ANALYSE SPECTROSCOPIQUE DU SOLEIL
queslioD situées dans le voisinage de la raie D du spectre. La portion supérieure représente cette r^ion obsei*vée quand le Soleil est au méridien. Celle d'en bas est la même r^ion vue quand le Soleil est près de l'horizon, à son lever ou à son cou-
Fig. 135. — Raies lelluriques d« la région D du speclre solaire, d'après i. ianssen.
cher ; une multitude de raies fines sont venues s'ajouter aux premières : ce sont les raies telluriques de celle partie du spectre.
L'analyse spectrale est allée plus loin encore dans l'étude de
Fig. 136. — Les neuf raies britlanles des protubérances, d'après l'obserralion faite le 18 aoilt 1808 k Wha-Tnnne par H. G. Rayel.
la conslilution chimique du Soleil. Elle s'est attaquée à l'atmosphère solaire elle-même, et lout d'abord aux protubérantes lumineuses qu'on voit apparaître sur le contour de l'astre pendant le court instant où le disque est masqué par lu Lune daim les éclipses totales. Divers observateurs, parmi lesquels nous
citerons deux astronomes anglais, le lieutenant Herschel et le major Tennant, et deux astronomes français, MM. Rayet et Janssen, appliquèrent le spectroscope à ces curieux appendices du contour du Soleil, lors de Téclipse totale qui eut lieu le 18 août 1868. Ils virent apparaître, dans le spectre des protubérances observées, un certain nombre de lignes brillantes, parmi lesquelles deux correspondaient aux raies C et F du spectre solaire, accusant ainsi l'existence de Thydrogène. Dans cette même circonstance, M. Janssen imagina une méthode d'observation qui permettait d'explorer le contour du Soleil même en dehors des éclipses totales, et cette méthode perfectionnée a rendu possible en tout temps l'étude des protubérances, l'analyse de leur lumière, l'examen détaillé de toutes les circonstances de leur production, de leurs formes, de leurs hauteurs, des transformations qu'elles subissent. Nous renverrons, pour la description détaillée des phénomènes, aux chapitres de notre ouvrage LE Ciel qui traitent de la constitution du Soleil. Nous ne ferons ici que résumer très rapidement les principaux résultats de cette application inespérée de l'analyse spectrale.
On a reconnu que les protubérances ne sont autre chose que des expansions accidentelles d'une couche de matière qui recouvre le Soleil entier, et qui est principalement constituée par du gaz hydrogène à l'état d'incandescence. C'est à celte couche qu'on donne le nom de chromosphère. La lumière qu'elle émet est incomparablement moins intense que celle de la photosphère qui limite le contour visible de l'astre, et c'est cette énorme différence d'intensité qui rendait impossible l'observation habituelle des protubérances, malgré la grande hauteur de quelquesunes d'entre elles. Dans les éclipses totales, la lumière solaire étant complètement masquée par l'interposition du disque obscur de la Lune, les protubérances devenaient visibles, cl disparaissaient au contraire dès que la lumière pholosphérique se montrait de nouveau. L'emploi du spectroscope, si ingénieusement appliqué par M. Janssen, fit disparaître la difficulté. Eu effet, le prisme étale la lumière si vive du Soleil en un long