dans le spectre des points singuliers propres à lui sei-virde repère, que Frauenhofer découvrit ce fait capital, que la lumière du spectre solaire n'est pas continue, qu'elle est sillonnée d'une multitude de raies fines et sombres', formant dès lors autant d'interruptions brusques dans la bande lumineuse.
Il employa dans celte expérience, qui exige les précautions les plus délicates, un prisme de flint-glass d'une grande pureté, exempt de stries, sur lequel venait tomber le faisceau solaire après avoir passe par une fente étroite parallèle à l'arête du prisme. Le spectre ainsi obtenu, étant observé avec une lunette qui en grossissait les dimensions, lui donna, au lieu d'une bande continue où les couleurs se fondaient sans interrupticm.
Fig. 112. — Speclre «olaire. Raies de Frauenhofer.
un ruban rayé dans le sens de sa largeui: d'une multitude de raies obscures et même totalement noires, très inégalement réparties dans toute l'étendue du spectre. La distribution de ces raies ne paraissait point d'ailleurs en rapport avec les teintes des couleurs principales.
Frauenhofer varia de toutes les manières possibles son expérience ; mais, tant que la source lumineuse employée fut la lumière du Soleil, soit directe, soit réfléchie, les mêmes lignes sombres apparurent toujours, conservant entre elles les mêmes rapports d'ordre et d'intensité. Si, au lieu d'un prisme de flintglass, on se sert d'un prisme d'une autre substance solide ou
1. Wollaslon, en 1802, iTail bien reconnu l'exisleiico de deux ligues sombres âiesdans le spectre que (bnne un prisme de flint-glass : rune de ces lignes étail dans le bleu, l'autre dans le verl. Hais, ainsi que le l'emarque firewsler dans son Traité (Topliqur, ■ cctie découlerte n'picila alors l'utlention de personne, et ne fut pas continuée par son savant auteur. •
liquide, les distances seules des raies
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nenl une idée du phénomène obsei*vé à
varient, mais d'ailleurs elles occupent toujours les mêmes positions relativement aui couleurs du spectre.
L'illustre opticien de Munich étudia ayec un soin infini ce remarquable phénomène; il fixa avec une précision extrême les positions de 580 raies obscures ; et , pour servir de points de repère et de comparaison , il distingua dans ce nombre huit raies principales, qu'il désigna par les premières lettres de l'alphabet. Le spectre solaire des planches II et III donne la position de ces raies, telles qu'on les obtient avec un prisme rempli de sulfure de carbone ; la figure H 2, outre les raies principales de Frauenhofer dont nous parlons, en renferme d'autres parmi les premières raies découvertes, qui don-
l'aide d'un seul prisme.