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ANALYSE SPECTROSCOPIQDE DU SOLEIL

la lumière du sodium, qui émet des rayons jaunes d'une réfrangibilite déterminée, absorbe précisément les rayons jaunes de même réfrangibilité de la lumière Drummond, à leur passage dans la première. De là cette raie noire qui vient se placer, dans le spectre continu, à la place qu'occupait la raie brillante du sodium.

Si cette absorption est un fait général, il faut en conclure que les raies noires, observées dans le spectre solaire, indiquent le renversement d'autant de raies brillantes dues aux vapeurs métalliques de son atmosphère. Cette atmosphère joue, pour nous, le rôle du brûleur obscur de Bunsen, et la vive lumière du corps du Soleil celui de la lumière Drummond dans la même expérience.

En étudiant à ce point de vue les raies noires du spectre solaire. Bunsen et KirchhofT ont pu constater la coïncidence d'un grand nombre d'entre elles avec les raies brillantes de certains métaux. Par exemple, les 70 lignes brillantes du fer, variées de couleur, de largeur et d'intensité, coïncident, sous tous ces points de vue et d'une façon si précise avec 70 raies sombres du Soleil, qu'il est impossible de douter qu'il y ait dans l'atmosphère solaire du fer à l'état de vapeur métallique. Dans la figure 113 (p. 166), on voit un certain nombre de ces raies marquées Fe. Les mêmes savants ont reconnu la présence de dix-neuf autres corps simples, l'hydrogène, le cuivre, le zinc, le chrome, le nickel, le magnésium, le baryum, le calcium, le sodium, le potassium, l'aluminium, le manganèse, le cobalt, le strontium, le cadmium, le titane, le cérium, l'uranium et le plomb.

De l'absence des raies caractéristiques des autres métaux, tels que l'or, l'argent, le platine, etc., dans le spectre solaire, on avait cru d'abord pouvoir conclure que ces corps ne se trouvent pas dans le Soleil, au moins dans les couches extérieures qui forment son atmosphère ; on a fait la même remarque pour les métalloïdes autres que l'hydrogène, tels que l'azote, l'oxygène, le carbone, le soufre, etc. Mais cette conclusion était trop

absolue, ainsi qu'il résulte de nouvelles recherches dues à M. Mitscherlich. Suivant ce physicien, il arrive que la présence de certaines substances dans une flamme a pour effet d'empêcher de se produire les spectres d'autres substances, d'éteindre leurs raies principales : ainsi, quand on imprègne de chlorure de cuivre et d'ammonium la flamme du chlorure de strontium, la raie bleue de ce dernier métal disparaît.

N'est-ce pas chose merveilleuse que cette propriété de la lumière d'accuser avec une sensibilité si grande la composition chimique des corps *d'oii elle émane, de conserver, après un trajet de 37 millions de lieues, les traces de l'absorption de tel ou tel rayon coloré, indice certain de l'action des corps simples en suspension dans une atmosphère que les astronomes ne faisaient que soupçonner, et dont l'existence se trouve ainsi confirmée?

Parmi les nombreuses raies qu'on observe dans le spectre de la lumière du Soleil, il en est toutefois un certain nombre qui ne sont pas dues à l'absorption de l'atmosphère solaire. M. Janssen a prouvé que l'atmosphère terrestre contribue, pour une part, dans le phénomène, et il a appelé raies telluriques celles qui sont dues à cette dernière cause. Dès 1833, Brewsler découvrait dans le spectre du Soleil des bandes obscures qui modifiaient l'aspect de certaines régions de ce spectre : ces bandes, visibles au lever et au coucher de l'aslrc, c'est-à-dire quand l'épaisseur des couches atmosphériques interposées est la plus grande possible, disparaissaient à mesure que l'astre s'élevait à de plus grandes hauteurs au-dessus de l'horizon. De nombreuses expériences faites par M. Janssen ont confirmé celles de Brewster; notre savant compatriote a constaté la présence des raies telluriques dans les spectres d'autres astres, par exemple dans celui de Sirius, et il a prouvé que l'absorption élective de notre atmosphère est due surtout à la vapeur d'eau que l'air renferme, de sorte que l'ensemble de ces raies constitue le spectre de la vapeur d'eau elle-même.

On peut voir, dans la figure 125, quelques-unes des raies en

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