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SPECTROSCOPIE DES PLANÈTES

coup plus régulier et permanent. Seulement, Salurne est à une telle distance de la Terre qu'il n'est plus possible de distinguer aucun détail sur son disque, et que rexistence d'une atmosphère vaporeuse autour de la planète restait à l'état d'hypothèse. Heureusement, l'analyse spectrale a permis de compléter à cet égard les éléments fournis par l'investigation télescopique. Voici ce qu'elle a donné jusqu'à présent :

D'après M. W. Huggins, le spectre de Saturne est faible, mais on y découvre quelques raies semblables à celles qui distinguent le spectre de Jupiter. Ces raies sont moins fortement indiquées dans la lumière des anses des anneaux et nous montrent ainsi que le pouvoir absorbant de l'atmosphère autour des anneaux est plus faible que celui de l'atmosphère entourant le globe de la planète. Un savant français, M. Janssen, a trouve tout récemment que plusieurs des raies atmosphériques sont produites par la vapeur d'eau. 11 est vraisemblable que cette vapeur aqueuse existe dans les atmosphères de Jupiter et de Saturne. Le P. Secchi a constaté une pareille analogie entre les spectres lumineux des deux planètes; de plus, il a observé dans celui de Saturne des raies qui ne coïncident avec aucune des raies telluriques produites par l'absorption de notre atmosphère. L'atmosphère de Saturne contient donc sans doute des gaz qui n'existent pas dans la nôtre.

De son côté, M. Vogel caractérise en ces termes le spectre de Saturne : « On a pu, dit-il, reconnaître les raies les plus marquées du spectre solaire. Quelques bandes, surtout dans le rouge et l'orangé, n'ont pas leur équivalent dans le spectre solaire ; mais elles coïncident avec des groupes de raies du spectre de notre atmosphère, à l'exception toutefois d'une bande très intense (longueur d'onde moyenne 618,2). Les rayons bleus et violets subissent une absorption uniforme dans leur passage à travers l'atmosphère de Saturne ; cette absorption est surtout très marquée dans la zone équatoriale obscure. Le spectre de Saturne présente donc la plus grande analogie avec celui de Jupiter. H n'en est pas de môme du spectre de

l'anneau de Saturne. La bande caractéristique dans le rouge ne s'y trouve pas, ou du moins elle n'y est marquée que par une faible trace. On pourrait conclure de là que l'anneau n'a pas d'atmosphère, ou du moins n'est entouré que d'une couche gazeuse de densité et d'épaisseur très faibles. »

Le spectre d'Uranus a été étudié par Secchi, Huggins el Vogel. Son faible éclat ne permet point d'y distinguer les raies de Frauenhofer, mais plusieurs bandes obscures y ont été reconnues, dont l'une paraît coïncider avec la raie F de l'hydrogène. D'après Vogel, « il est hors de doute que les bandes observées dans le spectre d'Uranus résultent de l'absorption des rayons solaires dans une atmosphère enveloppant celte planète. Il n'est pas possible, dans l'état actuel de la science,

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