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IDENTITÉ DES TROIS RADIATIONS

leur réfrangibilîté. Mais elles diffèrent aussi par leur mode d'action. Les radiations moyennes, celles qui constituent la partie lumineuse du spectre solaire, ont la propriété spéciale d'affecter notre rétine ; de plus, à mesure que leur réfrangîbililé croît, l'impression lumineuse varie d'intensité; elle varie aussi de couleur. Cette sensation complexe n'existe que dans le faisceau décomposé; avant de traverser le prisme, toutes ces lumières et ces couleurs réunies produisent sur nous l'impression de la lumière blanche, dont la définition serait alors celleci : la réunion des rayons de tous les degrés de réfrangibilité.

Outre la sensation de la lumière, les radiations solaires se manifestent par leur activité calorifique, par la propriété qu'elles ont d'échauffer les corps, d'élever leur température. Mais les degrés de cette propriété ne suivent pas ceux de l'intensité lumineuse : ils vont en croissant à mesure que décroît la réfrangibilité. De plus, cette activité calorifique, loin d'être bornée aux radiations lumineuses, se prolonge au delà de part et d'autre de leurs limites, et c'est en dehors du spectre, au delà du rouge, qu'elle atteint son maximum. En un mot, quand les radiations ont, par le fait d'une décroissance suffisante de réfrangibilité, cessé d'impressionner notre rétine, elles exercent encore leur action sur les corps, et cette action est alors exclusivement calorifique.

Il y a une troisième propriété qui caractérise les radiations solaires : c'est celle que l'on nomme chimique, parce qu'elle consiste dans des combinaisons ou décompositions de certaines substances, dites pour cela imj)7'essionnables . Seulement, l'intensité de cette activité spéciale, variable avec la réfrangibilité, l'est également quand on soumet aux rayons solaires telle ou telle substance particulière. On reconnaît en général que les radiations lumineuses sont aussi des radiations chimiques, suivant à peu de chose près la môme loi de variation d'intensité. Mais il existe, du côté le plus réfrangible du spectre, des radiations obscures à peu près exclusivement chimiques.

Cette composition complexe de la radiation solaire, cette

triple propriété calorifique, lumineuse et chimique des rayons inégalement réfrangibles, provient-elle de ce qu'il y a en réalité des rayons de trois natures distinctes dont les uns produiraient la lumière, les autres la chaleur, les autres enfin l'activité cliimique? Ou bien, sont-ce, en réalité, les mêmes radiations élémentaires qui déterminent ces trois effets?

C'est cette dernière hypothèse qui est admise par les physiciens. Nous aurons bientôt l'occasion de voir sur quelles raisons nouvelles ils s'appuient pour admettre cette identité des trois radiations ; mais déjà nous pouvons faire remarquer qu'il est impossible de les distinguer les unes des autres par leur réfrangibilité, puisque toutes suivent la loi de Descartes, et que là où l'analyse spectrale signale une lacune ou une raie sombre dans le spectre lumineux, elle existe au même point pour le spectre calorifique et pour le spectre chimique.

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