‹ Le monde physique (volume 5)Chapitre 60 sur 185 · CD E F · texte numérisé non relu

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Fig. 152. — i, spectre (VUranus, d'après W. Huggins; 2, raies du spectre atmosphérique.

de déterminer quels sont les corps qui produisent celle absorption. Nous remarquerons seulement qu'une des bandes du spectre d'Uranus coïncide exactement avec une des bandes de Jupiter et de Saturne (plus haut signalée). »

Enfin, selon le même observateur, le spectre de Neptune, où l'on ne peut distinguer non plus les raies de Frauenhofer, et qui est caractérisé par la j)résence de quelques larges bandes obscures, aurait une grande analogie avec celui d'Uranus.

On voit, par les résultats de ces recherches délicates el difficiles, que si la lumière des planètes analysée au spectroscope conserve les caractères principaux qui dénotent son origine solaire, elle se trouve néanmoins avoir subi des modifications importantes. Diverses régions du spectre, ou, si l'on veut, divers rayons de la lumière primitive, ont été absorbés par leur

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double passage dans les milieux gazeux qui constituent les atmosphères planétaires. On retrouve l'influence de la vapeur d*eau dans plusieurs d'entre elles ; mais il semble dès maintenant probable que d'autres éléments déterminent des absorptions spéciales, et qu'ainsi les atmosphères ne sont pas partout composées des mêmes substances.

Sans sortir du système solaire, nous avons encore à interroger l'analyse spectrale sur la constitution de certains corps qui diffèrent assurément des planètes par leur aspect, leur forme, leur origine, au moins autant que par leurs autres caractères astronomiques. Nous voulons parler des comètes, des étoiles filantes et des bolides.

En étudiant les lumières comélaires à l'aide d'instruments d'optique que nous décrirons plus loin, on est arrivé à cette conclusion que les comètes sont des corps qui réfléchissent, il est vrai, une faible partie de la lumière (|ue le Soleil envoie à leur surface, mais qui brillent aussi d'un éclat qui leur est propre. L'opinion générale est que leurs noyaux sont incandescents. Nous allons voir l'analyse spectrale confirmer celte manière de voir.

En effet, il y a d'abord un fait commun à toutes les comètes dont la lumière a été analysée. Ce fait, c'est que leur spectre consiste principalement en un certain nombre de bandes lumineuses brillantes, séparées par d'assez larges intervalles obscurs. Le spectre continu, d'ailleurs très faible, sur lequel se projetaient ces bandes, n'existait ou du moins n'était visible que pour quelques-unes d'entre elles; les comètes dont le noyau était très faible, comme celui de la comète d'Encke, ou n'était pas encore assez lumineux (Comète 1873 IV), n'ont pas donné de spectre continu. Il semble donc acquis que les bandes brillantes sont produites par la lumière des atmosphères ou des chevelures cométaires. En conséquence, les comètes à noyau, dont la lumière a pu être analysée par le prisme, seraient ainsi constituées :

Au centre de la nébulosité un noyau donnant un spectre

continu. Cela indique-l-il nécessairement une matière liquide ou solide incandescente? On pourrait l'affirmer, si la conlimiilé de ce spectre pouvait être regardée comme entière; mais sa faiblesse est telle, qu'il est difficile de dire si la lumière dont il brille est une lumière propre due à l'incandescence de la matière qui compose le noyau, ou si elle est la lumière réfléchie du Soleil. Peut-être participe-l-elle de ces deux origines, surtout quand la comète, en s'approchant du Soleil, acquiert une température croissante; les obseN vations de polarisation par réflexion prouvent en tout cas qu'une partie au moins de cette lumière est réfléchie du Soleil.

Quant à la lumière des atmosphères et des queues, le spectre à branches brillantes dénote, dans la matière qui les forme, à la fois l'état gazeux et l' incandescence.

Comme, d'autre part, les phénomènes des aigrettes émanées du noyau prouvent que les enveloppes atmosphériques se forment aux dépens de ce dernier, i! semble bien difficile d'admettre rincandescence pour l'atmosphère cométaire et pour les queues, si le noyau lui-même dont elles se forment incessamment ne jouit pas de cet étal d'incandescence. Donc il n'est pas douteux que les noyaux comélaires, tout au moins dans le voisinage du périhélie, émettent, outre la lumière réfléchie du Soleil, de la lumière directe, émanée de leur propre substance. Au point de vue chimique, les comètes, en petit nombre il est vrai, qui ont été analysées, ont une constitution très peu complexe. C'est, ou du carbone simple, ou un composé du carbone, hydrogène carboné d'après les comparaisons fartes par

Fig. 155, — Comèle do Winnockc

(18GH tl).

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M. Hu^ins, oxyde de carbone ou acide carbonique d'après les recherches du P. Secchi. Ce deniier savant a donc eu raison

Fig. 134. — S|icclrcs dps c«mètcs de 1SC8 I cl île 1868 ]l.— l.specire solaire; 3, spectre <tu carbone; 5, speclrc du gai oléfiani; 4, spectre île la comclc de Witinecko; 5, spectre de la comèle de Brorsen; 6, spectre de l'élincelle d'induction.

de dire : « II est très remarquable que toutes les comètes observées jusqu'ici ont les bandes du carbone. »

Fig. 1S5. — Spectre de la comÈle 1873 IV (Henry) : 1" le SC aoùl. 2* le 29 a.

Entre les comètes et les étoiles filantes, il semble aujourd'hui démontré qu'il existe un lien d'origine. Ces derniers corpus-

cules sont les débris de comètes disloquées; les essaims ou apparitions périodiques ne sont autre chose que des rragraeiiU de comètes qui, en traversant le système solaire, ont subi les perturbations des masses des planètes et se sont divisées. Si ces vues nouvelles sont conformes à la réalité, les étoiles fdanles doivent avoir la même constitution physique que les comètes. Mais comme les étoiles fdantes n'apparaissent que dans les plus hautes régions de ralmosjihère, qu'elles s'éteignent el sans doute s'évaporent bien avant d'arriver jusqu'au sol, une seule méthode, l'analyse spectrale, pourrait nous renseigner sur leur état physique et chimique, du moins au moment île leur combustion. En étudiant de cette façon la lumière des étoiles filanles des 9 et iO août 1866, A. Herschel a trouvé que les traînées et quelques noyaux d'étoiles étaient formés d'une substance gazeuse en ignition, renfermant notamment de h vapeur de sodium. La présence du sodium dans l'atmosphère à cette hauteur n'étant pas probable, A. Herschel en conclut que ce corps simple appartenait bien aux étoiles filantes analysées. D'autres spectres ont indiqué pour la constitution des météores des agglomérations de parcelles solides incandescentes. En novembre 1868, le P. Seccliï a analysé !a lumière d'une étoile très vive, dont la traînée était restée visible pendant un quart d'heure ; son spectre, formé de raies et de bandes brillantes, rouges, jaunes, vertes, bleues, indiquait un gaz lumineux. M. Ronkoly a étudié au spectroscope, en juillet et en août 1872. les traînées de trois météores ; leurs spectres renfermaient toutes les raies du sodium et l'un d'eux avait en outre une ligne du magnésium. Un brillant météore du 15 octobre 1875, analysé par le même observateur, outre des raies du magnésium et du sodium, avait quatre lignes communes avec le spectre d'un carbure d'hydrogène {coaUgas). Enfin, en 1874, M. Arcimis a observé, à Cadix, 50 étoiles du groupe des Perséides; 27 avaient un spectre continu où le violet faisait généralement défaut ; presque toutes avaient la raie du sodium. En rapprochant ces résultats de ceux qu'a donnés l'analyse des spectres

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